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Critique du Film : Citadel
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Critique du Film : Citadel

Avis critique rédigé par Richard B. le mercredi 5 septembre 2012 à 0701

Peur sur la ville

Tommy (Aneurin Barnard) et Joanne, dans l'attente de leur premier enfant, s'apprêtent à quitter leur domicile délabré pour un environnement et une vie plus agréables. Mais, parfois, des complications viennent à compromettre les projets les plus nobles. Alors que Tommy se trouve bloqué derrière une porte d'ascenseur, il assiste à l'agression de sa femme par une bande de jeunes garçons cagoulés. Battue férocement, Joanne n'a pas d'autre choix que d'accoucher de manière précoce. Si l'enfant est sauvé, la jeune femme se trouve désormais dans un coma profond. Suite à cette péripétie, Tommy va devenir agoraphobe (névrose phobique correspondante à la peur des lieux publics, des espaces ouverts ou encore de la foule).

La violence des jeunes aurait un impact traumatique sur la conscience de l’opinion publique britannique ? Eden Lake, Attack The Block, Harry Brown, Heartless... et maintenant Citatel, qui vient ajouter sa pierre à l'édifice d'une jeunesse qui se voit coupée de son innocence pour devenir un véritable objet de peur et d’agressivité. Peut-être même pourrait-on élargir ce positionnement au niveau mondial? En fait, sur le papier, on pourrait ne pas voir grand-chose de très nouveau dans le film de Ciaran Foy. Les influences (ou inspirations) semblent en effet assez multiples et cela outre ce thème qui pourrait encourager moult réflexions et débats sur les peurs générées par le comportement de la jeunesse de ce début du 21e siècle. En effet, une partie des futurs spectateurs pourraient ne voir en Citadel qu'une énième transposition de "Je suis une légende" dans laquelle un homme se trouve confronté à une horde de Zombies (excepté qu'ici Tommy n'est pas le dernier homme sur Terre bien qu'il se sente isolé et vulnérable) alors que d'autres pourraient y décéler une nouvelle inspiration barkerienne (ces jeunes cagoulés seraient susceptibles d'être d'une race non humaine avec un fort penchant pour l'obscurité). Donnons encore du grain à moudre à tous ceux qui aiment taper sur les films de cette catégorie : oui, Citatel présente quelques légères incohérences ou encore des changements comportementaux pouvant paraître trop rapides. Mais, pour autant, Citatel possède de nombreuses qualités qui rendent le film bien plus intéressant que la plupart des productions actuelles, et, plus simplement, qui en font un très bon film.

Citatel image 1

Tout d'abord, si on se projette dans l'esprit de Tommy, on verra que lui-même s’est forgé une sorte de citadelle intérieure, un enfermement conséquent de son traumatisme qui pourrait très bien conduire ses frayeurs à n’être que les fruits de son imagination. Une fortification d'autant plus essentielle qu'il estime être désormais le seul à pouvoir protéger son enfant. Il est d'ailleurs probable que le sentiment empathique vis-à-vis de Tommy se fera de manière encore plus spontanée lorsque le spectateur se trouvera être, lui aussi, un père de famille. À côté de cela, il est très facile d’appréhender les préoccupations de Tommy et de comprendre que Ciaran Foy pousse la réflexion autour de la violence et des peurs bien au-delà que le ferait un simple film de morts-vivants où le héros se contenterait d'essayer de survivre. À travers le fils de Tommy, le réalisateur / scénariste ne questionne pas que sur la peur de se faire agresser, mais aussi sur la peur d'échouer dans l'éducation de son enfant - si ce dernier venait à être laissé à de mauvaises fréquentations, il pourrait dès lors devenir lui aussi un monstre.

Si l’on se place dans l'esprit des "créatures à cagoules", on réalise qu’ils n'ont pas eu d'autres choix que de devenir ainsi, car eux-mêmes étaient prisonniers d'un lieu, d'un état d'esprit, propre à les transformer en ces êtres de violences. D'ailleurs, si l’on sort le film de son statut de divertissement hautement efficace, la solution offerte par le réalisateur pourrait paraître fortement douteuse et créer une certaine polémique. En tout cas, elle a l'avantage d'offrir une discussion et de poser un point de vue, même si Ciaran Foy n'en avait pas forcément conscience lorsqu'il a écrit son histoire (et il serait très intéressant d'avoir l'avis de l'intéressé).

Citatel image 2

Outre cet aspect, Citadel est aussi un thriller particulièrement efficace, au rythme intense, doté d’un visuel soigné - certes forcément terne en rapport au sujet, mais en parfaite adéquation avec son cahier des charges. Ainsi, l’audience venue assister à un spectacle construit autour du thème de la survie, avec son lot de séquences oppressantes, devrait être satisfaite, rien que sur ce point. Et si Ciaran Foy a déjà réalisé une certaine quantité de courts-métrages (et un premier segment pour d'un film à sketches), il démontre dès ce premier long-métrage qu'il est un réalisateur à très grand potentiel sachant comment instaurer une atmosphère, rendre un film narrativement fluide, et capable de signer des œuvres qui ne caressent pas forcément dans le sens du poil.

Du point de vue des acteurs, Aneurin Barnard (sosie de Elijah Wood) se montre particulièrement subtil dans son jeu et aussi sympathique que par moment inquiétant au vue de sa pathologie. Le personnage de Tommy étant quasiment sur tous les plans, il était important qu'il soit habité par un acteur capable d'assumer à la fois une forte présence, mais aussi maintenir un lien émotionnel et expressif. Par contre, s'il est évident que James Cosmo (Braveheat, le trône de fer...) apporte un charisme et une "gueule" indéniable à l'écran, son personnage pourra paraître un brin trop classique et même pas toujours bien écrit. Quant à Wunmi Mosaku, cette dernière se voit offrir quelques belles scènes et un personnage assez intéressant.

 

La conclusion de

C’est une fois de plus du côté des productions plus discrètes que l'on trouve une nouvelle petite pépite. Citadel, bien que n’apparaissant que peu original au premier abord, tire le meilleur du concept de cloisonnement - dans le sens propre comme dans le figuré - et surtout permet de suivre un personnage au traumatisme aussi déroutant que touchant. Mais, plus que tout, Citadel est un film ultra efficace construit autour de la peur.

Que faut-il en retenir ?

  • L'ambiance générale du film.
  • Un film avec de vrais thématiques.
  • De bons acteurs.

Que faut-il oublier ?

  • Un traitement peu original.
  • Quelques clichés du genre.

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