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Critique du film : Le Territoire des Loups [2012], par Richard B.

Avis critique rédigé par Richard B. le lundi 13 février 2012 à 18h42

Sueur froide

Lorsque John Ottway prend l'avion à destination d'Anchorage, il est un homme abattu souhaitant ardemment que la mort vienne le chercher. Son voeu se réalise presque à l'instant où un accident se produit durant le vol et que son avion s'écrase dans l'immensité du Grand Nord. Les survivants sont peu nombreux et bien que s'estimant de prime abord chanceux, ils doivent désormais faire face à des conditions climatiques extrêmes, mais aussi à une bande de loups qui désire plus que tout défendre son territoire.

Le territoire des loups - image critique 1

On ne le dira jamais assez, mais partir avec un scénario solide simplifie grandement les choses pour obtenir par la suite un bon film. Le Territoire des loups (The grey en anglais) est l'exemple même d'excellence en terme de qualité d'écriture (et sur bien d'autres aspects d'ailleurs). Bien que le registre du « Survival » a souvent été abordé, voire en est  venu à se répéter d'un film à l'autre, Joe Carnahan et Ian Mackenzie Jeffers (auteur de la nouvelle) ont traité leur film en totale opposition par rapport aux règles du genre qui dictent un fort usage d’hémoglobine et des personnages devenus - avec le temps - inconsistants et prévisibles. On soulignera même que, depuis une bonne dizaine d'années, les héros sont régulièrement des femmes. Un peu pour prendre en premier lieu cette tendance à contre-pied, les scénaristes ont opté pour une aventure essentiellement masculine. Joe Carnahan et Ian Mackenzie Jeffers traitent le concept de la survie non seulement dans le lieu et les situations, mais aussi dans la tête des personnages eux-mêmes. Il en ressort une poésie et une émotion rarement atteintes dans le genre. Ainsi, bien que ce soit le personnage de John Ottwa (incarné ici par Liam Neeson) qui soit, bien évidemment, celui traité avec le plus de minuties, on s'attache à chaque personnage et, à chaque tragédie, il en découle une émotion sincère vis-à-vis de celui qui quitte le groupe de survivants. On rencontre également des personnages qui pourront paraitre antipathiques au premier abord pour finalement se révéler bien plus nuancés, ou d'autres, semblant plus fragiles, mais qui, au final, montreront, dans les situations extrêmes, une grande force de caractère. Un des plus beaux morceaux d'écriture sera lorsqu'un des passagers, grièvement blessé durant l'accident d'avion, soit accompagné jusqu’à sa fin par le personnage de Liam Neeson, un peu comme s'il vivait cette mort lui-même. Ce passage à lui seul est d'une intensité comme on en voit - ou vit -  rarement au cinéma. L'autre aspect très habile en terme de péripéties : le danger ne vient pas seulement des loups, mais aussi des conditions extrêmes du terrain et de la température, ou plus simplement du temps. Au fur et à mesure l'épuisement et le problème de nourriture se rajouteront à l'adéquation.

Le territoire des loups - image critique 2

Bien que le cinéaste Joe Carnahan ait déjà démontré une maitrise de l’art derrière la caméra avec des films comme Mi$e à prix ou L'agence tous risques, on était loin de parier sur le fait qu’il pourrait faire preuve de subtilité. Jusqu'ici les films du réalisateur étaient plutôt du genre « bourrin », « tape à l'œil » avec un nombre effarant d’images à la seconde. Avec Le territoire des loups, Joe Carnahan change complètement de registre et de style de mise en scène, et de plus avec un brio que l'on n’aurait jamais soupçonné. Tout d'abord, le metteur en scène aime, à l'instar « des Dents de la Mer » à ne pas trop montrer ses loups, mais plutôt à suggérer leurs perpétuelles présences. Buées de respiration dégagées dans le froid, yeux lumineux dans le noir, traces de pattes dans la neige, bois qui craquelle, tout est bon pour nous rappeler que les prédateurs ne sont jamais trop loin, même s'ils n'apparaissent pas. Et comme Bruce, le requin du film de Spielberg, lorsqu'ils se montrent, ils se dévoilent plus imposants que nature, nous ne sommes pas devant des bêtes de tailles moyennes, mais devant des animaux faisant bien leurs 100 kilos. Cette approche « presque fantastique » reste pour autant très crédible, mais indirectement accentue le danger aux yeux du spectateur. Dans ses choix de mise en scène, Joe Carnahan aime aussi à déstabiliser « l' action » en traitant « l'avant » avec grande minutie et en installant merveilleusement une atmosphère de menace, mais aussi, en amenant avec tout autant de détails les conséquences de celle-ci. Mais pendant que l'évènement se produit, telle une personne qui se cacherait les yeux, qui verrait les choses à distance ou qui se serait évanouie, c'est à travers l'esprit ou simplement des ellipses habillement introduites que le réalisateur implique le spectateur. Ce dernier se doit ainsi, à l'instar du groupe de survivants, imaginer les blancs et recoller, via quelques indices, les morceaux du puzzle. Le plus bel exemple en sera le crash de l'avion, d'une intensité plus ressentie depuis « état second » de Peter Weir, ou pourtant on ne voit rien de ce dernier, hormis les quelques secondes de prémices, avant de se voir perdre connaissance et rentrer dans l'esprit du personnage de Liam Neeson. Une prouesse de narration par l'image et un montage exemplaire. Pour le reste, Joe Carnahan et son directeur de la photographie, Masanobu Takayanagi (Warrior, Babel...) signent des images soignées et pensées à la perfection, insérant à certains moments de la poésie dans les plans, et dans d’autres, exploitant un visuel froid qui retranscrit à merveille ce que peuvent endurer les personnages.

