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Critique du roman : Mysterium [1999], par Manu B.

Avis critique rédigé par Manu B. le vendredi 25 avril 2008 à 13h28

Mysterium

"L'intérieur des terres. Une plaine sèche. Sous un ciel couleur d'agate, des Américains décapaient les vestiges de construction en argile..."
A Two Rivers, rien que de très banal. Chacun vit sa vie du mieux qu'il peut. Chacun vaque à ses occupations. Même pour Howard Pool, le neveu d'un grand physicien amené à suivre les pas de son illustre oncle Alan Stern, récompensé par un Nobel. A Two Rivers, il y a aussi ce centre de recherches où on étudie dieu sait quoi. Alors se produisit l'accident. Une explosion soudaine, un éclair aveuglant. Les pompiers, sur les lieux, découvre le bâtiment du centre dans une zone de turbulence indescriptible au milieu de laquelle dansent des anges ou des monstres. Selon le point de vue. Autour du comté de Two Rivers, les routes ne mènent nulle part. Une forêt ancienne coupe toutes les voies d'accès de la ville...
Robert Charles Wilson a pour la première fois été nominé pour son premier roman la cabane de l'aiguilleur, en 1986. Mais c'est en 1995 qu'il gagne son premier prix, le Philip K. Dick avec Mysterium. Ces deux romans sont rassemblés avec six nouvelles inédites (le mariage de la dryade, le grand adieu, les affinités, le théâtre cartésien, YFL 500 et Julian: un conte de Noël) dans le recueil publié aux éditions Denoël, collection Lunes d'encre.
Mysterium est un roman typiquement Wilsonien: une situation on ne peut plus banale, le monde tel que nous le connaissons aujourd'hui dérape soudain pour placer des personnages quelconques, ou presque, dans l'extraordinaire. Comprenez par là que les romans de science fiction de l'auteur canadien sont construits comme des romans de fantastique, en remplaçant la composante anormale ou inexplicable par un élément scientifique plausible. Plausible car dans la plupart des cas, l'écrivain ne nous explique pas comment c'est arrivé, mais pourquoi. Et ce pourquoi a parfois une origine humaine, une volonté spirituelle que l'on découvre dans le dénouement. Ce qui est aussi inexplicable, c'est que si la recette a été éprouvée, si la construction est rigoureusement la même dans chacun de ses romans, Robert Charles Wilson réussit par le jeu de l'histoire, par son talent à nous proposer des personnages crédibles, voire réalistes, à nous envouter chaque fois.
Mysterium ne déroge pas à la règle quasi mathématique: c'est aussi un roman de personnages. Et ils prennent vie au long du roman. L'auteur brosse encore de très beaux personnages, tel Howard Pool, obnubilé par son génie d'oncle, par Dex, pétri de remords et vivant encore mal son veuvage, par ce jeune garçon aux idées plein la tête qu'il a dans la lune. Et tout ce petit monde doit faire avec la nouvelle situation, ils doivent d'une manière ou d'une autre s'adapter. D'où des réactions diverses et inattendues. Certains se découvrent un courage inespéré, d'autres une capacité à collaborer... Souvent, le lecteur est amené à se mettre à la place de tel ou tel personnage et se demander ce qu'il ferait à sa place. Serais-je courageux ? Serais-je un lâche ? Mysterium n'est pas le premier exercice dont la thématique est le monde parallèle, puisque c'est dans Les fils du vent que trois enfants usaient de leur pouvoir pour passer d'un monde à l'autre. Il y revient donc mais en transposant non pas une personne, mais tout une ville de vingt cinq mille âmes. Et contrairement à Darwinia, où une partie d'un monde parallèle fait une incursion dans notre monde, c'est une partie de notre monde qui s'immisce dans un autre monde. Mais après tout, comme le fait remarquer Alan Stern, pourquoi, ce petit bout de terre ne serait il pas l'endroit où est transposée l'autre monde? Pourquoi la partie la plus petite serait-elle celle qui s'est forcément transposée et pas l'inverse ? L'Axis mundus. Mysterium est également l'un des romans de Wilson où la question du gnosticisme est la plus transparente. L'endroit où la science à son point extrême rejoint la cosmologie, la philosophie puis la religion.
Un mot pour dire que les nouvelles en fin de recueil sont plutôt réussies, notamment le théâtre cartésien nous montre à quel point Robert Charles Wilson pose les bonnes questions scientifiques. Ici, la valeur d'une vie artificielle et son appartenance au genre humain. Reste que l'approche est différente, la mise en bouche quasi inexistante vue la longueur du texte. On redécouvrirait presque un auteur.

La conclusion de à propos du Roman : Mysterium [1999]

Manu B.
80

Mysterium et les six nouvelles du recueil sont évidemment à lire pour les aficionados du Canadien. Les autres auront tout intérêt à s'y plonger pour découvrir une autre façon de faire de la SF, une SF centrée sur de beaux personnages.
Prix Philip K. Dick 1995.

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