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Critique du film : Dead sushi, par Nicolas L.

Avis critique rédigé par Nicolas L. le mercredi 5 juin 2013 à 14h41

Panique en cuisine

Tout amateur de séries B asiatiques le sait déjà depuis des lustres : Noboru Iguchi est fou. Depuis qu’il a quitté (emmenant avec lui l’adorable Asami) le milieu du pinku et du A-Video pour se consacrer au cinéma fantastique, ce tokyoïte pur jus n’a cessé de nous proposer des œuvres plus foutraques les unes que les autres. Avec enthousiasme mais aussi une certaine modestie, car Noboru Iguchi connaît ses limites. Moins technicien que Yoshihiro Nishimura, moins « virtuose » que Seiji Chiba, moins critique que Yûdai Yamaguchi, moins social que Naoyuki Tomomatsu, moins gore que Kôji Kawano, Noboru Iguchi est un humble artisan. Mais il a pour lui une imagination délirante, une sincérité touchante et, surtout, l’esprit potache d’un sacré fripon érotomane. Il sait également s’entourer de passionnés.

Noboru Iguchi a toujours cultivé le comique pipi-caca et revendiqué un fort penchant pour les polissonneries (japanese schoolgirls et petites culottes sont les cibles préférées des ses caméras) même si, dernièrement, il s’est un peu calmé sur ce second aspect. En fait, il continue de s’entourer de très jolies filles mais les déshabille plus rarement. Par contre, il s’amuse de plus en plus à les souiller dans de grandes démonstrations scatologiques comme dans le très craspec Zombie Ass: Toilet of the Dead. Les personnages des films de Noboru Iguchi pètent, rotent, défèquent, se massacrent dans la bonne humeur et dans des gerbes d’hemoglobine pixellisée, sauf en de rares occasions, où le cinéaste démontre avec talent qu’il est également à l’aise dans le registre de l’horreur pure (Tomie) – faisant ainsi mentir ses détracteurs qui l’accusent de n’être qu’un comique immature. A croire qu’ils ont oublié The Machine Girl, qui est bien plus qu’une simple comédie de science-fiction.

Bref, après les monstres ridicules de Gekijô-ban, une parodie de super sentai (la démarche est assez similaire à celle de Peter Jackson avec ses Feebles, où il parodiait les Muppets), les alien scatos de Toilet of the Dead, le mecha psycho de Karate Robo Zaborgar, les super-héroïnes bombasses de Mutant Girls Squad et les pin-up de métal de RoboGeisha, on pouvait légitimement se demander si Noboru Igushi allait surenchérir dans le nawak où s’assagir un peu. Avec Dead Sushi, le cinéaste répond à ce questionnement de la meilleure des manières, en nous proposant le spectacle le plus ridicule qu’il est jamais tourné. Mais aussi le plus drôle.

Pourtant, Dead Shushi démarre à la façon d’un drame. La jolie Keiko se voit chassée de l’entreprise parentale car elle n’arrive pas à relever les défis posés par son père, maître-shushi et  grand maître de shorin ryu. Elle se retrouve contrainte d’accepter un emploi de serveuse dans un hôtel de grand luxe, mais elle enchaîne les bourdes, entraînant l’ire de la maîtresse des lieux et les rires de ses collègues, et ne trouve une épaule amicale que dans le personnage d’un étrange jardinier. Mais ce mixage de vaudeville à la nippone (la patronne couche avec le cuisinier) et de drama adolescent va basculer dans un tout autre registre quand arrive un riche client et sa suite, tous friands de sushi, suivis de près par un savant fou ivre de vengeance. Un scientifique qui, comme Herbert West, a trouvé un sérum capable de ranimer les chairs mortes… et n’ayant qu’un calamar sous la main.

