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Critique du film : La planète des vampires [1965], par Nicolas L.

Avis critique rédigé par Nicolas L. le mercredi 29 janvier 2014 à 23h43

Esprits d’aliens


Noyée dans les sifflements d’une entêtante musique électronique, moulée dans des combinaisons de cuir aux allures de motards SM, la vingtaine d’astronautes occupant les vastes pièces des vaisseaux Argos et Galliot effectuent dans la bonne humeur les dernières manoeuvres d’approche avant un «atterrissage» sur l’astéroïde Aura. Soudain, les voyants des consoles s’affolent, les communications sont rompues, les navigateurs perdent le contrôle des astronefs, qui sont attirés vers la planète à une vitesse de plus en plus folle, jusqu’à atteindre 40g. Rudement éprouvés par la gravité qui les cloue au sol, les occupants perdent connaissance, excepté le capitaine Markary (Barry Sullivan), commandant de l’Argos, qui constate avec surprise que l’atterrissage de son vaisseau s’effectue avec douceur. Mais son soulagement est de courte durée... pour céder la place à l’effroi. A leur réveil, nombre de ses camarades, animés d’une folie meurtrière, se ruent sur leurs compagnons....

Inspiré d’une nouvelle de l’écrivain vénitien Renato Pestriniero, La planète des vampires est le seul véritable film de science-fiction inscrit dans la filmographie de Mario Bava. Autant film d’horreur gothique que planet opera, ce métrage sorti en 1965 nous entraîne sur une planète désolée, à l’ambiance crépusculaire et angoissante, où l’on accompagne une expédition terrestre attirée sur les lieux par les émissions d’une mystérieuse balise de détresse. Là, le spectateur va être plongé dans une ambiance horrifique et paranoïaque quand des entités alien éthérées, sortes de vampires psychiques, prennent possession des corps des astronautes décédés pour les manipuler comme des pantins morts-vivants.

Parfait représentant de cette vague de film de SF pulp faisant fi de toute considération technique et scientifique,  La planète des vampires apparaît souvent, aujourd’hui, force est de l’avouer, comme un spectacle extrêmement kitch. Ainsi, il est difficile de ne pas sourire à la vue de ces intérieurs de vaisseau évoquant des agencement de bureau open space, de ces rampes de voyants clignotants très pop-culture ou en découvrant les armes des astronautes, de vulgaires tuyaux agrémentés d’un semblant de crosse. La naïveté de traitement est également de rigueur. La plupart des incohérences sont propres aux films d’horreur (les personnages, pourtant conscients d’être en péril, font montre d’une grande imprudence - il se baladent seules, laissent sans surveillances les individus louches, etc.), alors que d’autres sont plus spécifiques à la SF pulp (personne ne s’étonne que la planète ait une atmosphère respirable, aucune étude n’est faite sur la composition de l’environnement). A cela s’ajoute quelques lignes de dialogue d’une désopilante jobarderie lors des analyses de situations par des scientifiques de pacotille. Autant de maladresses et de facilités qui font que cette Planète des vampires aurait pu compter parmi la longue liste des nanars tournés durant cette période pré-2001, Odyssée de l’espace. Oui, mais voilà, La planète des vampires n’est pas n’importe quel film, c’est un film de Mario Bava.

La force de La planète des vampires repose principalement sur l’ambiance angoissante de ses «extérieurs», générée et entretenue par une exceptionnelle photographie et une bande musicale efficace, brassant pièces symphoniques et électroniques. Un mélange génial d’aspects gothiques (quand les morts surgissent de leurs tombes, on évolue pleinement dans le cinéma fantastique à base de vampires) et retrofuturs. C’est simple, l’on n’a jamais vu aussi envoûtant, dans le domaine du planet opera horrifique, depuis Planète Interdite. Quand les astronautes évoluent dans ce décor de studio empli de brume artificielle, aux sculptures étranges soigneusement fignolées, baignant dans des superbes éclairages sous gélatines, le spectateur oublie bien vite les approximations des séquences tournées à l’intérieur de l’Argos. L’un des meilleurs passages est celui où Markaly, accompagné de deux compagnons, découvre l’épave d’un astronef, occupé par les restes d’un équipage aux mensurations démesurées (oui, tout à fait, c’est l’ancêtre du space jokey).  Malheureusement, le soufflet de l’excellence va vite retomber. La séquence suivante, où Markaly tente d’user d’un diapason pour ouvrir une porte, avec son intrigue à la Scoubidou, est nettement moins réussie.

En fait, La Planète des vampires, c’est exactement ça. Une alternance de passages géniaux et d’autres, presque ridicules. Ce manque de constance empêche le métrage d’être considéré par le cinéphile « sérieux » comme l’un des grands classiques de la science-fiction mais cela contribue à en faire un objet culte à l’atmosphère envoûtante. Ce qui, finalement, n’est pas pour déplaire à l’amateur de SF. Ah oui, un petit mot concernant les effets spéciaux. Dans ce domaine, il faut bien dire que le film apparaît logiquement comme très daté, d’autant plus qu’il n’a pas bénéficié d’une production des plus luxueuse. Toutefois, si les plans sur matte painting mettant en scène les miniatures des vaisseaux ne sont guère convaincants, ils sont loin d’être honteux. Même constat pour les maquillages spéciaux, qui sont assez réussis, avec des « zombies » effrayants comme il faut (là encore, les éclairages jouent un grand rôle dans l’efficacité du rendu).

 

La conclusion de à propos du Film : La planète des vampires [1965]

Nicolas L.
72

Dan O’Bannon et Ridley Scott ont toujours nié que la génèse d’Alien s’est executée sous l’influence de La planète des vampires. Les similitudes sont cependant très nombreuses. Et+ l’avouer n’aurait pas été un crime. Même un demi-siècle après sa sortie, la réalisation de Mario Bava marque les esprits par son atmosphère envoûtante, son extraordinaire photographie et un aspect horrifique réussi. Hélas, le métrage est autrement trop perfectible pour être considéré comme un grand film, avec un scénario trop naïf, des passages « nanardesques » et une production affichant parfois trop son manque de moyens. Peut-être pas un chef d’œuvre, mais assurément un film culte.

Que faut-il en retenir ?

  • Une ambiance extérieure extraordinaire
    Une magnifique photographie
    Quelques belles séquences horrifiques
    Un aspect kitch sympathique

Que faut-il oublier ?


  • Un scénario bien naïf
    Quelques séquences ridicules

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