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Critique du Téléfilm : Les roches maudites
Les roches maudites >

Critique du Téléfilm : Les roches maudites

Avis critique rédigé par Nicolas L. le samedi 16 février 2013 à 1536

Mise au ver dans l’Himalaya

Se sentant responsable du dramatique échec d’une expédition dans l’Himalaya, l’alpiniste Ward Donovan a pris une retraite anticipée et s’est installé depuis peu dans le Colorado, faisant fi des règles élémentaires de diététique et enseignant à de jeunes crétins les joies de la grimpe.  Mais sa situation va changer quand il reçoit la visite de Barton, un ambitieux homme d’affaire. Ce dernier requiert son assistance pour organiser une expédition de secours dans les hautes montagnes du Bhoutan. Rejetant dans un premier temps la proposition de Barton, l’ancien guide change d’avis quand il apprend que Kate, son épouse, fait également partie de l’aventure. Ward Donovan va alors découvrir, dans un pays où règnent superstition et rigueur policière, à plus de 7000 mètres d’altitude, que toute légende a son fond de vérité…

Situé au cœur du Bhoutan, culminant à 7570 mètres, le Gangkhar Puensum est le plus haut sommet à n’avoir pas été vaincu. Et pour cause ! Pour des raisons exclusivement religieuses, le gouvernement de Thimphou interdit depuis 2003 de mener toute expédition d’alpinisme dans son pays (l’ascension du Gangkhar Puensum est, elle, prohibée depuis 1996). Les dernières tentatives, toutes infructueuses, datent donc du milieu des années 80. Les personnes y ayant participé ont tous relevé la difficulté de l’ascension et les terribles conditions climatiques qui règnent presque en permanence sur les versants du Gangkhar Puensum. Un sommet inviolé. Terra incognita. Il n’en fallait pas plus pour attirer l’attention du réalisateur Sheldon Wilson, toujours en quête de légendes et de lieux sacrés  pour alimenter Syfy, The Asylum ou CineTel en scénarios originaux, à défaut d’être de qualité.

Au fan de séries B nanardesques, nul besoin de présenter Sheldon Wilson. Il bénéficie auprès d’eux d’une réputation de réalisateur de séries B assez talentueux. Pour les autres, sachez le gus a offert aux catalogues de direct to DVD quelques belles perles, comme Kaw et ses corbeaux tueurs, Carnage et ses gargouilles tueuses, Mothman et son… euh, mothman tueur… Si vous êtes un lecteur attentif, vous avez donc sans doute remarqué que Sheldon Wilsonaime les créatures tueuses – et l’homme n’hésite d’ailleurs jamais à agrémenter ses œuvres grand public de quelques plans gores. Son film le plus connu est probablement la séquelle de Planète hurlante, un film fauché, un brin stupide, mais bien maitrisé techniquement et doté d’un bon climax. Le cinéaste est également un spécialiste des téléfilms catastrophes cheap, principalement réalisés pour le compte de la société canadienne CineTel. Ainsi, tempêtes de neige (Snowmaggedon) et vents violents (Megacyclone) composent d’autres lames de son couteau suisse cinématographique. Cela tombe bien car Killer Mountain exploite une grande partie des thèmes désignés ci-dessus.

Les roches maudites, lors de son pré-générique, apparait comme un film exploitant le mythe du yéti. En fait, pas du tout. Aucun abominable homme des neiges ne se présentera à l’horizon. Durant une bonne heure, le scénario nous propose un mélange assez inégal entre un thriller d’aventure en milieu hostile et un film de SF faisant intervenir un gigantesque ver surgissant des anfractuosités de la roche pour saisir ses pauvres victimes. Une partie qui ne se montre chiche ni en incohérences (que mange ce ver, hormis de rares alpinistes, en ce désert de glace et de rochers ?) ni en clichés éculés (le brave guide culpabilisant) et encore moins en élément sous-exploités (le produit pour ne pas souffrir du mal de l’altitude, qui évoque Vertical Limit).  Heureusement, malgré ce scénario médiocre et les limites techniques imposées par une production bon marché (cf des CGI extrêmement perfectibles), Sheldon Wilson parvient à donner à son métrage un aspect visuel et un rythme convenables et, encore une fois, il affiche son talent à exploiter au mieux le moindre dollar, en jouant avec habileté les cadrages et le montage.

La surprise, qui fait basculer cette série B dans le domaine du nanar jouissif, survient à une demi-heure de la fin. Killer Mountain bascule à ce moment (et cela durera jusqu’au final) dans un univers délirant, fait de créatures extra-terrestres, de fontaine de jouvence, d’agressifs soldats bhoutanais et de cités interdites. C’est absolument n’importe quoi, on se croirait dans un mauvais volet d’Indiana Jones ou du jeu vidéo Uncharted, mais le tout nous est balancé à la figure sur un rythme cartoonesque plutôt divertissant. On prend conscience que le scénario récupère toutes les légendes liées au massif himalayen (y compris celle de l’ordre noir nazi) pour en faire un grossier magma narratif qui n’a aucun fondement, hormis celui d’offrir quelques séquences d’action aux fragrances pulps. Vous me direz, c’est déjà pas mal.

Du coté de l’interprétation, le bedonnant Aaron Douglas compose un as de l’alpinisme absolument pas convaincant et l’explication à cet embonpoint fournie lors de l’entame du métrage ne l’est guère plus. De plus, quand le rythme s’élève, que Killer Mountain se transforme en un film d’action horrifique, le comédien conserve ce jeu bonhomme qui avait rendu son personnage attachant dans la série Battlestar Galactica mais qui, ici, le transforme en un héros aussi crédible qu’une Mimie Mathy transformée en ange gardien (hein ? Quoi ? Comment ça, c’est un mauvais exemple ?). Mais bon, son capital sympathie étant assez important, on subit l’incongru de cette situation avec une relative tolérance. A ses cotés, Kate Donovan, le personnage principal féminin, est interprété par Emmanuelle Vaugier, une ravissante canadienne souvent rencontrée au hasard des séries télévisées (c’est, entre autres, le détective Jessica Angell des Experts Manhattan et Mia, dans Mon oncle Charlie). Les amateurs de films d’horreur se souviendront, eux, qu’elle incarne l’un des principaux protagonistes de la franchise Saw. Une actrice au panel de compétences assez large, donc, et elle le prouve encore ici avec une prestation ma foi forte honorable.

La conclusion de

Avec Killer Mountain, Sheldon Wilson prouve une nouvelle fois qu’il est le réalisateur le plus consciencieux à œuvrer pour les compagnies DTV comme Syfy et CineTel. Ici encore, avec une poignée de dollars (canadiens, qui plus est !), il parvient à tirer le meilleur d’un scénario médiocre et d’un casting mal pensé pour nous offrir un spectacle SF horrifique tout à fait regardable. C’est d’autant plus méritoire que le métrage n’affiche aucun traitement second degré. Plus artisan que tâcheron, ce cinéaste perdure dans son effort à offrir aux spectateurs le travail le plus soigneux possible. Si tous ses confrères pouvaient s’en inspirer…

Que faut-il en retenir ?

  • Une réalisation appliquée
  • Un bon rythme
  • Une dernière demi-heure nanardesque

Que faut-il oublier ?

  • Un scénario médiocre
  • Un casting mal pensé
  • Trop de poncifs et d’incohérences
  • Des CGI perfectibles
  • Absence de second degré

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