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Critique du roman : Abraham Lincoln, Chasseur de Vampires [2011], par Nicolas L.

Avis critique rédigé par Nicolas L. le jeudi 12 mai 2011 à 08h10

Abe vs les Suceurs de nègres

Oubliés mes gousses d’ail et mes fioles d’eau bénite. Oubliés mes couteaux. Je ne gardais que mes pieux, ma hache et mon esprit. C’est cette dernière arme qu’Henry passa le plus de temps à affuter. Il m’apprit à masquer ma présence aux perceptions animales des vampires. Comment utiliser leur rapidité à mon avantage. Comment les faire sortir de leur tanière et les tuer sans exposer mes membres et ma nuque. Mais parmi tous les enseignements d’Henry, nul ne fut plus précieux que les heures que nous passâmes à tenter de nous entretuer…

A la fin du 18ème siècle, impitoyablement traqués sur le continent européen, menacés d’extinction, les vampires ont été contraints de se lancer dans la quête d’un nouvel asile. Ils l’ont trouvé dans les terres du Nouveau Monde, qui se révèle à la fois un refuge sûr… et un garde-manger bien rempli.  En effet, profitant que les Etats-Unis d’Amérique soient l’un des derniers pays civilisés à pratiquer l’esclavagisme, les vampires du Sud se sont constitués un bien pratique cheptel de victimes à saigner. Oui, bien pratique, car qui se soucie du sort d’un Négre ? Finalement, acoquinés avec les riches propriétaires du Sud, ces créatures démoniaques n’ont jamais été plus à l’aise et en sécurité. Solidement installée dans un pays encore à demi-civilisée, cette communauté s’est de plus introduite dans tous les milieux aisés, et possède désormais une grande influence politique et financière. De nombreuses puissantes personnalités humaines se sont au fil du temps jointes à cette engeance démoniaque, autant par crainte que par ambition. Sûrs de leurs appuis, les vampires se croient donc vraiment prêts à faire front face à ce nouveau courant abolitionniste qui ébranle les fondations de la jeune nation américaine. Mais c’est compter sans un certain Abraham Lincoln, qui a un compte à régler avec ces hordes de créatures avides de sang humain… et l’humanisme de certains de leurs congénères.

Après avoir détourné un grand classique de la littérature (Orgueil et Préjugés), l’écrivain et scénariste Seth Grahame-Smith s’attaque à l’un des plus grands personnages de l’histoire américaine : Abraham Lincoln. A travers un récit mêlant commentaires d’un biographe imaginaire, extraits d’un journal fictifs et véritables citations historiques, le romancier s’amuse à refaçonner la vie d’Abraham Lincoln en transformant ce symbole de l’Amérique moderne en un redoutable chasseur de vampires. Pour ce faire, il n’hésite pas à égratigner certains personnages historiques, les assimilant à de véritables suppôts de Satan, comme le président confédéré Jefferson Davis, sacrément malmené par la plume de l’écrivain. Nombre de personnalités de l’époque, notamment celles appartenant au rang démocrate, ont de fait des accointances avec la communauté vampirique - le seul « sudiste » que Grahame-Smith n’ose pas diaboliser est le général Robert E. Lee. A contrario, il rend certaines personnalités nordistes plus « fréquentables » qu’elles ne l’étaient réellement, faisant par exemple du boucher ivrogne Ulysse S. Grant (et qui deviendra un président si incompétent que le néologisme « grantisme » est depuis un synonyme de corruption) un véritable héros de la lutte anti-vampire. Bref, vous l’avez compris, Seth Grahame-Smith s’est amusé à transformer la Confédération en un repaire de scélérats et un nid de créatures démoniaques.