Ranimé, le calamar volant va contaminer tous les sushi servis aux invités qui se transforment à leur tour en monstres anthropophages. Déchaîné, Niburo Iguchi enchaine les scènes mêlant passages martiaux, gags débiles et plans Grand Guignol à un rythme effréné. Sushi volant, sushi lance-flamme, sushi baiseur, sushi requin, sushi battleship, bébé sushi, sushi nunchaku… le délire total ! Il arrive même à renouveler son récit, les victimes des sushi revenant d’entre les morts sous la forme de zombies farcis au riz alors que le savant, en surdose de sérum, se transforme en un homme-thon kitch digne de figurer dans un épisode de San-ku-kai. Si le non initié aux délires de l’équipe de Sushi Typhoon va se demander ce qu’il fout devant cette chose, l’amateur, comme moi, sera aux anges.

D’autant plus que ce super sentaï pour adultes, s’il est assurément débile, est très regardable. Pour les combats, Niburo Iguchi a eu la bonne idée de confier le rôle de Keiko à Rina Takeda, une experte en art martiaux  (ceinture noire de shorin ryu). Les fans de films d’action ont pu admirer son style dans High-Kick Girl, Karaté Girl et Ninja Girl. Ici, elle amène une énergie bienvenue aux (excellentes) séquences de combats qui mêlent performances martiales et gags visuels. Ensuite, si les FX sont extrêmement perfectibles (Yoshihiro Nishimuran’a pas vraiment forcé son talent et semble parfois avoir fait dans l’urgence), ils sont tous très drôles et on s’étonne de rire devant la vue d’un plat rempli de sushi-zombies avides de chair humaine où en étant le témoin des exploits d’Eggy, le gentil tamagoyaki sushi (sushi omelette) à la voix enfantine et capable de cracher de l’acide, qui devient le fidèle compagnon de Keiko. Enfin, le gore, s’il est exclusivement numérique, est très présent, avec notamment une scène de « dégustation » ou des sushis, tels des piranhas, dévorent les deux jeunes filles en petites tenues sur lesquelles ils ont été posés.

A l’exception de Rina Takeda, Niburo Iguchi a fait appel aux mêmes comédiens qu’à l’habitude. On retrouve donc avec plaisir la dynamique et expressive Asami (mais comment elle arrive à rouler des yeux comme ça ?!), qui se voit de plus attribuer un rôle d’importance, mais aussi le charismatique Kentarô Shimazu (Tokyo Gore Police, The Machine Girl), Yui Murata (Helldriver, Karate Robo Zaborgar), Toru Tezuka (20th Century Boys, Meatball Machine) et le beau gosse de service, Takamasa Suga (Dead ball, la série Kamen Rider). Tous amènent leur dynamisme et leur bonne humeur (ah, la robo dance d’Asami !) dans ce spectacle loufoque où le réalisateur leur a surement demandé d’en faire des tonnes dans le registre comique et le surjeu, faisant de Dead Sushi une enthousiasmante blague potache.

La conclusion de à propos du Film : Dead sushi

Nicolas L.
60

Si vous êtes amateur de série B délirante, et plus précisément les productions foutraques de l’AV-Cinema, Dead Sushi a tout pour vous convenir. De plus, comme Noburo Iguchi est un peu moins excessif dans ses effets (on est loin du très vulgaire Toilet of the Dead et le film ne propose aucun plan graveleux), on a affaire à un spectacle, débile et de mauvais gout, certes, mais plus accessible au grand public. Toujours entouré de la même équipe de comédiens, à laquelle s’est jointe l’excellente Rina Takeda, Noburo Iguchi, petite garnement de plus de quarante balais, compense les faiblesses d’un scénario crétin et des effets spéciaux pas terribles (voire mauvais) par son esprit inventif et une bonne humeur commutative.

Que faut-il en retenir ?

  • Une ambiance fun Rina Takeda
  • Des idées débiles mais drôles
  • Un casting sympathique

Que faut-il oublier ?

  • Un scénario stupide
  • Des FX médiocres
  • Un humour potache qui peut déplaire

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