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Critique du téléfilm : Frankenstein [2004], par Nicolas L.

Avis critique rédigé par Nicolas L. le lundi 7 août 2006 à 07h44

Erreur de jeunesse...

Recueilli, blessé mortellement dans son orgueil et dans sa chair, à bord du brise-glace de l’explorateur Robert Walton (Donald Sutherland), Victor Frankenstein, au seuil de la mort, effectue une relecture de sa vie avec comme témoin cet autre utopiste, cette sorte de capitaine Akkab près à sacrifier son équipage pour matérialiser sa chimère. Là, allongé sur cette couche misérable, il va raconter la dramatique histoire qui causera sa perte et celle de toute sa famille.
Le première partie, assez rapide, met en place les différents personnages qui auront une importance affective majeure dans l’existence de Victor Frankenstein. On y voit ainsi le futur savant durant une période heureuse de son enfance avec l’arrivée dans sa vie de son unique amour et sœur adoptive, Elizabeth, et de Henry, son plus cher ami. Puis, d’une façon toujours aussi rythmée et directe (usage d’ellipses très osées), sans relents mélodramatiques nauséabonds, on assiste à la prise de conscience de Victor sur les méfaits de la Mort, cette entité injuste qui va emporter son chien mais surtout sa jeune et douce mère, victime d’une affection alors incurable. Secoué par ces évènements inattendus, Victor va prendre conscience de la faiblesse de la science face à la souffrance, la maladie, mais surtout la mort.

Victor et Elizabeth, un bonheur éphémère

Parvenu à l’age d’adulte, Victor se rend donc à l’université, en compagnie de Henry. C’est dans ce milieu privilégié qu’il va découvrir les mystères de la nature, en grande partie grâce à son mentor, le professeur Waldman, incarné de superbe manière par le très en forme William Hurt. Même si l’on a du mal à comprendre la façon dont il peut se faire doter de tout ce matériel scientifique (avec notamment ce gigantesque laboratoire), l’idée de transformer le mégalo Victor Frankenstein, propriétaire de château, en un étudiant ambitieux, surdoué et (trop) enthousiaste, me parait judicieuse dans le sens que son inexpérience permet de justifier ses erreurs, ses égarements philosophiques, et ses imprudences. Car c’est dans le cadre de ses études universitaires que Victor donne vie à sa créature, à partir de morceaux de cadavres récupérés dans une fosse commune.
Si la reconstitution de la séquence ‘’d’éveil’’ de la créature est réalisée de manière classique (eau, orage, éclair, etc…), il en est autrement ensuite. En effet, non seulement le jeune scientifique donne la vie à sa création, mais de plus, cette dernière conserve la conscience et l’intellect de sa vie passée, à défaut de sa mémoire (solution pratique mais peu crédible, tout compte fait). En d’autres mots, non seulement la Créature comprend très bien ce qu’on lui dit, mais de plus elle est douée de la parole et elle sait même lire ! Au début du 19ème siècle, on peut même dire qu’elle est plus érudite que le commun des mortels.
Une chambre d'étudiant bien spacieuse

Le choix peut sembler saugrenu, voire déplacé, mais cette liberté scénaristique a un avantage dramatique certain : un changement psychologique dans le rapport entre Frankenstein et sa création, un individu presque humain dont les aspects de monstruosité ont quasiment été gommés (mis à part quelques cicatrices et une grande taille). Il s’établit en fait un douloureux rapport père-fils entre les deux personnages. Douloureux dans le fait que le jeune Victor n’assume aucunement les responsabilités liées à la paternité (il fuit même lors de leur première rencontre). Lentement, abandonnée et privée d’affection, la Créature va se noyer dans le violent tourbillon de la jalousie.
Après une tentative d’adoption ratée au cœur d’une famille rurale réunissant dans la même maison la petite fille de la rivière et le vieil aveugle (clin d’œil très sympathique), la Créature va entamer une procédure de harcèlement et de voyeurisme autour de la propriété des Frankenstein. Cette période transitoire du script prendra fin à l’occasion d’un accident mortel au cours duquel la Créature, mesurant mal sa force, va tuer le jeune frère de Victor. Un évènement déclencheur d’un engrenage infernal qui va se mettre en marche, broyant irrémédiablement dans son évolution tout l’environnement de ce père indigne. Et lorsque Victor refuse définitivement de contenter la créature en détruisant par le feu, sous ses yeux horrifiés, une ‘’fiancée’’ qui lui était destinée, la destruction de la famille Frankenstein est entamée.
La créature, un air de Fantôme de l'Opéra

Transformé en tueur froid et calculateur, la Créature se matérialise sous la forme d’une Malédiction. ‘’Je serais présent à ton mariage’’, déclare t’elle à un Victor s’engageant dans le terrain dangereux de la paranoia. Henry et Elizabeth disparaîtront de l’entourage de Victor, et seul le vieux Joseph Frankenstein, brisé par le chagrin, sera épargné par une Créature respectant plus que jamais la notion de paternité. C’est la partie la plus violente du film, mais paradoxalement celle qui m’a le moins convaincu. Je trouve en effet que la transformation psychologique de la Créature est trop abrupte, presque forcée, sans réelle phase de ‘’métamorphose’’, ce qui entraîne des séquences de meurtre peu cohérentes. De plus, le rythme posé et réfléchi de la narration qui jusque là permettait une meilleure exposition des enjeux et des rapports entre les personnages, ne convient plus dans cette partie qui narre une simple histoire de vengeance meurtrière. On y trouve parfois le temps un peu long.
Malgré cet inconvénient, Frankenstein est un film très réussis dans tous ses secteurs. Et c’est naturellement que j’en viens à parler des comédiens, tous excellents, avec la présence inattendue de deux acteurs français ; la presque américaine Julie Delpy dans le rôle de la mère de Victor, et Jean Rochefort dans le rôle du vieil aveugle au violon. Quand à Victor Frankenstein, il est interprété de manière juste par Alec Newman, habitué aux rôles littéraires puisqu’il fut le Paul Atreides du Dune version 2000. Du coté de la technique, même si les maquillages de la créature sont succincts, les amateurs de belles images seront ravis par une très jolie photographie gothique et romantique.

La conclusion de à propos du Téléfilm : Frankenstein [2004]

Nicolas L.
68

Débutant dans les glaces arctiques, Frankenstein version 2004 reprend le flambeau à l’endroit où Kenneth Brannagh l’avait laissé dans sa version réalisée dix ans plus tôt. Mais c’est bien là le seul point commun entre les deux œuvres tant le long téléfilm de l'expérimenté Kevin Connor se démarque par rapport au texte originel de Mary Shelley, avec une réécriture presque totale jouant sur la modernisation du mythe. Une initiative osée et originale, qui a le mérite de proposer au final une œuvre intéressante à suivre, même si l’on peut regretter parfois certaines longueurs, notamment sur la fin. Une interprétation de qualité et une réalisation efficace à défaut d’être remarquable achève de donner à ce Frankenstein revu et corrigé un parfum de réussite. Pas indispensable mais agréable…

Que faut-il en retenir ?

  • Une relecture du mythe très originale
  • Une interprétation de qualité
  • Une réalisation sans faille

Que faut-il oublier ?

  • Quelques longueurs narratives dans la dernière partie
  • Quelques questionnements non résolus

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