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Critique du Film : Dead of Night
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Critique du Film : Dead of Night

Avis critique rédigé par Nicolas L. le vendredi 27 juillet 2012 à 1648

Dylan Bof

Détective privé spécialisé dans les « affaires matrimoniales », Dylan Dog est contacté par une jeune femme dont le père vient d’être assassiné. Il refuse tout d’abord de se charger de l’enquête mais, quand son meilleur ami est tué dans des circonstances similaires, il revient sur sa décision et débute ses investigations. Dylan Dog va alors découvrir que le milieu underground de la Nouvelle-Orléans est étroitement lié à ces assassinats. Un univers interlope composé de loups-garous, vampires et autres créatures fantastiques qu’il connait bien pour l’avoir longuement fréquenté par le passé…

En récupérant ce célèbre personnage issu d’un fumetto (bande dessinée italienne) de Tiziano Sclavi, le réalisateur-scénariste Kevin Munroe (les Tortues Ninja) pouvait s’estimer armé d’un excellent élément narratif, propice à l’exploitation d’un univers fantasmagorique brassant des atmosphères hard-boiled, horrifiques et humoristiques. Cependant, le projet n’était pas sans risque. Blindé de références et de clichés, Dylan Dog, la bande dessinée, voit son efficacité reposer presque autant sur le style de traitement, qui se pose bien loin des standards américains (et évoque autant le cinéma gothique britannique, le gore italien que les fumetti et la BD belge) que sur la construction tortueuse du personnage central. Un exercice difficile, brillamment exécuté depuis un quart de siècle par le scénariste transalpin (assisté d’une pléiade de dessinateurs). Peut-être mal à l’aise dans la mise en place d’une telle ambiance  style « bouillon de culture geek », où voulant plus simplement flatter plus avant l’audience américaine fan de bit-lit (on pense à Anita Blake, tueuse de vampires), Kevin Munroe a fait le choix de s’éloigner, pour la construction de son film, du travail de Tiziano Scalvi… à un point que la manœuvre pourrait presque être considérée comme une trahison.

Dylan Dog : Dead of Night présente nombre de détails propres à agacer le puriste, voire même le simple lecteur de la bande dessinée. En commençant par la construction du personnage principal. Fi des problèmes d’alcool du détective privé, de sa faiblesse pour les jolies femmes, de ses goûts pour la musique métal et les pizzas ! Au contraire, Dylan Dog, choqué par la mort dramatique de sa fiancée, n’a aucune vie sentimentale et adopte un profil de gendre idéal ! Le script ne prend même pas la peine d’exploiter l’une des nombreuses psychoses du héros, comme son sujet au vertige, sa peur de l’avion… etc. Peu d’éléments, en fait, nous rappellent que l’on assiste aux aventures de Dylan Dog. On retient simplement qu’il conduit la même coccinelle blanche que celle de la bande dessinée, l’on voit, au cours d’une séquence, qu’il s’essaie maladroitement à l’art de la clarinette (qui, bien sûr, est un clin de Tiziano Scalvi à Sherlock Holmes) et l’on aperçoit furtivement dans le générique un bateau en allumettes - le modélisme est l’un des hobbys de Dylan Dog.  En fait, Kevin Munroe, en transposant l’environnement du fumetto de Londres et ses rues brumeuses au milieu nocturne et branché de la Nouvelle-Orléans (on a de nouveau droit au cliché du club privé fréquenté par goules et vampires), lorgne définitivement vers l’univers d’Underworld et de Blade, pour le cadre, et des shows TV comme Grimm ou Buffy contre les vampires, pour le ton.

