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Critique du film : Doomsday [2008], par Nicolas L.

Avis critique rédigé par Nicolas L. le mardi 1 avril 2008 à 16h58

Bienvenue chez les Pictes

Lorsqu'un virus terriblement mortel frappe l'Ecosse, le gouvernement britannique ne prend pas de demi-mesure. Pour éviter d'être débordé par la contamination, il fait construire un gigantesque mur de métal sur l'emplacement même de l'ancien mur d'Adrien- jadis érigé par l'Empire Romain pour se protéger des incursions pictes. Puis, il laisse crever comme des rats tous les compatriotes de William Wallace et de Connor McLeod. Cependant, trente ans plus tard, la maladie apparait de nouveau dans les bas-fonds de la ville de Londres. La mission de l'équipe d’Eden Sinclair est alors très simple: entrer dans la région dévastée et découvrir le secret des survivants - car il y en a - de cet holocauste viral.
J'aime beaucoup le cinéma de Neil Marshall. Bon, c'est vrai que pour le moment sa filmographie n'est pas très étoffée mais The Descent, tout comme Dog Soldiers, sont des œuvres que j'apprécie particulièrement - à des degrés différents, bien entendu, les deux films ne pouvant être comparés qualitativement. Tout comme Michael J. Bassett, le réalisateur natif de Newcastle cultive dans son cinéma un esprit bis bien "rough" et "dark", à la manière de ces réalisateurs américains des années 80, dont Carpenter était le chef de file. Et cela tombe bien, car c'est bien du maitre de la série B qu'il est question dans Doomsday.


Un scénario dans Doomsday? Et bien, désolé, il n'y en a pas. Du moins, en ce qui concerne le domaine de l'originalité, car au niveau purement technique, le script de ce film est excessivement précis et calibré. En fait, pour ne pas quitter la salle dés les dix premières minutes, il est indispensable de considérer le dernier bébé de Neil Marshall comme un hommage au cinéma de genre des années 80, une sorte de patchwork cinéphilique mettant en place, dans une grande farandole de n'importe quoi, les éléments narratifs propres aux films post-apocalyptique qui inondaient les rayons SF des vidéoclubs. Reste à savoir si le jeu en vaut la chandelle, si ce festival de références et de clins d'œil ne doit pas être considéré que comme un caprice d'enfant gâté, un fantasme geek sans intérêt.
Le premier argument que l'on peut accorder à Neil Marshall, c'est qu'il ne cache nullement ses influences (remarquez, il aurait du mal). Mieux, il les revendique. Doomsday, c'est,ni plus, ni moins, « Escape from New York meets Mad Max 2», version survitaminée, avec quelques saupoudrages de culture nanar rital - ou philippin - donnant un parfum de "too much" qui ne devrait pas déplaire aux aficionados de Sergio Martino ou d’Enzo G. Castellare. Bref, on entre dans le domaine de la démesure et du cliché outrancier, du cabotinage et de l'anachronisme pulp. Et Neil Marshall va jusqu'au bout de sa démarche au parfum de "fan attitude", comme l'avait fait Tarentino il y a plusieurs années avec Pulp Fiction et plus récemment avec Grindhouse. Ainsi, comme ces réalisateurs italiens désargentés mais fortement opportunistes, le cinéaste, dans un pur délire potache, détourne à peine les œuvres référentielles par de minimes changements et plagie sans aucun complexe. Par exemple, Snake Plisken se voit remplacé par une version féminine et sculpturale, mix de Sarah Connor, Sélène et Lara Croft (dois-je en conséquence vous préciser comme elle est b...., euh mignonne). La musique, quand à elle, est très imprégnée de l'esprit Carpenter ou extirpée des années 80 (Frankie Goes To Hollywood) et achève de donner un aspect copier-coller à l'œuvre.

Bref, l'ensemble est puéril, totalement improbable, le manichéisme est de rigueur, les seconds couteaux condamnés d'avance et les sales gueules sont légion. Mais, pris au second degré, le tout est extrêmement divertissant et cela grâce à une réalisation haut de gamme. En effet, Neil Marshall est très à l'aise dans la mise en scène et il le prouve encore ici, en utilisant un budget de 30 millions de dollars de la meilleure des manières. A des méthodes classiques de prises de vue et de montage, empruntées à des anciens qu'il doit admirer, comme John Carpenter (beaucoup de plan américains) ou James Cameron - en somme, tous cette génération de réalisateurs qui privilégient la sobriété dans les variations de valeurs de cadre pour mettre en valeur l’exposition -, il y glisse les méthodes actuelles, plus nerveuses et aux cadrages plus serrés, mais sans en abuser, et sans oublier de replacer régulièrement le spectateur dans le sens de la marche par l'introduction d'un plan d'ensemble qui resitue les protagonistes dans l'espace. C'est ce qui s'appelle retirer de deux philosophies cinématographiques antagonistes la substantifique moelle pour obtenir, en les fusionnant, une narration extrêmement lisible et dynamique. Et les scènes d'action qui en résultent sont tout simplement géniales.
Du coté de l'interprétation, Rhona Mitra est loin d'être ridicule, malgré la position inconfortable que lui impose le script. Elle n'est certes pas exceptionnelle mais reste la plupart du temps crédible et très "pulp", et finalement c’est tout ce qu'on lui demande. Les deux autres stars, Malcom McDowell et Bob Hoskins, sont eux victimes de la nature même de ce film qui met plus en avant les situations rocambolesques que le jeu d'acteur. Ils sont ainsi peu exploités, de la même manière que Nora Jane Noone, Alexander Siddig ou Sean Pertwee. Quand à Craig Conway, il est totalement délirant en punk des seventies cannibale et bête de scène.

La conclusion de à propos du Film : Doomsday [2008]

Nicolas L.
65

Que dire de Doomsday? Je me suis assez bien diverti lors de sa vision et, en bon fan, j'ai apprécié l'aspect référentiel de ce film ainsi que l'énergie qui s'en dégage. Je suis cependant un peu déçu. En effet, au regard de cette réalisation exemplaire, je regrette finalement que Neil Marshall ne l'ait pas mise au service d'un scénario plus original et inventif, plutot que bruler quelques cartouches dans une oeuvre qui finalement, ne va amuser que les geeks et les spectateurs les plus jeunes. Un futur carton en DVD? Possible...

Que faut-il en retenir ?

  • Réalisation exemplaire
  • Très spectaculaire
  • Une oeuvre de divertissement
  • Les geeks vont adorer

Que faut-il oublier ?

  • Un scénario qui n'en est pas vraiment un
  • Très con, à prendre résolumment au second degré
  • Linéaire et prévisible

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