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Critique du Film : Le Sadique Baron Von Klaus
Le Sadique Baron Von Klaus >

Critique du Film : Le Sadique Baron Von Klaus

Avis critique rédigé par Nicolas L. le dimanche 7 juillet 2013 à 0006

Tare génétique

Quand une jeune fille est retrouvée violée et assassinée dans un champ voisin, la population de la petite bourgade autrichienne d’Holfen en vient immédiatement à soupçonner les Von Klaus, famille de hobereaux à la sinistre réputation. D’autres, les plus superstitieux, se signent même régulièrement en ranimant une légende locale, parlant du fantôme d’un Von Klaus errant dans les marais. Aussi, plongés dans ce milieu ou se mêlent contes et contre-vérités, l’inspecteur de police Borowki et ses adjoints ont le plus grand mal à déceler des vérités dans les témoignages des villageois. Quand arrive à Holfen Karl Steiner, un journaliste connu pour sa finesse d’esprit...

Le sadique baron von Klaus est un thriller d’épouvante qui emprunte autant aux krimi allemands d’après-guerre qu’aux gialli transalpins. Il s’agit d’une coproduction germano-espagnole réalisée en 1962 par Jesus Franco, soit la même année que le célèbre Horrible docteur Orloff et deux ans après Opération lèvres rouges, le film qui révéla au grand public le cinéaste espagnol. Dans ce métrage adoptant un style évoquant celui des films policiers de la période, on suit les investigations d’un duo d’enquêteurs à l’attitude décontractée, voire dilettante - ils n’arrêtent pas de plaisanter, draguent toutes les jolies filles du coin et s’amusent du dramatique de la situation. Un comportement qui, s’opposant totalement au climat entretenu par le métrage, amène un ton décalé parfois un peu déstabilisant. Voici un morceau choisi, quand l’adjoint Helmont annonce à son chef que les traces de pas trouvés dans la neige, sur les lieux du crime, laissent penser à une pointure 43:
- C’est à dire un type d’environ 1m65, se hasarde le journaliste.
- Pourquoi pas 1m50 avec des chaussures qui lui appartiendraient pas? plaisante l’inspecteur.
- Ou alors une petite vieille avec des pieds de géants, ajoute son ami, sur un ton très sérieux.

A cela se joignent quelques étrangetés dues à un montage quelque peu perfectible. Par exemple, quand, dans un cabaret, le docteur Kallman, psychologue romancier, aborde une chanteuse:
- Bonsoir!
- Bonsoir!
- Dorian, tu as été magnifique, ce soir! Veux-tu boire quelque chose?
- Ah non, je ne me sens pas bien.
- Je peux t’aider, en tant que médecin.
- Merci, je crois qu’il faut j’aille dormir un peu. C’est tout.
- Veux-tu un verre avant d’aller te coucher?
- Alors, un p’tit whisky.
- On déjeune ensemble, demain?
- A midi, oui, nous nous trouverons dans le hall.
- Bon retour, alors!
- A demain!
Et hop, par la magie du cinéma et un montage fantasque, la fille part sans consommer sa boisson - pourtant, on voit dans le plan précédent le barman lui préparer un verre et le mettre sur le comptoir.
Enfin, à ces festivals de bons mots et autres bizarreries, on ne peut manquer d’ajouter une galerie de personnages bourrés de tics désopilants (le flic qui bégaie, le clodo qui zézaie..) ou au comportement surprenant (l’adjoint Helmont, au sang très chaud!) qui amène parfois le récit dans une situation de surréalisme comique, sans que l’on parvienne à déterminer s’il s’agit là d’une démarche volontaire.

