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Critique du film : Chappie [2015], par Jonathan C.

Avis critique rédigé par Jonathan C. le jeudi 12 mars 2015 à 13h51

Chapeau, Chappie !

Nouveau représentant de la SF geek depuis District 9 (et ça risque de durer encore longtemps puisqu'il va réaliser Alien 5), et ce en dépit du flop de son raté Elysium, le sud-afro-canadien Neill Blomkamp sort sans crier gare ce mystérieux Chappie, qui a priori avait tout de la petite série B de science-fiction geekette à budget moyen (50 millions de dollars) mais qui s'avère être bien plus que ça, c'est-à-dire un vrai grand film de SF adulte tenant à la fois de la fable d'anticipation et du cyberpunk pur et dur, mêlant réflexion et spectacle pop-corn haut de gamme, un peu comme l'avait fait Alex Proyas avec son blockbuster I, Robot, Chappie évoquant d'ailleurs aussi les questionements d'Isaac Asimov (comme tout bon film traitant de l'intelligence artificielle).

Neill Blomkamp explore donc ses thématiques et son univers (cyber-technologie, intelligence artificielle, clivage social, fusion entre l'Homme et la machine...) en allant encore plus loin, rajoutant un élément important qui manquait à ses deux précédents films : de l'émotion ! District 9 était un monument geek jouissif : c'est le cas aussi de Chappie, qui en plus se révèle touchant, car cette fois les personnages, aussi too much soient-ils au premier abord (c'est le contexte et l'univers qui veut ça), sont bien esquissés et attachants, ils évoluent à l'image du robot Chappie, personnage le mieux écrit du film (pas étonnant de la part de Blomkamp), qui s'humanise au fil de scènes toutes simples (Chappie martyrisé, Chappie au contact d'un chien errant, Chappie qui peint...). Le robot étant assimilé à un bébé puis à un enfant, les criminels qui l'élèvent deviennent bons à son contact (même le personnage de Ninja, qui était pourtant bien parti pour être le bad guy), et son créateur se prend évidemment d'affection pour lui. Il se créée ainsi une famille déglinguée finalement très moderne : la mère paumée, le père "biologique", le beau-père irresponsable, le grand frère qui apprend à faire des bêtises (cf. le personnage d'Amerika)...Le réalisateur en profite ainsi pour souligner l'importance de l'éducation, surtout dans un milieu pauvre, mais il le fait avec une certaine ironie. Dommage cependant que le thème de la croyance religieuse face à l'intellilence articielle ne soit pas plus creusé, notamment avec le personnage campé par Hugh Jackman, et que la relecture du mythe de Frankenstein et de sa créature passe au second plan (à l'image du créateur campé par Dev Patel).

C'est beaucoup plus maitrisé et "carré" que District 9 et Elysium, même s'il reste un côté fun et "foutoir" qui fait partie de l'univers du cinéaste, y compris les maladresses. La parabole sociale futuriste est beaucoup moins lourde et plus plausible que dans ses deux précédents films, et le réalisateur retrouve l'ironie et le second degré de District 9 qui avait tant manqué à Elysium (qui se prenait beaucoup trop au sérieux). Le traitement est d'autant plus touchant qu'il est assez enfantin (comme toujours avec Blomkamp), en tout cas dénué de cynisme (mais non d'ironie ni de pertinence). Chappie est beaucoup plus sentimental que les précédents films du cinéaste, sans pour autant être lourd, naïf ou mielleux, ni aussi bien-pensant que District 9 et surtout Elysium, Blomkamp délaissant notamment son message pro-immigration habituel. Le cinéma de Neill Blomkamp est humaniste, assez spielbergien (on peut d'ailleurs penser ici au A.I. Intelligence Artificielle de Steven Spielberg), avec ce que ça comporte de manichéisme (quoiqu'ici les personnages de Ninja et de Yolandi passent progressivement d'un camps à l'autre, comme le héros de District 9). C'est simple et complexe à la fois (simple dans le traitement, complexe dans les réflexions posées), c'est dense, parfois vraiment intense, il y a de l'humour (les criminels qui apprennent à Chappie à devenir un gangsta, "Chappie est bling !"), de l'émotion (une p'tite larmichette à quelques reprises), certains moments donnent des frissons (merci aussi Hans Zimmer, qu'on ne s'attendait pas à voir ici et qui compose un score puissant et monstrueux à donner des frissons !) et niveau spectacle ça envoie du lourd façon actioner high-tech viscéral, du fantasme de geeks comme le final de District 9 mais en mieux foutu (le combat contre "l'Original" est un gros morceau de bravoure).

