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Miséricorde >

Critique du Roman : Miséricorde

Avis critique rédigé par Nicolas L. le lundi 7 mars 2011 à 13:16

Romance et dragons

Nous allions être sanctionnés uniquement parce que l’Esar était fou furieux, mais pour un tas de raisons qui n’avaient rien à voir avec moi et ce que j’avais pu faire. Il nous arrivait souvent de prendre des coups de règle sur les doigts sans toujours comprendre d’où ils venaient. Mais cette fois-ci, il y avait eu plus de grabuge que d’habitude, et c’était l’Esar en personne, pas une prude maîtresse d’école, qui infligeait la punition. Je veux dire, nous avions tous été convoqués, moi et les autres gars. Nous étions alignés sur ces chaises inconfortables qui sentaient la poussière et le vieux velours, sommés d’attendre à cet endroit que Balfour (dont la voix nous rappelait sans cesse qu’il avait été élevé avec tous les privilèges d’une garce de sang pur) appelait l’antichambre du châtiment…

L’escadrille Draco (une projection fantasy des Têtes brulées du commandant Boyington) est l’arme qui pourrait permettre au royaume de Vosltov de remporter une guerre qu’il mène depuis des siècles contre ses voisins, les belliqueux Ke-han. Montés sur leurs dragons de métal animés par la magie, les quatorze pilotes de l’unité sont considérés par le peuple comme les équivalents de rock-stars. On pardonne tous leurs caprices, leurs sautes d’humeur et leurs entorses à l’étiquette, les femmes sont à leurs genoux et leurs frasques font la une des quotidiens. Mais la tolérance du Esar a ses limites. Qui sont franchies quand Rook, le plus indiscipliné d’entre eux, bafoue l’honneur d’un diplomate étranger en couchant avec sa femme…

Miséricorde, premier de la saga des Cavaliers Dragon, raconte l’histoire de deux liaisons passionnées, deux aventures qui, au fil des pages, vont voir leurs trames se rapprocher pour finalement s’entrecroiser.  Deux histoires passionnelles qui mettent à rude épreuve les sentiments et les valeurs morales de quatre hommes. D’un coté,  nous avons la romance homosexuelle entre Royston, un célèbre magicien envoyé en exil provisoire, et un garçon de ferme un peu naïf nommé Hal. De l’autre, il y a les rapports tumultueux entre Rook, un pilote antipathique, et Thom, un jeune universitaire chargé par le Esar (un roi évoquant le tsar de Russie) de « sociabiliser » les membres de l’escadrille Draco. Nous sommes donc en présence de deux rapports de force, chacun ayant ses éléments dominants (Royston et Rook) et dominés (Hal et Thom), construits à partir d’éléments déclencheurs similaires qui sont deux histoires de fesses : Rook qui a séduit la femme de l’ambassadeur d’Arlemagne, et Royston, qui a eu des liaisons homosexuelles avec un… prince d’Arlemagne.

Le roman, durant sa plus grande partie  se consacre essentiellement à glisser le lecteur dans l’intimité de ces personnages à travers  une narration basée sur leurs points de vue, au gré des chapitres, en utilisant toujours un traitement à la première personne. Une méthode qui, dans les premiers chapitres, apparait comme un peu déstabilisante. Miséricorde est donc une œuvre intimiste et romantique, fortement humaine, se hasardant très loin des habituels sentiers empruntés par les écrivains de fantasy même si ici, comme souvent, les femmes sont à nouveau repoussées au second plan. On pourrait d’ailleurs s’en étonner, étant donné que Miséricorde est le fruit du travail de deux plumes féminines, mais il est aussi notable que les jeunes romancières mettent en avant des éléments peu rencontrés dans l’héroic fantasy « masculine », comme des héros homosexuels - à travers un choix de traitement ne laissant apparaitre aucune équivoque. Elles osent également, toujours au moyen de ce traitement à la première personne, nous mettre dans la peau d’un personnage totalement antipathique, voire détestable : Rook, un individu sans gène, imbus de sa personne et totalement misanthrope.

Joliment écrit, avec une véritable élégance de style (bien que quelques coquilles apparaissent dans la version française),  Miséricorde est un roman soignant ses personnages.  Jaida Jones et Danielle Bennett se sont réellement appliquées à nous familiariser avec les quatre principaux protagonistes et, malgré que cela sombre souvent dans une atmosphère un peu trop sentimentaliste (elles portent aussi un regard extrêmement féminin, donc un brin déformé et idéalisé, sur la psychologie masculine), elles parviennent à nous les rendre vraiment intéressants. Le problème majeur est, qu’en ce faisant, les auteures ne font véritablement démarrer l’intrigue qu’à la page 280 et, à trop se consacrer à la mise en scène de rapports humains (souvent larmoyants), elles oublient de nous faire découvrir l’univers des Cavaliers Dragon. Ainsi, si vous vous lancez dans la lecture de ce roman en espérant vous divertir avec pléthore d’exploits épiques et l'exploration d’un monde dépaysant, vous risquez d’être fortement déçu car Miséricorde est plus proche de l’œuvre romantique pour lectorat féminin que du roman guerrier ou aventureux. D’ailleurs, la plupart des actes héroïques mis en scène dans l’histoire sont amenés à notre connaissance via des récits postérieurs et il est très rare que l’on soit invité à les vivre en direct.

Par contre, force est de reconnaitre que Miséricorde ne laisse pas indifférent. Non seulement par l’intérêt que l’on peut porter aux personnages, mais aussi par l’entretien d’une efficace atmosphère baroque et humaniste.  De plus, quand Jaida Jones et Danielle Bennett se décident vraiment à se lancer dans l’exploration de l’intrigue, elles nous prouvent qu’elles ont énormément de choses à raconter et que l’univers des Cavaliers Dragon possède un véritable potentiel qui, pour peu qu’elles choisissent de s’y consacrer réellement, pourrait hisser grandement le niveau d’intérêt de cette saga pour le moment un peu trop fleur-bleue. A suivre, donc.

60

Miséricorde est un roman de fantasy romantique qui évite la geste épique et les aventures mouvementées pour, à travers les destinées croisées de quatre personnages, se consacrer à l’étude des rapports sociaux et amoureux. La magnifique et belliqueuse illustration de couverture (œuvre du génial Keikai Kotaki) est donc un peu trompeuse, et cela même si les dragons jouent un rôle certain dans le déroulement des évènements. La démarche de Jaida Jones et Danielle Bennett est tout à fait respectable (bien que parfois archétypale) mais il est dommage que cela se fasse au détriment de l’intrigue, qui ne débute réellement qu’au dernier tiers du livre. Un dernier tiers très intéressant, qui laisse espèrer une suite un peu plus captivante et un peu moins sentimentaliste.

Critique de publiée le 7 mars 2011.

Que faut-il en retenir ?

  • Des personnages principaux bien détaillés
  • Quelques éléments narratifs peu communs
  • Une écriture intéressante

Que faut-il oublier ?

  • Une intrigue qui tarde à se lancer
  • Un regard parfois un peu basique sur la psychologie masculine
  • Un aspect fleur-bleue parfois trop poussé
  • Un univers intéressant mais peu exploré

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