Dans le fond, je n’ai pas vraiment été enthousiasmé par la démarche, elle n’apporte pas grand-chose à la réalité historique et apparait comme un peu vaine. Par contre, force est d’admettre que l’exercice mixant faits réels et éléments fantastiques est bien exécuté. Bien aidé par un collège d’historiens, Seth Grahame-Smith s’est vraiment attaché à reconstituer les évènements qui ont marqué la vie d’Abraham Lincoln. On découvre donc sa difficile jeunesse sur La Frontière, au sein d’une famille démunie ; ses difficiles débuts de commerçants au bord de la Sagamon; ses voyages à la Nouvelle-Orléans (ou Grahame-Smith lui fait rencontrer Edgar Allan Poe) ; ses débuts en politique ; sa brillante carrière d’avocat, etc. Il pousse même cette démarche en mettant en avant la maladie mentale de Mary Todd Lincoln. Plutôt habile, l’écrivain a profité de certaines zones d’ombre de l’histoire d’Abraham Lincoln pour y glisser quelques éléments fantastiques, faisant ainsi entrer, de façon naturelle, les vampires dans l’environnement du héros. Par exemple, la mort de sa mère en 1818 (Abraham n’avait alors que 9 ans et a été fortement marqué par cette perte) est la conséquence d’une dette non acquittée par son père. Le créditeur était un vampire. L’auteur récidive avec la mort de l’un des fils d’Abraham Lincoln, historiquement mort de la typhoïde. Ici, il s’agit de l’acte criminel de vampires confédérés.

Si le roman récupère de nombreux personnages historiques, il en est un qui sort directement de l’imagination fertile de Seth Grahame-Smith. Il s’agit du vampire Henry Sturges, une créature qui fera comprendre au jeune Abe qu’il « ne faut pas mettre tout le monde dans le panier ». Mentor d’Abraham Lincoln, ce vampire humaniste va jouer un grand rôle dans l’éducation du futur président, à la fois en sa qualité de précepteur dans la lutte contre le vampirisme barbare, mais aussi en instructeur de valeurs morales, comme la tolérance et de discernement. On regrette juste de ne pas en savoir plus sur le passé de ce personnage, et sur les raisons qui le poussent à agir contre ses frères de sang, en faisant de facto un traitre.

Une partie du texte narre les exploits de Lincoln chasseur de vampires. Mandaté par Henry Sturges, Abraham Lincoln part, parfois accompagné d’un ami, détruire l’une de ces redoutables créatures. Seth Grahame-Smith parvient à rendre ces brèves expéditions « crédibles » en jouant sur l’impressionnant physique d’Abe. Cependant, force est d’admettre que ces exécutions, assez vite expédiées, manquant de force, d’originalité et de tension, se révèlent à peine divertissantes. Au final, l’intérêt de ces passages ne repose que sur l’identité de l’exécuteur. La plume manque de verve, de puissance horrifique, et la prose est assez plate (l’édition française souffre de plus de quelques coquilles). En conséquence, les séquences d’affrontements entre humains et vampires apparaissent comme fades et peinent à nous captiver. La jeunesse d’Abraham Lincoln étant vraiment très intéressante et peu ordinaire - sans qu’il soit nécessaire d’y adjoindre des éléments fictifs -  ce manque de panache est peu dommageable dans la première partie. Par contre, cela devient vraiment gênant par la suite, lorsque devenu homme d’importance, Abe se lance dans le grand nettoyage de ce sud infesté de vampires suceurs de nègres.

La conclusion de à propos du Roman : Abraham Lincoln, Chasseur de Vampires [2011]

Nicolas L.
65

Plutôt bien construit dans une première partie qui traite de la jeunesse d’Abe, le roman part un peu dans le n’importe quoi par la suite, quand Abraham Lincoln se voit, devenu homme d’importance, chargé de nettoyer le Sud de ses vampires. Cela n’aurait pas vraiment été trop dommageable si les affrontements entre cet icône de l’histoire américaine et les vampires avaient été décrits de manière plus enlevée, mais là, force est d’avouer que Seth Grahame-Smith, par manque de fougue, peine parfois à nous captiver. Reste l’exercice de lier faits historiques et éléments imaginaires, qui est ici plutôt bien exécuté.

Que faut-il en retenir ?

  • Une première partie réussie
  • Un exercice de style plutôt bien mené
  • Une idée de base amusante

Que faut-il oublier ?

  • Un manque de force narrative
  • Une plume peu remarquable
  • Un fin un peu ridicule

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