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Critique du film : Shrew's Nest, par Richard B.

Avis critique rédigé par Richard B. le lundi 16 mars 2015 à 08h49

Je t'aime, à la folie !

Shrew's Nest (Musaraña) se déroule dans l'Espagne d'après-guerre et s’intéresse à deux sœurs, endeuillées depuis de longues années par la mort de leurs parents et qui résident dans leur appartement situé au centre de Madrid. Un lieu d'habitation qu'elles n'ont jamais quitté. Il faut dire que ce dernier est plutôt spacieux et possède une certaine personnalité. Mais surtout, Montse, la plus âgée, est agoraphobe et se refuse à sortir, ne serait-ce qu'un doigt de pied. Pourtant, un jour qui aurait pu être comme un autre, elle décide de porter secours à un voisin vivant à l'étage supérieur qui venait de faire une belle chute dans les escaliers. Elle recueille l'homme qui se trouve avoir une jambe cassée. Sentant que sa sœur, qui vient d'avoir 18 ans, gagne en indépendance - alors qu'elle fut pour elle durant toutes ces années une mère protectrice -, Montse va céder à une obsession protectrice ayant pour sujet ce nouvel arrivant.

Tout d'abord, il est amusant de noter que le nom d'Álex De La Iglesia occupe fièrement un poste de producteur. Une première pour un film dont il n'est pas aux commandes. Cependant tout devient plus clair, lorsqu'on sait que sa compagne, Carolina Bang, connait les deux réalisateurs pour avoir travaillé avec eux sur le court-métrage 036 en 2011 et qu'elle a elle même proposé à De La Iglesia de se joindre au projet pour l'aider à se monter (elle a au passage un rôle court mais plutôt marquant dans le film). Nous pourrons aussi noter les noms français de Vérane Frédiani et Franck Ribière en co-producteurs, tout deux fidèles au cinéaste espagnol. En tout cas, voilà un Shrew's Nest plutôt bien entouré; une chance pour Juanfer Andrés et Esteban Roel de réaliser leur premier long-métrage (ils avaient fait deux courts avant cela). Maintenant il est peut-être temps de s’intéresser plus en détail au film lui-même.

Déjà, à la vison de Shrew's Nest, difficile de ne pas comparer le film à une multitude d'oeuvres faisant références. On pense à Répulsion de Roman Polanski ou plus encore, aux Proies de Don Siegel et à Misery de Rob Reiner. Il faut dire qu'il est aujourd'hui difficile d'aborder une histoire de façon vierge. Le cinéma a 100 ans et forcément les scénaristes se trouvent imprégnés consciemment ou inconsciemment de films indéniablement marquants. Pour le reste, tout le monde ne s’intéresse pas forcément à l'histoire du cinéma et pour ceux dont le sujet apparaît nouveau, Shrew's Nest fera office de véritable bombe, tant globalement l'affaire, écrite par Juanfer Andrés et Sofía Cuenca, d'après une idée originale de Emma Tusell, demeure rondement menée. Palpitant du début à la fin, le film s'installe aussi calmement que sûrement, créant une véritable tension. Par la suite, une fois les personnages bien installés, le spectateur va être amené à éprouver une compassion pour Montse qui demeure pourtant une sacrée schizophrène! Et plus l'intrigue avance, plus la folie grandit chez elle, cela jusqu'à permettre une plongée dans un troisième acte allant dans le burlesque, aux images parfois fortement marquantes.

Côté ambiance, on pense parfois aussi à Malveillance de Jaume Balaguero, la présence de Luis Tosar n'y étant peut-être pas pour rien. La mise en scène est minutieuse et on se dit que décidément les espagnols s'y connaissent en matière de cuisine cinématographique lorsqu'il s'agit de chiader des images et de créer un lien entre elles et les spectateurs. Mais c'est surtout et avant tout la prestation de Macarena Gómez (Sexykiller, À louer) qui arrive à nous clouer sur place. Limite encore plus timbrée que Kathy Bates et son rôle d'Annie Wilkes (mémorable prestation), Macarena Gómez sait être aussi angoissante que touchante. Car oui, au final, même si elle commet des actes plus affreux les uns que les autres, impossible de ne pas avoir de la compassion et presque de la compréhension pour son personnage. C'est limite malsain mais c'est ce qui permet aussi de contrer cette forte impression de déjà vu. Bon OK, cela ne nous fera pas, par exemple, oublier un film aussi remarquable que les Proies, mais ça contribue à notre adhésion pleine et entière à ce film.

On terminera ici en évoquant la très belle photographie du film de Ángel Amorós , tout en étant à peine surpris de l'exellente ambiance musicale de Joan Valent, collaborateur d'Álex De La Iglesia sur Les Sorcières de Zugarramurdi et Un Jour de chance.

La conclusion de à propos du Film : Shrew's Nest

Richard B.
70

Shrew's Nest est un très bon film. Certes, il se dégage une légère impression d'être devant un sujet déjà mainte fois traité, mais c'est assurément un très bon moment de cinoche. Outre un casting au top, ce métrage laisse nous fait découvrir entrevoir des réalisateurs à surveiller de très prêt, car indéniablement prometteurs.

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