Pour ce qui est de l’intrigue, comme cité plus haut, les principaux suspects, les membres de la famille Von Klaus, habitent le château voisin. Influencée par la population, la police soupçonne plus particulièrement Max von Klaus, l’ainé de la famille. Il faut dire qu’Howard Vernon, au regard halluciné, fait tout pour que son personnage inspire crainte et méfiance. Max Von Klaus apparait comme un homme froid, antipathique et même un peu effrayant. Autre suspect, son neveu, Ludwig. Récemment fiancé, il porte le fardeau d’un lourd héritage: son grand-père était un psychopathe sadique qui torturait ses proies féminines dans la cave familiale. Wilfrid est d’ailleurs fortement attiré par le marais, où a péri son aïeul, et, comme lui, il développe un don inné pour le piano. Bizarre... Mais, attention, tous les suspects ne résident pas au château. Ainsi, l’arrivée à Holfen d’un écrivain spécialisé dans les récits de tueurs en série, le jour même où a eu lieu le meurtre, n’est-il qu’une simple coïncidence?

Avec Le sadique baron Von Klaus, Jesus Franco nous guide, au gré d’une musique jazzy qu’il a lui-même composée, au cœur d’une histoire policière à l’esthétisme noir et blanc (proche de l’expressionisme) et à la réalisation très arty, deux aspects qui ont fait une grande partie de sa filmographie (du moins, la plus glorieuse). Encore plein d’ambition et de passion, le cinéaste, alors âgé de 32 ans, n’avait pas encore plongé dans le piège de la série Z et du porno et il démontre ici qu’il vaut bien autre chose que le triste tâcheron des frères Lesoeur qu’il est devenu par la suite. Alors, certes, le film est loin d’être un modèle du genre - Jesus Franco n’est ni Alfred Hitchcock, ni Georges Franju, et encore moins Jacques Tourneur - mais il possède une griffe personnelle très élégante, faite d’influences classiques et d’autres, plus personnelles, comme sa passion pour la musique jazz et ses penchants pour le masochisme et le fétichisme. Dans ce métrage, cette alchimie prend toute sa mesure dans l’unique scène «horrifique» du film, quand Margaret (Gogo Rojo), kidnappée par Ludwig, reprend connaissance dans le «donjon» des Von Klaus. S’en suit une séquence de sexe passionnée déviant lentement en une séance de torture, ne proposant comme son qu’une unique et entêtante bande musicale. Construite en grande partie sur les expressions d’une victime qui passe de l’orgasme à la souffrance, cette scène hypnotique dégage un lyrisme érotico-horrifique des plus réussis.  Rien que la présence de cette scène mérite que l’on s’attarde un tant soit peu sur le cas du Sadique baron Von Klaus.

Dommage que Le sadique baron Von Klaus peine parfois à nous captiver. A trop forcer le coté «auteurisant», Jésus Franco échoue à donner du rythme à son intrigue, néglige de trop le scénario et, au final,  ne parvient pas à rendre cette enquête policière intéressante. En effet, même si visuellement, on ne peut qu’apprécier le travail de Franco, l’indifférence - voire l’ennui - est souvent au rendez-vous. Cette sensation est le plus souvent ressentie dans les nombreuses séquences dialoguées qui, malgré la présence de cet étrange humour, sont trop platement filmées pour être attractives. Le film pèche également par le manque de finesse de son scénario. En fait, la présence de quelques faux coupables n’empêche pas le spectateur - même le moins attentif - d’identifier assez rapidement le responsable de ces assassinats.

La conclusion de

Bien qu’il s’appuie sur un séduisant travail visuel, Le sadique baron Von Klaus peine parfois à éveiller l’intérêt du spectateur. La faute à un scénario un brin faiblard et une direction d’acteur étrange qui désamorce l’aspect thriller du métrage (qui peut être présenté comme un sorte de proto-giallo). Le métrage mérite cependant d’être vu, ne serait-ce que pour la géniale séquence de torture, qui expose toutes les composantes qui construiront le cinéma de Jesus Franco.

Que faut-il en retenir ?

  • Un superbe cachet visuel
  • L’un des tous premiers gialli
  • Une superbe séquence erotico-horrifique

Que faut-il oublier ?

  • Un scénario un peu faible
  • Un rythme à la peine

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