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Critique du film : Les Sorcières de Zugarramurdi [2014], par Richard B.

Avis critique rédigé par Richard B. le mercredi 11 décembre 2013 à 13h57

Toutes des sorcières ?

Les Sorcières de Zugarramurdi

Avec les Sorcières de Zugarramurdi, le réalisateur Álex De La Iglesia place le gros de son action dans le village bien réel de Zugarramurdi, une municipalité de la Communauté forale de Navarre située au nord de l'Espagne, non loin de la frontière française, et connue pour ses grottes où se réunissaient des sorcières. Ainsi, on peut lire que du temps de l'inquisition une quarantaine d'habitants furent accusés de sorcellerie et douze furent condamnées au bûcher.

Álex De La Iglesia ne situe pas pour autant son histoire dans ce passé, mais pour conter une intrigue moderne et mordante autour d'une rivalité homme/femme, le village servant avant tout de prétexte à situer l'action dans un lieu possédant une mythologie réelle pouvant servir à la fabriquer les fondations de son intrigue. Une image certes peu flatteuse pour la communauté de Zugarramurdi, qui n'incitera pas forcément les touristes à se rendre sur les lieux, tant la caméra s’évertue à les filmer de nuit et dans la brume, un peu à la façon de la Hammer - le ton n'est toutefois pas exactement le même, l'humour noir du réalisateur y tenant une grande place.

L'intrique de ce nouveau film mis en image par celui qui nous avait émus il y a un an à peine avec « un jour de chance » commence lors d'un braquage foireux en plein Madrid. Trois des voleurs parviennent à s'échapper en prenant en otage un chauffeur de taxi et son client. Désirant atteindre la frontière française, nos bandits de pacotille, aussi fauchés que marginaux, vont se réfugier par erreur dans la ville de Zugarramurdi, haut lieu de la sorcellerie, à la veille d'une très importante réunion rassemblant des milliers de sorcières...

Les Sorcières de Zugarramurdi

Même si Álex De La Iglesia a toujours flirté avec de multiples atmosphère, et que Balada Triste pouvait s'apparenter - de loin – au genre fantastique de par sa démesure, il y avait bien longtemps que le réalisateur ne s'était pas assumé pleinement dans ce registre - alors que ses films exploitant le genre aient marqué nos mémoires. Alors oui, Un jour de chance était une petite merveille, une satire aussi brillante que drôle et triste, mais avouons que nous sommes particulièrement heureux de voir le réalisateur espagnol revenir à ses racines.

D’ailleurs, autant dire que ce retour commence d'ailleurs avec un braquage d'anthologie où l'on peut découvrir un Jésus Christ armé d'un fusil à pompe, avec pour complice un soldat vert, ou encore Bob l'Éponge, ainsi que quelques autres costumés braquer une banque. La course-poursuite et les réparties, parfois pas loin de la misogynie, sont aussi réjouissants. Par moment - avouons-le honteusement –, si tant est que l’on appartienne à la gente masculine, on se surprend même à développer quelques pensées machistes. Pour le reste, il n'y a pas vraiment de méchanceté et, d’ailleurs, par la suite, le mâle en prendra aussi, à moindre mesure, pour son grade.

Cependant, voilà, passée cette longue mise en bouche, incroyable, mise divinement en image dans un rythme digne d'un grand huit, ce qui doit arriver finit par se produire : le récit s’essouffle, nos héros sont perdus, l'intrigue veut faire perdurer les revirements de situation, les gags eux-mêmes s'épuisent, et une première baisse de rythme commence à se faire ressentir. Par la suite, Alex de la Iglesia, grâce à son enthousiasme, ses poussées bordéliques qui font aussi tout le charme de son cinéma, arrivera encore à nous mettre de son côté, mais reconnaissons que le metteur en scène n'arrive jamais à retrouver la force visuel et le rythme incroyable de ses trente premières minutes et que, par la suite, Les Sorcières de Zugarramurdi possède vraiment des passages qui tournent à vide, donnant envie aux spectateurs de se rendre sur la table de montage pour raccourcir le film d'une bonne vingtaine de minutes, inutiles et cassant un ensemble qui, dans le fond, a tout pour plaire.

Les Sorcières de Zugarramurdi

Et si, cette fois-ci, Álex De La Iglesia s’était peut-être un peu perdu dans un cinéma référentiel ? Ainsi, il paraît impossible de ne pas penser à un mixe entre les films des studios Hammer et, parfois, les débuts de Peter Jackson (sans l'aspect gore), ou encore Les Sorcieres d'Eastwick. D’autres ressentis, propres au cinéaste, demeurent, comme l'affection si particulière que l'on peut avoir pour ces losers (plus particulièrement cette histoire d'un père et de son fils, cet amour paternel si fort qu'il conduit cet homme paumé, perdu, quelque peu immature, à développer les pires idées). Puis, comment ne pas voir dans ce film quelque chose de personnel, à l'inverse des milliards de produits formatés et sans âme ? Il est rassurant (et amusant) de voir à quel point Álex De La Iglesia met beaucoup de sa vie dans le métrage. Car, si le cinéaste entretient une rancœur vis-à-vis des femmes suite à son divorce, dans cette pléiade de sorcières avides de bouffer de l'homme et de les réduire à néant, se détache la muse du réalisateur, présent dans ses trois derniers films. Carolina Bang, charismatique, superbement mis en valeur, plus humaine que les autres, complexe mais sincère, bref, la femme qui sait indéniablement se distinguer des autres et qui, comme par hasard, partage actuellement la vie du réalisateur. On retrouve aussi avec plaisir l'actrice Carmen Maura qui avait par le passé déjà offert ses talents à De La Iglesia dans Mes Chers voisins et 800 balles. Alors oui, Álex De La Iglesia a déjà connu des moments plus glorieux, mais, franchement, c'est toujours un vrai plaisir de découvrir un de ses films.

La conclusion de à propos du Film : Les Sorcières de Zugarramurdi [2014]

Richard B.
70

Au final, les Sorcieres de Zugarramurdi est assez semblable à Balada Triste. Les deux films sont frénétiques, dégénérés, mettent en concurrences deux hommes face aux charmes de Carolina Bang, lorgnent vers une multitude de registres et parlent de rapport entre les hommes et les femmes. Tous deux souffrent également du problème d'un rythme en dent de scie, avec de véritables morceaux de bravoure, mais aussi d’autres, bien plus inutiles. Reste que si cette dernière production n'est pas la meilleure du cinéaste, rien que la séquence d'introduction et la personnalité qu'il introduit dans son cinéma méritent amplement le détour.

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