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Critique du Film : John Dies at the End
John Dies at the End >

Critique du Film : John Dies at the End

Avis critique rédigé par Jonathan C. le mardi 25 juin 2013 à 1519

Délire Express

affiche John Dies

Cinéaste rare et précieux, Don Coscarelli tourne peu (son précédent film, Bubba Ho-Tep, c'était il y a déjà 10 ans) mais fait mouche à chaque fois (à un Dar l'invincible près, et encore), accouchant d'OFNI déglingués et hors-normes qui restent ancrés dans les mémoires. Si son petit nouveau (encore inédit en France mais présenté en ouverture du PIFFF 2012 et du Festival de Sundance cette même année) est de ceux-là, il va encore plus loin dans l'exploration onirique, à tel point qu'il en devient inracontable. Disons qu'on y suit Dave et John (interprétés par les peu connus Chase Williamson et Rob Mayes), deux losers totalement hallucinés comme s'ils étaient continuellement défoncés depuis qu'ils ont été « contaminés » par une sauce soja vivante leur permettant d'acquérir une vision tridimensionnelle (passé, présent, futur), et c'est dans cet état entre hébétude et hystérie qu'ils vont découvrir une réalité alternative et voyager dans plusieurs dimensions afin de lutter contre des démons sortis d'une boite de Pandore...Bref, un tel film ne se raconte pas, il se vit/voit.

John Dies at the end

Plus que jamais, totalement libre dans cette production indépendante, l'un des masters of horror Don Coscarelli construit un véritable delirum, foire aux monstres (lovecraftiens), aux effets spéciaux en tous genres (on a même droit à un court passage gore en animation), aux idées farfelues (une par minute), place à l'absurdité démente et parfois gonzo. Dans ce farfelu John Dies at the End, on croise avec étonnement et éclats de rire une poignée de porte qui se transforme en bite (« Hors de question qu'on prenne cette porte ! »), une moustache qui s'arrache d'un visage pour batifoler ensuite tel un papillon, un chien qui conduit, un hot dog qui sert de téléphone, une secte toute droit sortie d'Eyes Wide Shut ou encore un monstre composé de morceaux de viande avariée et de charcuterie (de quoi concurrencer le monstre en caca de Dogma). L'intro donne d'emblée le ton, questionnant la raison à coups de hache. En bonus : Clancy Brown (alias Kurgan dans Highlander ou le Sergent Zim dans Starship Troopers) en gourou facho-mystique (rôle qui fait écho à celui qu'il tenait dans la série La Caravane de l'étrange), Paul Giamatti en journaliste dubitatif auquel notre héros raconte toute l'histoire et Doug Jones (alias Abe Sapien dans les Hellboy) pour une fois sans costume en latex.

John Dies at the end

Bien que très original, John Dies at the End est adapté du roman de David Wong (livre qui avait fait le buzz sur internet et qui contient donc déjà bon nombre des idées barges mises en images dans le film) et se rapproche de trips teen pré-apocalyptiques déviants et oniriques comme Kaboom, Nowhere, Fatal Games ou Detention, évoquant aussi par moments le cinéma de John Carpenter (que ce soit pour Invasion Los Angeles, L'Antre de la folie, Prince des Ténèbres ou même Les Aventures de Jack Burton dans les griffes du Mandarin), de David Cronenberg (en particulier ExistenZ et Le Festin nu) ou de Stuart Gordon (notamment pour Dagon et Réanimator), ou encore des séries comme La 4ème Dimension ou du Sliders, Les mondes parallèles en plus « high ». Pour l'anecdote, forcément absurde elle aussi, Don Coscarelli a eu l'idée d'adapter ce roman grâce à une recommandation d'Amazon.com, du type « Si vous avez aimé tel ou tel livre, vous pourriez aimer John Dies at the end de David Wong ». David Wong (qui s'appelle en réalité Jason Pargin) a écrit une sorte de suite intitulée This Book Is Full of Spiders: Seriously, Dude, Don't Touch It : tout un programme, que Coscarelli pourrait idéalement adapter.

