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Critique du film : Severance [2006], par Nicolas L.

Avis critique rédigé par Nicolas L. le jeudi 6 mars 2008 à 14h43

Boucherie en terre de Goulash

Les cadres d'une entreprise spécialisée dans la conception et la vente de matériel d'armement se rendent en séminaire dans une région forestière de Hongrie. Là, ils vont tomber sur une bande de malades dont les mystérieux membres n'ont qu'une envie: les exterminer!


Le thème de Severance est ultra-basique: un scénario de Survival classique qui met en scène les malheurs d'un groupe de citadins un peu patauds quand ces derniers se retrouvent opposés à une adversité autochtone assez radicale. De part la nature boisée des décors, et le couvert assez bas de la canopée (un atout oppressant guère mis en valeur, d'ailleurs), on évolue donc dans la mouvance du Délivrance de John Boorman, les dégénérés de l'arrière pays américain étant remplacés ici par des commandos paramilitaires sadiques. Au premier abord, l'on pourrait être à même de grimacer de méfiance. Ainsi, après les bouchers Slovaques de Hostel, les pays de l'Est seraient à nouveau montrés du doigts pour leur pseudos penchants barbares et leurs goûts pour le meurtre gratuit? Oui, en quelques sortes, mais seulement, ici, la grande différence avec le produit malsain de Eli Roth est que tout cela n'est guère sérieux.
Car Severance est une comédie, et une comédie réussie, qui plus est. De par la structure ironique du scénario, tout d'abord, puisque les victimes sont massacrées par une bande de dingues qu'ils ont eux-mêmes armés. Un pied de nez à la déresponsabilisation éhontée des nations occidentales envers les graves évènements internationaux qui est assez judicieux et amusant, d'autant plus que la plupart des employés de cette entreprise d'armement n'attirent guère la sympathie sur leur personne. En effet, le cinéaste Christopher Smith nous présente ce groupe de "yuppies" comme un agglomérat de personnalités brassant allègrement la suffisance, la lâcheté et le crétinisme. Seuls deux d'entre eux se révèlent finalement dignes d'intérêt, de par la nature même de leur profil psychologique, qui apparaît comme étant le plus commun, le plus proche de l'audience ciblée.

Le scénario ne casse pas trois pattes à un canard. Au niveau inventivité, l'on est très loin des comédies déjantées à l'humour permanent comme Shaun of The Dead ou Black Sheep. Non, Severance, c'est plutôt un survival tout ce qu'il y a de plus grossier, mais parsemés de gags narratifs ou visuels qui surgissent parfois au moment où on les attend le moins. Cela peut être des gags dans la pure tradition gore (comme la séquence de la jambe qui n'entre pas dans le frigo), des blagues potaches inspirées de la comédie américaine (les bimbos qui finissent quasiment à poil dans le trou) ou des effets cartoonnesques (le missile qui descend l'avion de ligne). En fait, cela ne vole jamais bien haut, c'est même souvent assez gras, mais l'on se surprend à rire assez souvent. Le plus intéressant est que, à aucun moment, la présence de ces gags ne plombent le rythme narratif du métrage, qui se révèle être finalement assez nerveux. En effet, même si la peur ne fait jamais son apparition (le film n'est ni assez sérieux, ni assez surprenant pour cela), on ne peut nier que le climax est bien tendu. Ainsi, malgré le fait qu'il ait choisi d'inscrire son oeuvre au registre de l'humour, le réalisateur prend tout de même le genre au sérieux et démontre une grande maîtrise technique dans les prises de vue et le processus de montage. Mais ce n'est pas tout...
Conscient des faiblesses - essentiellement conceptuelles - et des atouts de son film, le plaisantin Christopher Smith décide de l'enrichir en s'amusant avec la caméra mais aussi avec les penchants à l'anticipation du spectateur conditionné au cinéma de genre. Il prend ainsi un malin plaisir à mettre hors de combat les personnages dans un ordre qui va à l'inverse de la logique scénaristique hollywoodienne; les individus les plus en vue sont les premiers à disparaître, l'idiot du groupe passe violemment du statut d'amuseur public à celui de martyr, et les pétasses aux gros nibards, au lieu de finir à la casserole, se transforment en anges exterminateurs. Des surprises très agréables à visionner qui parviennent sans problème à mettre en retrait l'aspect primaire de la trame principale et qui rendent au final le produit éminemment sympathique.

La conclusion de à propos du Film : Severance [2006]

Nicolas L.
70

Severance n'est certainement ni la comédie ni le survival du siècle, c'est une sympathique série B bourrée d'un humour bienvenu qui compense une trame principale usitée et prévisible. Techniquement, Christopher Smith assure parfaitement et le montage, très nerveux, permet au métrage de garder un rythme nerveux et générer un bon climax. Une bonne surprise que ce produit très divertissant qui mérite grandement tout le bien que l'on entend circuler à son sujet.

Que faut-il en retenir ?

  • Bonne réalisation
  • Une dose d'humour bienvenue
  • Un rythme bien tendu

Que faut-il oublier ?

  • Un thème usé jusqu'à la corde
  • L'environnement forestier, finalement peu utilisé
  • Récit prévisible

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