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Critique du jeu de société : Beowulf, le jeu de plateau [2007], par Nicolas L.

Avis critique rédigé par Nicolas L. le lundi 3 décembre 2007 à 13h45

Mauvais film, bon jeu ?.. A vous de juger…

Dés l’ouverture de la boite de jeu (joliment illustrée d’ailleurs, il faut le signaler), l’on ne manque pas d’être séduit par la qualité du matériel ; un grand nombre de jolies tuiles en cartons aux dessins vraiment réussis, une bonne fournée de figurines en plastique et un élégant plateau de jeu réversible. On y trouve aussi quantité de pions de Saga (qui serviront de compteur de points) prédécoupés, en carton rigide. Bref, encore de la super qualité, ce qui est une habitude du coté du duo UbIK / FFG.
Beowulf est une adaptation de Kingdoms - un jeu du célèbre Reiner Knizia - opérée par l’équipe de Fantasy Flight Games. Une partie se déroule en trois actes (trois manches) ; chaque fin d’acte apporte son lot de point de saga et le vainqueur est celui qui, à l’issue de ces trois « actes », capitalise le plus de ces points.


Chaque acte se déroule avec son propre lot de tuiles et sur un plateau quadrillé spécifique (le troisième plateau est deux fois plus grand que les deux précédents). Le principe du jeu se base sur un système de placement et de combinaisons. Le hasard n’est pas exclu car chaque joueur recevra au début de la partie une main de deux tuiles piochées aléatoirement. Il y a deux types de tuiles, d’une valeur en point comprise entre 1 et 6 ; des tuiles positives (les Aubaines) et des tuiles négatives (les Périls). De plus, certaines tuiles sont dotées de capacités spéciales qui ont une influence directe sur le calcul des points de saga ou sur le placement des autres tuiles.
Le nombre maximum de joueurs est de quatre, chacun jouant à son tour. Lorsque vient son tour, un joueur peut soit : - Piocher et placer une tuile sur le plateau. - Placer l’un de ses figurines sur le plateau Dans ce jeu, les figurines jouent le rôle de facteur multiplicateur. Les plus faibles sont les drakkars d’une valeur de x1 mais qui peuvent être réutilisées à chaque acte, la plus forte est bien entendu Beowulf, avec sa valeur de x4, mais qui ne peut servir qu’une seule fois au cours de la partie.
Une fois remplies toutes les cases du plateau, on effectue le décompte de points de saga que chaque joueur obtient pour l’acte déroulé. La procédure peut être un peu longue, mais elle n’en est pas moins très simple : chaque figurine placée sur le plateau rapporte à son propriétaire un total de points égal à la somme des valeurs des tuiles se situant sur sa colonne et sur sa ligne, multiplié par son coefficient multiplicateur (par exemple, x1 pour le drakkar et x4 pour Beowulf). Il faut savoir que ce total peut même être négatif.

Exemple de calcul des points de saga
Ligne : + 6 +1 – 6 = 1 Colonne : +3 -2 = 1 Total : 1+1 = 2, que l’on multiplie par la valeur de la figurine, soit x1 pour le drakkar = 2 points de Saga
Attention, ceci n’est qu’un exemple pour la bonne compréhension de ma chronique, il ne faut pas oublier que le décompte des points s’effectue qu’une fois toutes les cases remplies par une tuile ou une figurine.
Enfantin, n’est-ce pas ? Le plus intéressant est que, en plus du facteur aléatoire conséquent au principe de tirage des tuiles, la planification tactique du jeu se voit contrarier par ces tuiles aux pouvoirs spéciaux (en plus de leur valeur en points). Celles-ci, placées sur le plateau par l’un de vos adversaires, peuvent mettre toute votre stratégie en vrac. Cet élément perturbateur peut, c’est vrai, refroidir un peu les purs tacticiens mais où le jeu demeure tout de même très intéressant, c’est qu’un parfait équilibre règne entre calcul et hasard, et que les coups fourrés ajoutent un aspect fun apte à séduire un très large éventail de joueurs.
Il faut cependant signaler que, comme souvent avec les créations de Knizia, Beowulf est un jeu avec un thème bêtement plaqué sur une très efficace mécanique qui peut fonctionner tout aussi bien indépendamment. Seules les illustrations nous laissent à croire que l’on cause de légende nordique et non pas de commerce de tomates et d’aubergines dans la Provence du 19ème siècle. Donc, si vous aimez les jeux dotés d’un thème très fort (comme moi), vous voilà prévenu…

La conclusion de à propos du Jeu de société : Beowulf, le jeu de plateau [2007]

Nicolas L.
78

Beowulf est un jeu à la mécanique simple et efficace. Les parties sont courtes, agréables, et son système bien équilibré, à la difficulté modérée, le destine à tous les publics. Cependant, il faut aussi signaler qu’il est un des purs représentants des jeux allemands, dans lesquels la mécanique a plus d’importance que le thème, qui est artificiellement plaqué sur un système autonome.

Que faut-il en retenir ?

  • Matériel de qualité
  • Règles simples
  • Mixage équilibré entre hasard et tactique
  • Pour tout public

Que faut-il oublier ?

  • Un thème à fonction purement cosmétique

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