Le territoire des loups - image critique 3

Bien que le budget soit estimé à un peu plus de 30 millions de dollars, il apparaît à l'écran qu'il aurait pu couter deux fois plus. Surtout au constat de la qualité des effets spéciaux qui doivent beaucoup, entre autres, à Gregory Nicotero, maquilleur SFX de grand talent (il a travaillé sur des films comme Le Jour des morts-vivants, Evil Dead 2 et 3 ou encore Re-Animator 2), et James Paradis qui, quant à lui, a coordonné des effets spéciaux invisibles à l'œil. A la vue des conditions extrêmes des lieux de tournages, et du budget que cela demande de tout transporter en haute attitude - que ce soit au niveau humain comme matériel - on ne peut que saluer la façon dont a été menée cette entreprise.

On pourrait croire que le territoire des loups fait partie de ces projets ou tous semblent couler de source. Un peu comme si la qualité d'écriture, de la mise en image, comme de l'accompagnement musical (sublime composition de Marc Streitenfeld) , amenait les acteurs à exceller tous autant les uns que les autres. Pour le reste, cette addition est faussée, et la qualité exceptionnelle du jeu vient certainement d'éléments à ajouter pour obtenir ce résultat. Tout d'abord, le choix de la production à amener toute l'équipe tourner le film dans une montagne isolée du côté de Smither, une petite ville canadienne, ou les interprètes étaient tous conviés à rester au froid, sans profiter de caravanes ou autre lieu de conforts habituels. Il se dégage donc une forte authenticité qui démontre certainement que le décor naturel restera toujours un meilleur instrument pour un acteur qu'un décor de studios ou plus simplement qu'un écran vert. Ensuite, amener des acteurs à partager au même niveau ces conditions peu accueillantes a indéniablement joué dans l’esprit de cohésion de groupe. Et bien que le niveau global d'interprétation soit déjà bien élevé, on notera que Liam Neeson offre aussi certainement sa meilleure prestation, peut-être même au-delà de son grandiose travail sur le personnage d'Oskar Schindler. Liam Neeson et John Ottway sont indissociables, un peu comme si l'acteur avait trouvé le rôle de sa vie, peut-être aussi parce que sa vie elle-même fut marquée par la tragédie de la mort de sa femme - l'actrice Natasha Richardson - et qu'indirectement, le film parle d'un homme qui ne trouve plus de plaisir à vivre suite à la perte d'un grand amour… et que sa seule façon d'oublier est de se plonger dans son travail qui consiste de protéger des employés face aux animaux sauvages.

 

La conclusion de à propos du Film : Le Territoire des Loups [2012]

Richard B.
90

Le Territoire des loups est certainement ce que l'on peut voir de mieux en matière de « survival », interprétations aux sommets, séquences mémorables, film parfaitement immersif, une mise en scène remplie de tendresses et de brutalités, et un final coup de poing. Accrochez-vous, car durant pas loin de 2 heures vous allez être pris aux tripes. Et si au passage vous avez l'opportunité de rester jusqu'à la fin du générique, vous pourrez découvrir une ultime image qui pourra lancer bien des débats.

Que faut-il en retenir ?

  • Les acteurs sont tous remarquables.
  • Un film qui prend aux tripes.
  • Une mise en scène aussi poétique que brutale.
  • Un film qui reste dans votre mémoire durant plusieurs jours.

Que faut-il oublier ?

  • La salle de projection n'était pas chauffée.

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