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Critique du Film : Triangle
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Critique du Film : Triangle

Avis critique rédigé par Vincent L. le mardi 13 décembre 2011 à 1235

Histoire maline, scénario astucieux...

En quatre longs-métrages, Christopher Smith s'est construit une image d'artisan appliqué, capable de créer des séries B de qualité avec des budgets relativement peu élevés. Le cinéaste n'a malheureusement pas la reconnaissance du marché français, dont les distributeurs s'avertuent à sortir ses films directement en vidéo, qui plus est avec un décalage temporel énervant. Ainsi, deux ans après sa sortie sur le territoire britannique, Triangle, son troisième long-métrage, a débarqué en France par la petite porte. Certes, un film comme celui-ci n'est pas aisé à vendre au public de par la multiplicité de ses genres (à la fois slasher, film de science-fiction, film fantastique et puzzle scénaristique à twist final), en témoigne la bande-annonce du film qui dévoile pratiquement l'ensemble de l'intrigue. La vérité, c'est que Triangle est un film qui se doit d'être vu vierge de toute information afin d'être parfaitement savouré ; à défaut, il risque de s'avérer nettement moins surprenant.

C'est en effet sur la somme de ces effets de surprise que fonctionne intégralement le long-métrage. Ainsi, à partir d'un postulat de départ archi-classique (la balade en bateau qui tourne mal, pitch ne manquant pas d'évoquer des séries B très moyennes tel le récent The Reef), Christopher Smith a construit une histoire s'aventurant dans de multiples thématiques, et s'amusant à multiplier les effets de style via quelques artifices scénaristiques particulièrement efficaces. Difficile d'en dire plus en quelques lignes (sous prétexte de casser ce sacro-saint effet de surprise qui constitue le coeur de l'histoire), toujours est-il que le film se doit d'être découvert sans avoir engrangé d'informations préalables. Parce qu'en effet, Triangle ne fonctionne que sur cet aspect, ce qui, d'ailleurs, constitue sa principale faiblesse, et ce dans la mesure où on se trouve en présence d'un film qui ne parvient jamais à être plus que la simple illustration de son scénario qualitatif.

Christopher Smith a impeccablement peaufiné son scénario, c'est un fait. De part la multiplicité de ses angles de vues et à cause de la richesse de ce qu'il raconte, le spectateur aurait rapidement pu être perdu ; mais Smith n'est pas Lynch, cela ne l'intéresse pas d'égarer son public dans les méandres d'un script faussement compliqué. Ainsi, le fait de ne pas s'être laissé aller dans le travers d'une complexité gratuite donne clairement à Triangle un aspect ludique assez réjouissant. Parce qu'il est accompagné de manière plutôt didactique dans l'avancement de l'histoire, le spectateur peut se poser des questions sur la finalité de ce qui est raconté, essayer de deviner les évènements avant qu'ils n'arrivent, ou tenter de comprendre la fin avant qu'elle ne soit donnée. Accessoirement, les esprits chagrins pourront même essayer de débusquer d'éventuelles incohérences dans ce script (a priori il n'y en a pas, seulement quelques points flous amenant à des réponses peu précises).

Cependant, passé ces astucieux effets de style, Triangle ne réussit pas à aller plus loin que son statut de "film à twists". En effet, si Christopher Smith a impeccablement travaillé la formalisation de son scénario (il n'y a pas d'incohérences visuelles, tout comme il n'y a pas d'incohérences dans l'écriture), il a cependant oublié de réaliser son thriller. Ainsi, en terme de suspens, de tension ou d'angoisse, Triangle approche de l'encéphalogramme plat. Le tout se regarde sans autre intérêt que celui de suivre un scénario sympathique - et très efficace ceci dit - mais le fait est que l'on se fiche royalement de ce qui peut bien arriver aux divers protagonistes, et notamment à cette héroïne bien fadasse interprétée par une Melissa George sous prozac. En oubliant de faire peur au spectateur, Triangle souffre donc de quelques chutes de rythme, notamment dans sa partie centrale, incontournable vis à vis de l'histoire, mais qui peut moins s'appuyer sur des artifices scénaristiques.

Cependant, tout n'est pas à jeter dans la mise en scène de Christopher Smith, et notamment pas un travail formel ne manquant pas de rappeler des cinéastes comme Stanley Kubrick (la manière de filmer les longs couloirs du paquebot évoque Shining), ou M. Night Shyamalan (dans cette manière d'amener les twists scénaristiques) ; c'est d'ailleurs dans sa façon de reprendre et de détourner les codes visuels et esthétiques du slasher que Triangle est le plus intéressant à aborder, et démontre ainsi de la multiplicité de ses approches possibles. Techniquement, le film est de plus loin d'être honteux, Smith ayant particulièrement bien exploité ses quinze petits millions de dollars de budget, que ce soit dans les effets numériques (peu nombreux mais toujours bien fichus), les décors utilisés (le paquebot est somptueux), comme dans la photographie aussi discrète que classieuse de Robert Humphrey.

La conclusion de

Avec son histoire particulièrement maline, à mi-chemin entre le slasher et le film de science-fiction, Triangle s'avère être une excellente surprise dont l'intérêt va croissant à mesure que l'histoire avance. L'aspect ludique du long-métrage aura ainsi tôt fait d'intéresser les spectateurs curieux, qui chercheront à percer le mystère avant la fin et s'amuseront à débusquer les éventuelles incohérences. Cependant, sorti de cet astucieux - et au demeurant très efficace - effet de style, Triangle souffre d'une mise en scène plate. Christopher Smith, visiblement pris dans l'illustration formelle de son scénario, en oublie d'appliquer les règles basiques du thriller, et ne parvient jamais à poser de véritable tension. Difficile, donc, de ressentir quoi que ce soit vis à vis de ce qui peut arriver à cette héroïne en tout point insipide.

Que faut-il en retenir ?

  • Une histoire maline,
  • Un scénario ludique,
  • La multiplicité des approches possibles,
  • Mise en scène formellement appliquée,
  • Techniquement impeccable vu le budget.

Que faut-il oublier ?

  • Pas de tension, pas de suspens,
  • Quelques chutes de rythme,
  • Une héroïne peu attachante.

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