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Critique du Film : Jupiter : Le destin de l'univers
Jupiter : Le destin de l'univers >

Critique du Film : Jupiter : Le destin de l'univers

Avis critique rédigé par Richard B. le lundi 16 février 2015 à 13:52

Matrix à jamais dans l'espace des Wachowski ?

Même si le rédacteur de ces lignes n'est pas un inconditionnel du cinéma de la famille Wachowski, et que les premières rumeurs se faisaient inquiétantes, une envie de faire fi de tout ça dominait. Car oui, un space opera qui, de plus, n'est ni une suite, ni un remake, on veut forcément y croire. Et pourtant, la déception est bien présente. Mais pourquoi ? Avant de nous lancer dans les explications qui tentent de justifier en quoi  nous estimons le film raté, voici déjà, dans les grosses lignes l'histoire (ce qui peut, à l'occasion, nous mettre déjà sur la piste).

Bien que Jupiter Jones soit une femme de ménage immigrée, naïve, rêveuse et aux ambitions modestes, sans le savoir, elle est aussi promise à un destin hors du commun. En effet, un jour, alors qu'elle s'apprêtait à vendre ses ovules pour rendre service à son frère, la belle va être témoin de l'arrivée de quelques aliens qui ne lui souhaitent pas que du bien! Après vérification de son empreinte génétique, Jupiter va donc être la cible d’une opération visant à l’éliminer. Car oui, la jeune femme serait la réincarnation de la matriarche de la maison d'Abraxax ! Par conséquent, si cela venait à se savoir, les enfants légitimes en perdraient leur héritage, dont le plus précieux se trouve être la Terre ! Heureusement, un beau guerrier nommé Caine, ancien chasseur militaire génétiquement modifié, débarque pour sauver la demoiselle en détresse ! Dès lors, Jupiter va devoir fuir dans divers lieux - pas forcément terrestres - pour survivre ...

Dans la famille Wachowski, pas de doutes les idées demeurent et n'évoluent pas. Alors, oui, quelques spectateurs peuvent y voir une "patte d'auteur" tant des empruntes artistiques et thématiques sont bien présentes, d'une certaine manière. Néanmoins, la question que l'on est en droit de se poser serait : la naïveté du discours qu'ils prônent depuis Matrix ne finirait-elle pas par lasser ? Alors que certains auteurs œuvrent à enrichir les thématiques qui leur sont chères, d'autres, comme ici, tournent en rond. En gros, c'est un monsieur/madame tout-le-monde qui va voir son destin basculer, découvrir qu'il est (ou elle est) l'élue, vivre une grande histoire d'amour, et devoir sauver l'humanité d'une terrible menace. Une menace représentée perpétuellement par le grand pouvoir, la haute hiérarchie, qui accable le petit peuple et le manipule. De manière répétitive et primaire, les pauvres sont donc gentils et les riches cupides et particulièrement méchants !

Et comme Matrix, dont les influences venaient à pomper allègrement sur des titres comme Blade Runner, Ghost in the shell, TRON, (sans oublier le fameux bullet time, élément outrageusement vanté comme une innovation, et qui fut pourtant bien avant cela utilisé dans un clip de Michel Gondry ou au cinéma dans Perdus dans l'espace), Andy Wachowski et Lana Wachowski récupèrent ici sans vergogne leurs idées du côté de la La revanche des Sith, du Seigneur des Anneaux, Les chroniques de Riddick, tout comme on pourra aussi au passage mentionner Flash Gordon, Le Cinquième élément ou même Brazil (Terry Gilliam apparaît d'ailleurs dans un second rôle). Le tout est mélangé sans trop de cohérence scénaristique et esthétique dans le but de satisfaire deux cinéastes certainement plus geek de culture japonaise (dont les consoles de jeu en feraient partie) que conteurs d'une histoire empreinte d'une quelconque émotion.

