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Critique du film : Horribilis [2006], par Nicolas L.

Avis critique rédigé par Nicolas L. le mercredi 26 avril 2006 à 06h59

‘’Y’a de ces saloperies dans l’espace, j’te dis pas !’’

Délaissé par son épouse, Grant va se changer les idées dans les bois, en compagnie d’une maîtresse occasionnelle. Là, les deux amants vont tombés sur une étrange météorite à l’aspect charnel qui agresse le mari adultère, suffisamment imprudent pour trop s’en approcher. Les jours suivants, Grant commence à subir une mutation, qui va petit à petit le transformer en un horrible monstre, mais qui va également lui permettre de transformer toute le population de la ville en zombies, grace à sa progéniture ; de répugnantes limaces télépathes…
Sous le nom débile d’Horribilis se cache le premier film de James Gunn, un olibrius bien connu dans le monde du bis, voir du Z, puisqu’il fut ces dernières années l’un des piliers de la Troma, une compagnie spécialisée dans le film de genre fauché - on lui doit notamment le scénario de l’un des meilleurs films de la compagnie ; le déganté Tromeo et Juliette. En dehors de ce studio, pas grand-chose à signaler hormis les scénarios des deux Scoobi-doo (gloups !) mais on retiendra surtout l’écriture du script du réussi L'armée des morts. Un spécialiste donc, qui avec l’aide du maquilleur Todd Master, va tenté de séduire un éventuel public avec un véritable film de genre.
Le scénario d’Horribilis emprunte volontiers ses idées à de nombreux classiques, transformant ce métrage en une sorte de mélange plutôt réussi entre un film bis des années 50 et un film d’horreur des années 80. Grâce à Todd Master et son studio MasterSFX, l’élément le plus évident dans le film est cette approche très ‘’Yuznienne’’ du gore tragico-comique. En effet, en observant ce Grant-monstre, on pense immédiatement à Re-animator mais surtout à From Beyond et Society. Cette impression vient bien sur de ces effets spéciaux grands guignols et démesurés mais aussi de cette atmosphère cthulienne dans laquelle baigne le film. Le final, notamment, met en scène une monstruosité extra-terrestre polymorphe, tentaculaire et manipulatrice, dont la croissance est assurée par l’assimilation au cœur de sa chair d’organismes vivants, et principalement des humains.
En plus de cette ‘’aberration cosmique’’, de multiples aspects nous renvoient à d’autres œuvres horrifiques, notamment ces limaces vraiment dégueulasse qui sont utilisées par la créature comme un vecteur de contagion et qui rappelleront aux cinéphiles le célèbre Frissons de David Cronenberg, avec cette faculté de contrôler l’esprit humain, transformant leur hôte en une sorte de zombie – le péché mignon de James Gunn. La débauche sexuelle du film du génie canadien est cependant ici relativement éclipsée (à part un remake phallique de la scène de la baignoire des Griffes de la Nuit). Cela sera d’ailleurs une constatation finale, James Gunn n’aura jamais été au bout de son délire et de la provocation, comme s’il craignait le couperet d’une censure malvenue.
L’arrivée du météore fait penser à The Blob, la maladie de Grant à la saga Quatermass, le contrôle des comportements humains à l'invasion des profanateurs ou même à The Hidden, et le cachet général du script – décors, personnages et monstres – nous ramènent dans les années d’après guerre, avec ces vieux films de SF des années drive-in qui mettaient inlassablement aux prises les habitants de petites bourgades bourgeoises américaines avec des improbables créatures spatiales ou des mutations géantes. L’esprit maccarthiste en moins, bien entendu, mais le délire redneck de la Troma omniprésent (shérif benêt, maire obtus, chasseurs débiles, musique country horrible, etc.).
Bref, vous l’avez compris, l’intérêt de Horribilis ne vient pas l’originalité de son scénario mais plutôt du savoir-faire de James Gunn qui a réussi à donner à ce mélange d’influence sa propre identité. Pour ce faire, il a glissé dans la réalisation son humour bien potache et il a assuré une direction d’acteur rentre-dedans bien sentie. En bon élève de la Troma, il s’est certainement dit : tant qu’à faire dans la caricature, assumons la jusqu’à l’extrême. Il en résulte des personnages stéréotypés mais hauts en couleur, qui donnent un cachet pulp bien délirant au métrage. D’autant plus que le plupart des protagonistes sont interprétés par des acteurs plutôt convaincant – pour ce type de film, s’entend – avec notamment un très drôle Gregg Henry, qui interprète un maire odieux et arriviste.
Puis, il faut également dire que Horribilis est un régal pour le fantasticophile rigolard, tant le nombre de clins d’œil, aux films de la Troma mais a bien d’autres, est important. Un véritable quizz de 90 minutes ! Du coté des effets spéciaux, Horribilis n’est pas réellement gore, dans le sens ‘’H.G. Lewisien’’ du terme. Mais les maquillages spéciaux sont magnifiquement réalisés et bien répugnants, et lorsqu’ils ne suffisent plus, le passage à la synthèse se fait sans heurts. L’animation des limaces est particulièrement réussie, avec des attitudes qui les transforment en de véritables personnages, à la manière des Critters (elles feintent, couinent et se défendent comme des lionnes).

La conclusion de à propos du Film : Horribilis [2006]

Nicolas L.
65

Pour conclure, on peut dire que Horribilis est une série B très sympathique, une sorte de Troma friqué qui file vraiment la banane durant une heure et demi. Mais en raison d’un manque de politique provocatrice et à cause d’un scénario sans aucune originalité, le film ne dépasse pas le stade de divertissement éphémère. Une absence de manière critique ou à réflexion qui fait que le film ne reste pas longtemps dans les mémoires du spectateur, une fois la salle obscure quittée. Un futur gros hit en DVD…

Que faut-il en retenir ?

  • Bourré de références
  • Très drôle
  • Effets spéciaux remarquables
  • Interprétation de qualité

Que faut-il oublier ?

  • Scénario sans originalité
  • N’assume pas jusqu’au bout son délire
  • Peu de gore

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