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Critique du Film (Direct to Vidéo) : Bacterium
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Critique du Film (Direct to Vidéo) : Bacterium

Avis critique rédigé par Nicolas L. le vendredi 19 août 2011 à 0044

The BlobZ

Si vous ne connaissez pas Brett Piper, il est peut-être utile de vous apprendre, histoire de vous dresser un rapide profil du bonhomme, que ce réalisateur est le technicien responsable des Fx de Seduction Cinema, petite compagnie indépendante ayant réussie à se faire une belle petite réputation auprès d’un public spécialisé avec des productions qui mêlent érotisme gentillet, humour potache et ambiance fantastique. Nombre de films de ce studio établi à Hollywood parodient d’assez sympathique manière, en usant d'un casting presque totalement féminin, les grands classiques du cinéma (Dracula, Frankenstein, Le Seigneur des Anneaux, Lost in Space, King Kong) et, surfant sur l’air du temps, les adaptations de comics (avec notamment un désopilant Spiderbabe). Mais Brett Piper n’a pas qu’une seule corde à son arc. Il a d’ailleurs fait ses armes en endossant plusieurs casquettes, comme en 1990, où il fut à la fois réalisateur, scénariste et producteur  sur A Nymphoid Barbarian in Dinosaur Hell, sorte d’hommage fauché au films de Ray Harryhausen. Ensuite, chez E.I. Independent Cinema (compagnie jumelle de Seduction Cinema), il officie toujours de temps à autres derrière les caméras, comme pour Bite Me!, une histoire de cafards mutants (avec Misty Mundae, Julian Wells et Erika Smith), et They Bite, comédie horrifique avec Donna Frotscher. Mais son engagement vis-à-vis d’E.I. ne l’empeche pas de mener ses propres travaux, avec Arachnia en 2003 et, film qui nous intéresse ici, Bacterium.

Obéissant parfaitement aux préceptes du cinéma de série B, le scénario de Bacterium tourne autour d’un petit groupe de jeunes qui se retrouve confronté à un organisme extrêmement dangereux - fruit d’une expérience classée top secret - et à des agents gouvernementaux prêts à tout pour le supprimer (et, si possible, éliminer les éventuels témoins). Ici, Brett Piper abandonne le pastiche érotique cher à Seduction Cinema pour construire une œuvre hommage à sa véritable passion: le Monster B-movie. Ainsi, Bacterium puise son inspiration dans Le Blob, un film culte des années 50, qui connut une séquelle et un remake, et qui est particulièrement apprécié des cinéphiles (plus par le fait qu’il a pour vedette un jeune Steve McQueen que pour ses qualités intrinsèques). En effet, même si l’organisme ne vient pas ici des profondeurs de l’espace, il présente les mêmes caractéristiques, c’est à dire un fort appétit, un mouvement par reptation, la capacité de se multiplier par mitose et une quasi invulnérabilité aux armes conventionnelles. Comme le Blob, l’organisme de Bacterium engloutit ses victimes dans sa masse gélatineuse avant de l’assimiler en usant de ses sucs gastriques extrêmement corrosifs et il grossit au fur et à mesure qu’il se nourrit.

Pour ce qui est de l’apparence de ce microbe géant, Brett Piper a opté pour un design un peu plus dégueulasse que ceux, assez policés, choisis pour représenter le Blob, à savoir un énorme marchmallow dans la version des années 50 et un chewing-gum dans la séquelle de Chuck Russell. Ici, l’organisme de Bacterium se pose comme une sorte de gros mollard polymorphe à demi-chitineux, rempli de petits grumeaux bien craspecs. L’effet est assez ragoûtant car appuyé par la méthode de reptation, qui laisse derrière elle de grosses traînées baveuses et acides. Cette bave visqueuse lui permet aussi de se déplacer sur les murs et les plafonds, même si, dans ce dernier cas, il a tendance à se désolidariser en une pluie gluante. Bref, tout cela pour dire que l’on est assez surpris de découvrir dans une production aussi modeste (à peine 30,000 dollars) une créature aussi réussie. Alors, certes, certains plans d’effets spéciaux réalisés en CGI affichent une grande perfectibilité, tout comme les quelques plans gores, mais dans l’ensemble, c’est assez convenable.
On ne peut hélas en dire autant du reste.

Assez basique durant sa plus grande partie, le scénario ose un peu plus dans sa dernière demi-heure, quand l’armée décide d’employer une arme atomique révolutionnaire (décision archi-stupide) et quand, sorti de nulle part, débarque un gang de bikers, fusils à pompe brandis, pour tirer les héros du guêpier dans lequel ils sont tombés. A ce moment, le constat tombe. Et il fait mal. En effet, si Brett Piper arrivait, plus ou moins bien, à masquer le misérabilisme de sa réalisation au cours d’une première partie construite à la manière d’un thriller (un peu poussif, il est vrai), il en est tout autrement quand il s’agit de monter des séquences d’action. Dés lors, tout est fait n’importe comment. Le plus risible est certainement la séquence d’affrontement entre ces Hells Angels de pacotille et des militaires empotés, fruit d’une chorégraphie nullissime où les figurants sensés être atteints par des balles se jettent comme s’ils étaient percutés par un missile (et parfois suivant une trajectoire improbable). Ainsi, en plus du fait que l’on se demande vraiment ce qui vient faire cette bande de motards dans le film, son intervention amène des plans d’un ridicule absolu qui peuvent, suivant l’humeur du moment, vous faire éclater de rire ou vous donner fichtrement envie d’appuyer sur le bouton Eject de votre lecteur DVD.

Du coté du casting, les amateurs des films Seduction Cinema seront déçus d’apprendre que seule A.J. Khan figure dans la distribution. Et encore, elle n’apparaît que durant une courte et unique séquence (mais assez sexy, on y voit plus ses fesses que son visage). Cependant, pas de panique, Bacterium présente quand même son lot de jolies vedettes féminines, mais habillées. On peut cependant regretté qu’Alison Whitney, Miya Sagara et Shelley Dague n’est pas un niveau artistique à la hauteur de leur charme. Toutes trois manquent dramatiquement de naturel dans leur jeu ce qui dans le cadre d’un huis clos, comme ici durant une grande partie du film, est fortement préjudiciable. Du coté des acteurs masculins, on oubliera facilement l’insipide Andrew Kranz (qui interprète le personnage principal masculin) pour retenir plutôt Buzz Cartier qui nous offre un  personnage de scientifique allumé assez réjouissant.

 

La conclusion de

Film de SF complètement fauché, Bacterium pêche par une réalisation perfectible, un niveau d’interprétation assez faible et une intrigue partant complètement en sucette dans son final. Le film de Brett Piper n’est cependant pas imbuvable. Il présente même un petit coté charmeur, probablement dû à la sincérité de son réalisateur qui, en plus, arrive, avec trois sous, à nous offrir un « monstre glouton » assez sympathique.

Que faut-il en retenir ?

  • Un organisme glouton assez convaincant
  • Un film fauché mais sincère

Que faut-il oublier ?

  • Une réalisation perfectible
  • Un niveau d’interprétation médiocre
  • Un film fauché

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