En effet, le scénario cherche la complexité pour finalement grosso modo revenir à deux thématiques classiques de la science-fiction : la vie éternelle et l'humanité sujette à être du bétail pour aliens égocentriques. Les meilleurs films ou séries de science-fiction sont fondés sur des sujets parfois plus simples, mais, pour autant, ils ne dégagent pas la même prétention. Les deux réalisateurs tentent vainement de noyer le poisson avec des fausses pistes, des phrases à rallonge, un sérieux perpétuel - cela même dans des répliques aux tendances parodiques. Les dialogues s'étirent, les séquences d'action se répètent avec un héros venant secourir sa princesse à coup de rollers volants et, au final, tout cela pour amener des enjeux qui n'arrivent jamais à nous stimuler (les grands méchants ne sont en effet guère effrayants ou laissent peu entrevoir qu'ils sont réellement si redoutables). Par contre, les idées qui tournent autour de la notion de famille et de la quête d'identité restent des sujets qui dessinent très bien la personnalité des réalisateurs, et sur ce point, même s'il y a redite et aucune évolution, on ne peut pas nier que ces deux éléments forment le pilier d'un cinéma à minima sincère. Avant Jupiter, on pouvait aussi décemment dire que les réalisateurs aimaient prendre des risques via des choix pas toujours faciles à vendre. Il y avait donc une audace à signer de l'inclassable. C'est d'ailleurs l'échec de Cloud Atlas qui a dû certainement pousser les Wachowski à tourner ce film de science-fiction, qui revient à une formule plus facile à étiqueter, en se rapprochant du schéma qu'ils avaient opéré sur Matrix et ouvrant une année sous le signe du « space opera » depuis l'annonce du retour de Star Wars.

S'il est vrai qu'on ne pouvait pas nier que les Wachowski étaient jusqu'ici capables de concevoir de belles images, on est là encore bien déçu par le résultat. Certes, la photographie de John Toll (Braveheart, Cloud Atlas, La Ligne rouge, Presque Célèbre...) est superbe, mais elle ne peut pas cacher un assemblage de mauvais goût. C’est vrai - pas de mauvaise foi ici - quelques moments sont resplendissant de beauté. Techniquement, les effets spéciaux sont à la hauteur du projet, mais plus qu'un choix artistique discutable, mais audacieux comme avait pu être Speed Racer, Jupiter apparaît comme un fourre-tout d'univers sans direction artistique réellement établie. Si quelques-uns venaient (parfois injustement) à critiquer le surplus d'images numériques de la prélogie Star Wars que vont-ils penser ici ? La surenchère de lumière, de caméras qui virevoltent dans tous les sens dès la moindre séquence d'action rend le tout illisible. En terme de design des planètes, Il est impossible à ne pas songer à Naboo ou Mustafar (Star Wars) ou encore Nibiru (Star Trek Into Darkness) tant d'éléments présents à l'écran viennent à y faire écho. Il y a même une des planètes qui est dans l'esprit des Gardiens de la Galaxie (mais au regard des dates de tournage, il s'agit certainement d'un accident). Côté intérieur, on a des références empreintes à Stargate, Les Riddick, Brazil... Ok tous les éléments pris indépendamment peuvent être chouettes, mais les mélanger comme c'est fait ici est juste une énorme faute de goût. Cela ne fait que mettre en avant un univers virtuel dans lequel on peut que difficilement rentrer.

Les amoureux de space opera pourraient pardonner tout cela (le genre est tellement rare au cinéma), mais le casting semble lui aussi s'ennuyer. Channing Tatum parfait pour donner des grosses baffes dans des films comme G.I.Joe ou White House Down (dernièrement impressionnant aussi dans Foxcatcher) n'arrive pas ici à véhiculer la moindre parcelle d'émotion tout en assurant ses séquences plus sportives avec un embarrassant manque de motivation. Pas mieux pour une Mila Kunis qui, habituellement, ne manque pas de charme et de présence. Peut-être est-ce la faute à un écran bleu trop froid, ou alors de ce casting qui n’apprécie pas de réciter des dialogues le plus souvent creux.

Heureusement, Michael Giacchino réussit à rehausser le niveau avec quelques influences très empreintes à John Williams, tout en étant encore dans la mouvance de son très bon travail sur la franchise Star Trek et en retenant ses erreurs sur John Carter. Le compositeur signe ainsi une musique énergique arrivant à véhiculer au film quelques rares moments épiques et d'émotion.

40

Les Wachowski se répètent et n'arrive à faire évoluer leurs thématiques. Bien au contraire, en tentant de reproduire une formule usée, ils s’enlisent en perdant ici leur gout du risque. Jupiter n'est pas qu'une déception, au regard du budget et de la liberté dont profitent les réalisateurs c'est un échec total, tant scénaristique qu’artistique, un total manque d'ambition. Il est loin de temps de Bound, mais comme nous ne sommes pas méchants, nous espérons que cet échec leur permettra d’éveiller leur fibre créatrice ou, au moins, émotionnelle. Oui, car dans le cas présent, on s'amuse bien plus avec des productions telles que Moon 44, Wing commander et autre série B de science-fiction modestes et imparfaites qui en n'oublient pas l'essentiel : faire que le spectateur ne s'ennuie pas trop !

Critique de publiée le 16 février 2015.

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