Neill Blomkamp manque toujours d'un vrai style, mais son univers est passionnant et vraiment sincère, on retrouve un côté docu-reportage à la District 9 (on sent que c'est vraiment tourné dans les rues de Johannesburg), et sa mise en scène ne manque pas d'idées poétiques. Il y a toujours ici un coté foisonnant, organique, comics-book et hybride assez plaisant, avec pas mal de fulgurances SF bien furieuses (et même quelques touches de gore) et de superbes plans iconographiques. Rien de très original dans cet univers post-apo très codifié, mais Neill Blomkamp assure le spectacle à une cadence nerveuse, les scènes d'action étant par ailleurs mieux foutues et plus lisibles que celles de Elysium. Les effets spéciaux sont ahurissants de réalisme (alors que c'est pas un budget de blockbuster), il y a toujours un sens du détail qui tue, les armes et machines ont de la gueule (le méchant robot de Hugh Jackman est un clin d’œil évident au Robocop de Verhoeven), la prod design est superbe et le film se situe de nouveau à Johannesburg (comme dans District 9), ce qui lui donne un aspect visuel original qui change de Los Angeles & Cie (et les décors sont franchement superbes, comme de l'exotisme broyé par du cyberpunk). Mais aussi sophistiqué et contemporain soit-il, ce Chappie évoque aussi la SF à l'ancienne des années 70 et 80, tant dans le fond que dans la forme.

Nouveau poids lourd de la science-fiction en dépit des échecs relatifs au box-office US d'Elysium et de Chappie, Neill Blomkamp peut désormais se payer un Hans Zimmer, ainsi que deux icônes de la SF, Wolverine et Ellen Ripley, soit Hugh Jackman savoureux en bad guy beauf et catho à la coupe de cheveux improbable (à noter qu'il maniait déjà un robot à distance dans Real Steel), et Sigourney Weaver plus discrète (mais déjà moins que dans Exodus). Mais surtout, il se paye Ninja et Yolandi du groupe sud-africain déjà culte Die Antwoord. En plus de se révéler convaincant dans des rôles parfaits pour eux puisqu'ils campent leur propre rôle (et ils sont aussi en couple dans la vraie vie), ils apportent un vrai plus à ce film imprégné de leur univers barré et d'ailleurs parsemé de leurs morceaux (dont Cookie Thumper et la célèbre Enter the Ninja). Chappie est une vraie vitrine promotionnelle pour le groupe (le look, les fringues, le style, la musique...on se croirait vraiment dans un clip de Die Antwoord). Les deux personnages sont certes à tarter au début (et leur look peut surprendre si on ne connait pas le groupe, mais d'un autre côté ils sont parfaitement adaptés à l'univers cyberpunk de Blomkamp) mais ils deviennent vraiment attachants et importants (jusqu'à devenir quasiment les parents de Chappie), volant même la vedette à Dev Patel (le héros de Slumdog Millionaire, un peu fade ici) et Hugh Jackman. Notons aussi le troisième larron de la bande, joué par Jose Pablo Cantillo (second couteau vu dans Elysium, Un Crime dans la tête, les Hyper Tension, Walking Dead et Sons of Anarchy). Le casting est nettement plus réussi que celui du précédent film de Blomkamp (Damon et Foster = caution gaucho US). Quand à Sharlto Copley, acteur fétiche du cinéaste (révélé en héros de District 9 mais bad guy ridicule dans Elysium), il trouve là son meilleur rôle sans apparaitre une seule fois à l'écran (comme Scarlett Johansson dans Her), avec ce personnage de gentil robot doté d'une conscience, dans la lignée de ceux de Wall-E, de Short Circuit ou de I, Robot.

La conclusion de à propos du Film : Chappie [2015]

Jonathan C.
85

Après l'échec de son blockbuster Elysium, Neill Blomkamp, nouvelle icône de la culture geek (ce pourquoi il peut se payer maintenant Wolverine et Ellen Ripley), retourne à Johannesburg pour y tourner un "petit" film de science-fiction et donner vie au gentil robot Chappie dans un univers cyberpunk rappelant celui de District 9. Bel équilibre entre réflexion (même si le cinéaste ne fait que simplifier les questionnements d'Asimov) et grand spectacle (effets spéciaux impressionnants, scènes d'action fantasmatiques...), Chappie est un film de science-fiction passionné, attachant, émouvant et donc clairement sentimental et humaniste, sans pour autant être mielleux ou bien-pensant car Blomkamp retrouve ici l'ironie de son premier film et offre des rôles importants à Ninja et Yolandi du groupe Die Antwoord, dont l'univers barré imprègne grandement le film (qui, pour le coup, fait un peu vitrine promotionnelle pour le groupe) et lui apporte même du caractère en plus. En dépit de ses maladresses (notamment un traitement assez puéril et trop elliptique), Chappie est un film qui, comme son personnage-titre, a du coeur et une âme (ce qui manquait cruellement à Elysium, et ce qui manque généralement à la plupart des blockbusters), mais tout en assurant le spectacle sur la musique puissante d'un Hans Zimmer encore une fois en grande forme.

Que faut-il en retenir ?

  • -Un univers futuriste riche et réaliste
  • -Effets spéciaux et prod design superbes
  • -Des personnages attachants
  • -La présence de Die Antwoord
  • -Le score de Hans Zimmer

Que faut-il oublier ?

  • -Un traitement trop simpliste
  • -Quelques clichés

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