Critique La Sorcière [1997]

Avis critique rédigé par Bastien L. le jeudi 16 juillet 2026 à 09h00

Sorcière de cire, possession

« Aucun des villageois n'avait jamais assisté à la pendaison d'une sorcière.
L'année précédente, on avait bien accusé deux vieilles femmes de sorcellerie, mais ni l'une ni l'autre n'avaient été exécutées. En effet, personne n'avait établi la preuve de leur culpabilité. »

Dans la seconde moitié des années 1990, un véritable phénomène débarqua chez les libraires occidentaux : les romans jeunesse d'horreur/épouvante avec quelques classiques tels Chair de Poule et d'autres plus confidentiels comme Panique au centre commercial.

Il est difficile aujourd'hui de trouver beaucoup d'informations sur Panique au centre commercial si ce n'est qu'il s'agit d'une série de six romans écrits par l'Américaine Bebe Faas Rice (1932-2020) qui fut éditée chez nous par Hachette dans sa collection Bibliothèque verte. Des romans qui on l'imagine prenne tous place dans le même centre commercial à un moment mais où les personnages sont à chaque fois différents. A l'image de La Sorcière qui est le quatrième tome et qui fut écrit en 1995 et qui parut en France deux ans plus tard.

La Sorcière met en scène les jumeaux Jane et Jeremy ainsi que leur meilleur ami Sam dans une ville américaine quelconque. Ils adorent les musées de cire et ça tombe bien, un vient d'ouvrir dans leur centre commercial. Sur place, ils découvrent la reconstitution de la pendaison d'une sorcière et de son chat deux siècles auparavant. Cette sentence avait été prononcée par le juge Matthews, ancêtre de leur horripilante et bourgeoise camarade de classe Suzanne. Alors que les garçons visitent le reste du musée, Jane est fascinée par la scène et remarque que la véritable bague de la sorcière est présente. Elle ressent l'envie irrépressible de s'en emparer et s'enfuit du musée avec. Alors qu'elle cache son vol, elle commence à faire des rêves étranges où elle subit elle-même la pendaison tandis que le lendemain sa famille recueille un chat noir ressemblant comme deux gouttes d'eau à celui de la sorcière. Enfin, elle ressent de plus en plus le besoin de faire du mal à Suzanne Matthews...

On ne va pas se mentir, La Sorcière est un roman assez quelconque même en prenant en compte le public visé. L'histoire est très classique avec l'idée d'une sorcière injustement exécutée et sa possession d'une victime afin d'exercer sa vengeance sur la descendance de ceux lui ayant fait du tort. Et une petite bande de jeunes héros qui vont devoir résoudre le problème seuls. Pour n'importe qui ayant lu des romans jeunesse ces dernières décennies, la structure est très classique avec ici le sel de l'épouvante. Alors on va dire que c'est gentiment effrayant même pour le public cible qui est celui des pré-adolescents. Rien de bien méchant à lire où il y aura plus de peur que de mal avec une auteure qui semble écrire avec le frein à main afin d'éviter de trop choquer dans les chaumières...

On pensait avoir affaire à un mélange de possession magique et de slasher afin que la sorcière puisse exercer sa vengeance mais le court roman (185 pages) déçoit. Il met beaucoup trop de temps à exercer sa possession tandis qu'il n'y a qu'une seule victime potentielle durant tout le roman : Suzanne. De plus alors qu'on prenait clairement le parti de la sorcière dans le début du roman, la fin est assez surprenante puisqu'on peut penser qu'elle méritait ce qui lui est arrivé. C'est un peu dommage d'avoir emprunté cette voie. Néanmoins, les jeunes lecteurs de l'époque ont pu apprécier les personnages sympathiques, la lutte mentale de Jane ainsi que quelques passages assez glaçants qui devaient fonctionner...

On vous le conseille si vous aimez Chair de Poule, Spooksville, les histoires s'inspirant des procès des sorcières de Salem...

La conclusion de à propos du Roman : La Sorcière [1997]

Auteur Bastien L.
65

La Sorcière est un peu comme de la junk-food : c'est très classique et ça doit contenter les papilles les plus jeunes et les moins exigeantes. Mais cela manque clairement de singularité comme de réelle ambition littéraire pour convaincre au-delà des amateurs de gentils frissons en culottes courtes.

On a aimé

  • Les jeunes héros
  • L'histoire initiale
  • Quelques gentils frissons

On a moins bien aimé

  • La fin
  • Cela met trop de temps à se mettre en place
  • Très oubliable même pour un jeune public

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