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Critique du Téléfilm : Last Dragon

Avis critique rédigé par Nicolas L. le mercredi 6 avril 2011 à 17:36

Dragon polaire

Victime d'un accident qui lui a couté et la vie de son frère, et la destruction de son outil de travail, un routier de la route de glace se retrouve coincé dans un bled paumé du nord-ouest de l'Alaska. En attendant une indemnisation des assurances, il assure sa subsistance en effectuant quelques petits boulots d'homme à tout faire pour une petite communauté de chasseurs et de pécheurs vivant la pleine préparation des festivités du solstice d'hiver - qui marque le passage dans la nuit polaire. Mais, cette année, la journée barbecue va compter une convive de plus, qui ne va pas se contenter de quelques brochettes et de cannettes de bière... Privée de repas depuis plus d'un millénaire, on comprend d'ailleurs qu'elle ait l'appétit bien aiguisé.

Pour les cinéphiles, par son entame lorgnant du coté du film catastrophe, Last Dragon ne va manquer d'évoquer La Chose surgit des ténèbres, un classique du cinéma de science-fiction. En effet, même si dans le film de Nathan Juran, la rupture des glaces était provoquée par l'explosion d'une bombe et qu'ici (actualité oblige) l'on parle de réchauffement climatique, la conséquence est la même, à savoir qu'une horrible créature surgit du fond des âges se retrouve libérée de son carcan et - par dessus le marché - brusquement ranimée. Et là encore, aussi vivace que la mante religieuse de 1957, le monstre antédiluvien prend son envol pour punir l'humanité de son irrespect envers dame Nature.

A coté de cela, cette production CINETEL surfe aussi sur une autre mode: celle des thrillers à environnement polaire. Ainsi, le téléfilm de Steven R. Monroe ne manque pas de rappeler un certain 30 jours de nuit, avec sa petite communauté isolée s'apprêtant à entrer dans l'hiver polaire, ou Tale of vampires, un thriller horrifique suédois. Ici, cependant, les loups-garous et autres vampires sont remplacés par une créature encore plus improbable: une vouivre! Une vouivre étrange, d'ailleurs, qui affiche les mêmes caractéristiques de taille et de morphologie qu'un dragon, ce qui nous laisse à penser que les concepteurs n'avaient aucune idée de l'apparence de cette célèbre créature mythologique et qu'ils n'ont pas eu la curiosité de consulter une encyclopédie (pour une fois, donc, le choix du titre "français", Last Dragon, semble assez pertinent). Le spectateur éveillé - et un brin pinailleur - pourra également s'interroger sur les circonstances qui ont conduit cette création du folklore médiéval dans les fins fonds de l'Alaska. Une réponse leur sera fournie par le doyen de cette petite ville, délivrée sur un ton grave. Elle vaut ce qu'elle vaut: jadis, la vouivre fut condamnée à l'emprisonnement éternel par le dieu Odin, lequel, bien sûr, n'imaginait pas que, un millénaire et des poussières plus tard, les humains, par leurs actes inconsidérés, allaient détruire sa prison de glace.

Bref, à peine libérée de sa prison glaciale, la vouivre recommence à assouvir ses bas instincts, qui consistent à mettre en pièces tous les habitants du coin, tout en se construisant un nid douillet à base de vieilles épaves rouillées et autre divers matériaux de récupération - car il faut savoir que même privée d'un petit copain, la vouivre peut, telle l'Immaculée Conception, engendrer une progéniture. Par ailleurs, il est bon de noter que ses méthodes de chasse sont assez sophistiquées. Ainsi, pour attirer hors de leurs planques les villageois terrorisés, elle se sert d'appâts en utilisant la vieille technique du soldat blessé (pour l'occasion, il s'agit ici d'un médecin de campagne particulièrement increvable). Elle sait aussi surprendre les pécheurs, en surgissant de l'eau à la manière d'un dauphin de Marineland (le ballon sur le nez en moins). Enfin, elle pratique aussi la politique de la terreur, en balançant des têtes d'élans dans les piscines et en prenant grand soin à détruire les moyens de communication (mais pas tous, histoire d'entretenir le suspense). Bref, Marie la vouivre est une sacrée vicieuse...

Mais elle va tomber sur un os. Car on ne pas fait chier impunément un routier privé de bahut. Avec l'aide de quelques habitants (Odin, lui, semble ne plus s'intéresser au sort de la vouivre), cet étranger au physique avantageux (ce qui ne manque pas de créer quelques poussées hormonales parmi les filles en manque d'exotisme, d'autant plus que le bellâtre est bricoleur) va se lancer dans un combat ayant comme objectif la destruction de la bête. Parmi les compagnons de lutte de Jake (Nick Chinlund, vu dans Ultraviolet), on remarque surtout Claire (Erin Karpluk), la gérante du snack local, Hampton (la belle indienne Tinsel Korey, qui incarne Emily dans la saga Twilight), la jolie animatrice de la station radio et un colonel à la retraite fan de gros calibre (le regretté Don S. Davis). Les forces de police, elles, se résument à un sympathique duo d'incompétents, avec un sherif qui tourne de l'oeil à la vue du sang (John Shaw) et une adjointe amérindienne aussi empotée qu'inoffensive (Elaine Barnes). Une belle galerie de clichés, donc, qui évoquent bon nombre de personnages de séries B plus ou moins connues, comme Fog (pour l'animatrice radio), Tremors (pour le bidasse à la retraite) ou Arac Attack (les flics dépassés par les évènements).

Forts de ses stéréotypes et de son monstre improbable, Last Dragon est un spectacle assez rigolo, principalement grâce à son traitement au second degré qui le rapproche (en moins réussi, tout de même) de séries sympatoches comme Lake Placid ou Komodo. Le métrage joue même la carte, dans son final, de la parodie du film d'action métaphorique, avec un héros qui, au volant de son camion tout neuf, se lance dans un combat chevaleresque (et stupide, car n'ayant aucune chance, en principe, d'être victorieux) contre le dragon. On retient aussi les effets spéciaux, assez réussis (du moins, pour ce type de productions à budget restreint), avec notamment une imposante créature ailée plutôt bien modélisée, animée et incrustée dans l'image et des effets gore peu nombreux mais bien foutus. Bref, techniquement, une fois n'est pas coutume, Steven R. Monroe nous propose ici le fruit d'un travail appliqué, réalisé avec une bonne connaissance des moyens du bord - qui n'avaient rien de luxueux. De plus, le film bénéficie des très jolis paysages d'Amérique du Nord.

50

Nul doute, Stephen R. Monroe nous a, par le passé, offert bien pire que ce sympathique téléfilm au scénario débile mais divertissant et à la réalisation convenable. Alors, certes, il ne faut pas chercher une quelconque originalité dans ce produit d'exploitation qui ne cherche qu'à réutiliser les vieilles recettes de la série B à base de créatures géantes. Il faut accepter Last Dragon simplement pour ce qu'il ambitionne d'être; un modeste et récréatif spectacle télévisuel. De ce point de vue, c'est réussi.

Critique de publiée le 6 avril 2011.

Que faut-il en retenir ?

  • Une réalisation convenable
  • Une lecture second degré assez divertissante
  • Des effets speciaux corrects

Que faut-il oublier ?

  • Aucune originalité
  • Bourré de poncifs
  • Des personnages sans interet

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