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Critique du roman : Mona Lisa s'éclate #3 [1990], par Manu B.

Avis critique rédigé par Manu B. le mercredi 18 octobre 2006 à 06h56

Mona Lisa s'éclate

«Le fantôme était le cadeau d'adieu de son père. Un secrétaire vêtu de noir le lui avait apporté dans un salon d'attente de l'aéroport de Narita. Les deux premières heures de vol vers Londres, elle l'avait oublié au fond de son sac, forme oblongue, lisse et noire; sur une de ses faces, plate, on avait gravé le sigle de la Maas-Neotek; l'autre était légèrement incurvée pour mieux s'insérer au creux de la paume de son utilisateur...»
Kumiko Yanaka, fille du célèbre Yakusa japonais est envoyée à Londres chez l'énigmatique Swain, qui travaille pour son père qui a, aux dernières nouvelles, des "affaires" à régler au Japon. Elle part avec en poche un curieux boîtier contenant une IA qu'elle seule peut voir. Dans le chemin de la Solitude, La Ruse, qui habite chez Gentry, dans une zone urbaine miteuse et désertée, reçoit de Kid Afrika, à qui il devait un service, un homme en piteux état, apparemment interfacé avec un boîtier gris, sur une civière dont il doit assurer la sécurité pendant quelques temps. Qui est il ? Comment en est il arrivé là ? Angela Mitchell, la fille du Dr Mitchell, le concepteur des biopuces de Maas Biolabs, est maintenant devenue l'érégie des films de stim, revient de désintoxication. La matrice, une ombre plane. Mona Lisa, prostituée, camée, dont l'admiration pour Angela est à la limite de l'adoration, part de Floride avec son ami Eddie pour un drôle de voyage. Quatre personnes sans aucun rapport, dans des endroits éloignés, mais dont le destin va les faire se rencontrer plus vite qu'ils ne le pensaient...
Suite de Comte zéro et de Neuromancien, Mona Lisa clôt la trilogie avec brio. Non seulement William Gibson réussit à rester toujours dans le même esprit sans dénaturer l'univers qu'il avait commencé à édifier quatre ans plus tôt, mais il subjugue aussi quant son aptitude à intéresser toujours autant son lectorat, désormais fan de son univers cyberpunk. Le mythe Gibson est né.
Ainsi, à l'instar de ses deux précédents volets, Mona Lisa est tout aussi peu accessible à lire pour ceux et celles qui avaient éprouvé des difficultés à finir Neuromancien et comte zéro. Il faut accrocher à cet univers marginal, il est vrai, et ne comptez pas à un bouleversement des règles établies précédemment. J'aurais même tendance à dire que cette trilogie n'est pas, au final, grand public. Et c'est tant mieux ! En fait elle touche un public plutôt geek sur les bords, des accrocs du Japon, hacking et univers virtuels teintés de mythes. Sous la forme que l'on connaît, c'est à dire cette écriture très métaphorique, liée sans ambiguïté au milieu informatique, le Japon est à l'honneur, par l'emploi de japanismes ou de concept disons orientaux. On notera à ce sujet une grande culture de l'auteur américain dans ce domaine. Une culture qui se confond avec une certaine passion tant les références sont nombreuses. Ceci étant dit, le plus gros de l'histoire se déroule à Londres et de l'autre côté de l'atlantique, dans la maintenant célèbre Conurb, et l'on ne peut s'empêcher de ressentir une certaine "manganisation" de ce monde, grâce à l'influence japonaise -une impression que l'on peut rencontrer dans les romans de Neal Stephenson, par exemple (L'âge de diamant, le samouraï virtuel)-. La référence aux légendes, mythes (religions ?) du virtuel ajoute une fois de plus une saveur supplémentaire au roman, avec notamment un certain Legba.
"Rien de semblable aux loa, comme Legba ou les autres, même si, elle le savait, Legba était le Maître des Carrefours, la synthèse, le point cardinal de la magie, de la communication..."
Et l'on retrouve, une fois de plus ce style si accrocheur, si imagé, si esthétique. Ce style donne une telle consistance au récit que l'on est presque en présence d'un livre animé. Mais bien sûr, il faut être un minimum sur la même longueur d'onde.
"L'une des assistantes était une fille équipée d'un exo de polycarbone bleu qui lui permettait de transporter ses malles Hermès comme s'il s'agissait de blocs de polystyrène expansé - l'exosquelette bourdonnant piétinait doucement les marches avec ses grosses pattes de dinosaure. Squelette bleu, cercueils de cuir."
Mona Lisa ne serait être entrepris sans avoir lu au préalable Neuromancien et comte zéro. La trilogie est l'une des plus formidables plongée dans l'univers glauque, futuriste et virtuel de l'histoire de la science fiction. L'un des chefs d'oeuvre du XXème siècle.

La conclusion de à propos du Roman : Mona Lisa s'éclate #3 [1990]

Manu B.
90

Mona Lisa s'éclate est dans la lignée de la trilogie de Neuromancien, difficile, sombre, japanisé, cybernétique, esthétique. On en prend plein les neurones et on aime ça !

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