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Critique de la série télé : Alcatraz [2012], par André C.

Avis critique rédigé par André C. le lundi 21 janvier 2013 à 01h37

Prison Failed

L'air de rien, le producteur et réalisateur J.J. Abrams a acquis une place rare à Hollywood. Au point que son statut est l'objet de multiple raccourcis. En effet, on a coutume de dire qu'il est l'homme derrière Alias, Lost et Fringe. Or, ce serait sous-estimer l'importance des showrunners Damon Lindelof et Carlton Cuse sur Lost et les Roberto Orci et Alex Kurtzman sur Fringe. Sur Alcatraz, si les médias l'ont encore une fois étiqueté « nouvelle série de Abrams » (en même temps, c'est bien son studio Bad Robot qui s'en occupe, d'où le mention d'Abrams en tant que producteur exécutif), le vrai showrunner est en fait Élizabeth Sarnoff, la créatrice. Cette nouvelle production était contrainte de toucher un large public face à l'émission Dancing with the  Stars qui rassemblait plus de 15 millions de téléspectateurs chaque semaine. Ça n'a absolument pas été le cas puisque l'audience a chuté très rapidement.

Il faut dire que la série-événement partait sur des bases bancales. De nos jours, à San Francisco, l'agent du FBI Rebecca Madsen (Sarah Jones) enquête sur une mort mystérieuse. Un personnage énigmatique, Emerson Hauser (Sam Neill), lui met des bâtons dans les roues, mais grâce au professeur Diego Soto (Jorge Garcia), passionné par la prison d'Alcatraz, elle découvre que cette affaire a un lien avec les centaines de disparitions non élucidées dans ce centre de détention. Effectivement, peu avant sa fermeture en 1963, des détenus et des gardiens se sont évanouis dans la nature sans laisser de trace. Emerson Hauser révèle que ces personnes portées disparues réapparaissent depuis quelques temps dans les environs et sans avoir pris une ride.

En somme, rien de franchement original puisque l'on trouve ici un peu de Lost, de Fringe et même du 4400. De Lost, il y a le lieu isolé (et oui, encore une île) qui est la source de toutes les attentions, et l'impact du passé sur un environnement contemporain. Toutefois, si l'île de Lost a des allures de Purgatoire, l'île au large de San Francisco est vite décrite comme le lieu de sombres secrets, une sorte de version maléfique de celle des naufragés. Pour Fringe, on a un semblant de déjà-vu avec ce duo d'enquêteur composé de Madsen et Soto, un duo pas très convaincant d'ailleurs, car on a bien du mal à croire que Soto puisse avoir des accréditations si vite sans une expérience de terrain : il accompagne Madsen comme un vrai co-équipier, alors qu'à priori, le rôle de Soto se limite à un simple informateur. En ce qui concerne les 4400, on a presque l'impression d'assister à une simple resucée, avec ces réapparitions de personnes portées disparues depuis quelques décennies, sans que leur corps ne s'en retrouve affecté.

La construction même des épisodes rappelle cette série terminée en 2007. Chaque épisode montre la réapparition d'un nouveau détenu et la recherche pour le ramener en cellule. Les investigations sont montées en alternance avec les circonstances ayant précédé la disparition en 1963. La mécanique rappelle Lost mais le canevas narratif renvoie aux 4400.

Évidemment, on peut reprocher à Alcatraz de mettre du temps à démarrer (il faut attendre la moitié de la cuvée pour commencer à cerner où la série veut en venir), il faut considérer le fait que les scénaristes avaient sans doute prévu un plan sur quelques saisons et que cette première fournée a donc été conçu comme une simple introduction. De cette manière, la différence majeure entre ce Alcatraz et les précédentes productions de Abrams résident simplement dans cette opportunité que les autres ont eu de s'installer.

Ainsi, passé les six premiers épisodes, le niveau qualitatif commence à s'améliorer, sans pour autant atteindre des sommets, loin de là. Une situation qui s'explique par le changement de showrunner (Élisabeth Sarnoff a cédé sa place à Daniel Pyne et Jennifer Johnson), Alcatraz devient un peu plus nerveux. Un constat auquel ne doit pas non plus être étranger Jack Bender. Ici réalisateur et producteur, Bender est un collaborateur de longue date de Abrams puisqu'il est l'un des réalisateurs réguliers de Alias et de Lost, dont il a même été l'un des producteurs exécutifs. Cet arrière-goût de déjà-vu n'a pas que des inconvénients puisque cela permet de retrouver le charme des précédents show de Bad Robot dans l'aspect du relationnel des personnages. Au début, la mécanique est un peu apparente, mais au bout de quelques épisodes, l'alchimie se créée, aussi poussive soit-elle.

Néanmoins, il faut bien admettre quelques bémols qui freinent la dynamique de l'ensemble. Sarah Jones, dans la peau de Rebecca Madsen, a beaucoup de mal à porter la série sur ses épaules, elle paraît trop fragile dans son rôle de femme forte. Jorge Giarcia s'en sort mieux mais leur duo sonne faux. Quant à Sam Neill, il semble s'ennuyer. L'acteur, qui restera pour l'éternité le Docteur Grant de Jurassic Park et le Jack Trent de L'antre de la folie, se contente de donner le minimum syndical en Emerson Hauser. Il est en de même pour Parminder Nagra, transfuge de Urgences. Il faut dire que c'est sans doute la durée de vie relativement courte de la série qui a dû annihiler toute espoir pour eux de donner de l'envergure à leur personnage, pourtant prometteur.

Ajoutez à cela le manque d'intérêt que présente plusieurs détenus (une lacune que l'on retrouvait déjà chez plusieurs naufragés dans la précédente série avec l'île mystérieuse) et on commence à comprendre pourquoi la mayonnaise n'a pas pris. Depuis Lost, les séries avec un grand mystère à la clé commence à s'accumuler (The Event, FlashForward,...), d'autant plus que le final de ce modèle est encore sujet à polémique. Il est donc fort dommageable que Alcatraz trouve un souffle très tard, ne la laissant pas dépasser le seul statut de divertissement vite vu, vite oublié.

La conclusion de à propos de la Série Télé : Alcatraz [2012]

André C.
50

Victime d'un démarrage maladroit, Alcatraz met trop de temps à convaincre. Sa durée de vie ne lui permet pas non plus donner de l'ampleur à son postulat. Quelques pistes sont évoquées pour répondre aux questions et donner à l'ensemble un semblant de cohérence. En l'état, elle vient allonger la liste des productions télévisuelles dont le potentiel est à peine effleuré.

Que faut-il en retenir ?

  • Des personnages de plus en plus attachants ;
  • Une mythologie qui devient de plus en plus intriguante

Que faut-il oublier ?

  • Des premiers épisodes mou du genoux ;
  • Un duo vedette pas très convaincant ;
  • Des cas de personnes disparues à l'intérêt tout relatif

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