Le réalisateur des Phantasm y témoigne une nouvelle fois de sa fascination pour l'engrenage du rêve et ses rouages, pour la physiologie, les motifs du cauchemar (toutes les phobies y passent), pour les transferts corporels et mentaux, et pour les personnages complètement déconnectés de la réalité et auxquels une mission de l'ombre est confiée (ce qui vient combler le vide de leur existence). Le tout dans un récit visionnaire dense, énergique, imprévisible et improbable, riche en surprises et en rebondissements surréalistes, mais aussi en effets gores et dégueulasses (tête explosée au fusil, yeux exorbités jusqu'à l'éclatement, démembrements, carcasses humaines...). Comme le dit l'un des personnages, « Si Franz Kafka était là, il s'arracherait la tête ». Don Coscarelli n'a pas son pareil pour élaborer des moments d'abstraction hors du temps complètement perchés (cf. le dialogue avec le rasta nommé Robert Marley), accrochant le spectateur dans un parfum électrique de mystère et d'absurde.

John Dies at the end

Souvent hilarant de non-sens et de folie, enquillant les gags excentriques avec frénésie, le trip est total, assumé jusque dans ses élans kitsch (le final 100% B-monster movie). La mise en scène est elle-même très libre, comme inspirée par le délire de cette étrange drogue-soja. Comme à son habitude, le réalisateur enchaine les plans iconographiques comme les vignettes d'une BD, son film prenant des allures de comics animés. Comme sur Bubba Ho-Tep, Brian Tyler en rajoute dans le décalage et le pastiche (cf. ses notes de western). C'est lorsque le spectateur est aussi paumé et malmené que le personnage principal que le film est le plus jouissif, particulièrement dans sa première heure (à partir de la rencontre avec le rasta), après quoi il souffre de quelques longueurs et répétitions dans ses invraisemblables (mais très drôles) explications qui le rendent très bavard. Mais du bavardage aussi fumeux que jubilatoire, car le réalisateur est parfaitement conscient des absurdités que racontent ses personnages et transforme ainsi chaque dialogue en gag.

Force est d'avouer que malgré le généreux spectacle qu'il propose, John Dies at the End ne mène nulle part (ou au contraire un peu partout) et qu'il y manque l'émotion et la tendresse qu'on pouvait trouver dans Bubba Ho-Tep. Il faut le prendre pour ce qu'il est : juste un gros délire dans lequel un réalisateur malin et curieux s'amuse avec les rêves, les fantasmes et les illusions. Plus encore que les précédents films du réalisateur, ce fou et loufoque John Dies at the End donne l'étrange sensation d'être sous champi, ou quelque chose dans le genre, effet qui a tendance à le rendre plus drôle que touchant. Certains n'y adhérerons pas comme on peut refuser les « films-drogue ». Ce qui est sûr, c'est que vous n'irez pas prendre de la sauce soja en sortant de cet abracadabrantesque et dantesque John Dies at the End (par contre vous irez peut-être adopter un chien, ça peut toujours servir)...

 John Dies

La conclusion de

Un délire unique et jubilatoire orchestré par le réalisateur de Bubba Ho-Tep et des Phantasm, qui imagine ici du Kafka gonzo en continuant d'explorer, par l'intermédiaire de losers déconnectés de la réalité mais héros malgré eux, les rêves, les cauchemars et les fantasmes. En résulte un film d'auteur déviant en forme de série B trash, gore et cartoonesque, un « film-drogue » à effet champi hallucinogènes, ou l’on assiste, aussi paumé que le pauvre personnage principal, à un enchainement ludique d’évènements improbables, étranges et loufoques (voire parfois abstractifs), dans un récit imprévisible, surprenant, nerveux et totalement libre au sein duquel on croise Paul Giamatti, Doug Jones ou Clancy Brown. Certains n'accrocheront pas, et d'autres plongeront avec plaisir dans le "trip". Dans la mouvance de Detention ou Nowhere, parfumé par La Quatrième Dimension et saupoudré d’une bonne dose de John Carpenter, de Stuart Gordon et de David Cronenberg, John Dies at the End est une nouvelle curiosité déphasée de Don Coscarelli, donc à voir absolument.

Que faut-il en retenir ?

  • Un univers délirant et improbable
  • Des idées géniales à la pelle
  • Un récit ludique et virtuose
  • Plus besoin de consommer des champis pour en ressentir les effets

Que faut-il oublier ?

  • Plus de rires que d'émotions
  • C'est un sacré bordel, quand même
  • Une baisse de rythme en milieu de parcours
  • Tout cela ne mène nulle part mais on s'en fout

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