A une époque où on ne compte plus le nombre de séries télévisées et de films mettant en scène des créatures fantastiques, le script de Dylan Dog, pour attirer l’attention, se devait d’être murement travaillé. Hors, Kevin Munroe se contente de récupérer, sans vraiment se les approprier, des éléments piqués à droite et à gauche, une méthode un peu fumiste qui fait d’œuvre une parodie horrifique, non pas exécrable, mais bien peu originale. Ainsi, son exploitation des zombies évoque Dead Heads et toutes ces séries B surfant sur le succès de Shaun of the Dead (elle développe toutefois les meilleures idées du métrage, comme cette association des zombies anonymes où se réunissent les morts-vivants en difficulté de réinsertion) et les rapports entretenus entre les vampires et les loups-garous ne différent guère – mise à part un choix de traitement plus léger - de ceux exploités dans Twilight ou Underworld. Certaine scènes apparaissent même comme de vulgaires copiés-collés piqués dans les grands succès du cinéma fantastique comme Beetlejuice ou Sleepy Hollow. Même l’aspect « film noir » se voit à peine appréhendé. Pourtant, il suffit de se rappeler du sympathique Détective Philip Lovecraft (voire Angel Heart, aux portes de l'enfer) pour s’assurer que fantastique et hardboiled peuvent faire bon ménage. Ici, le coté noir se résume à un bureau de détective, quelques plans sur les rues de La Nouvelle-Orléans et un héros taciturne essayant d’oublier un trauma. Un peu maigre. Les fans de Philip Marlowe repasseront.

Pour ce qui est de l’aspect technique, force est d’admettre que Kevin Munroe a su utiliser avec discernement son budget de 20 millions de dollars, d’où moins si l’on s’attarde sur le formel. La photographie est soignée, les effets spéciaux pas franchement  exceptionnels mais corrects (mention spécial au zombie géant), les chorégraphies de combats bien travaillées (le combat final avec la présence de Bélial, un impressionnant démon, est tout à fait regardable). Mais, là encore, on peut regretter le manque de personnalité dans le choix de traitement. Kevin Munroe se contente de récupérer et d’exploiter des recettes mille fois usitées dans le cinéma fantastique contemporain et, au final, nous offre un spectacle stéréotypé et dénué d’âme.

Pour la construction de son Dylan Dog, Tiziano Scalvi s’était inspiré de Rupert Everett (on se souvient d’ailleurs que le comédien britannique a interprété le rôle principal de Dellamorte Dellamore, l’adaptation d’une histoire de Tiziano Scalvi). Kevin Munroe a choisi, lui, Brandon Routh. Cet acteur qui a atteint en 2006 le sommet de sa gloire en interprétant un insipide Superman (Superman Returns, de Bryan Singer) se montre, une fois encore, aussi charismatique qu’une moule. Véritable boulet suspendu au train d’un récit qui n’arrive jamais à décoller, il est l’un des principaux déclencheurs de l’ennui qui saisit parfois le spectateur (avec l’absence d’un véritable méchant). Brandon Routh possède peut-être un physique assez proche de celui de Rupert Everett, mais il est loin d’en avoir la classe… et le talent ! Heureusement, Sam Huntington (présent également dans Superman Returns, tient donc !), dans le rôle de l’encombrant pote un brin gaffeur, parvient à compensé par l’humour le manque de présence de son partenaire, notamment dans les séquences où il a du mal à assumer sa condition « zombiesque ». Les puristes regretteront cependant que Kevin  Munroe n’est pas opté pour un Marcus présentant un profil plus proche de celui de la bande dessinée (un sosie de Groucho Marx). Dans les seconds rôles, la jolie islandaise Anita Briem parvient à éviter le piège du stéréotype de la garce et nous offre un personnage ambigu qui est finalement le mieux réussi du film. Les méchants, eux, victime du scénario, manquent de force, malgré les efforts louables de Taye Diggs et Peter Stormare.

 

La conclusion de

S’il reste un spectacle regardable, Dylan Dog déçoit. Avec un tel matériau de base dans les mains, Kevin Munroe aurait pu nous offrir, sinon un chef d’œuvre, du moins une série B suffisamment fun et déjantée pour marquer les mémoires. Trop sage, trop convenu, presque timoré dans sa réalisation, oubliant les particularismes de l’œuvre originelle, il échoue à faire de Dylan Dog autre chose qu’un banal divertissement, de plus plombé par le jeu atone de Brandon Routh.

Que faut-il en retenir ?

  • Un excellent matériau de base
  • Quelques passages amusants
  • Une réalisation appliquée
  • Un univers sympathique

Que faut-il oublier ?

  • Une réalisation impersonnelle
  • Un scénario conventionnel
  • Un Brandon Routh insipide
  • Un film qui trahit l’œuvre originelle
  •  

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