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Critique du film d'animation : Megamind [2010], par Vincent L.

Avis critique rédigé par Vincent L. le dimanche 12 décembre 2010 à 16h50

Un spectacle sans grand intérêt...

L'année 2010 fut particulièrement chargée en terme de films d'animation issus des studios Dreamworks. Ainsi, après l'excellente surprise du premier trimestre (Dragons) et la valeur sure de la mi-année (Shrek 4), voici que débarque le film familial des fêtes de noël : Megamind. En concurrence directe avec la dernière production des studios Disney (Raiponce, sortie la semaine précédente), Megamind s'éloigne du traditionnel domaine du conte de fée, dont est issu son concurrent, pour se positioner sur un concept plus geek, à base de super-héros et de vilains en tout genre. Par de nombreux côtés, le film rappelle ainsi le Moi, Moche et Méchant sorti il y a quelques mois, mais également le cultissime Les Indestructibles des studios Pixar. Ces trois oeuvres ont ainsi en commun de se pencher, de manière plus ou moins directe et approfondie, sur ce qui rend les vilains si méchants, et sur ce qui les pousse à agir contre les valeurs de justice et de paix pronées par leurs adversaires.

Megamind prend ainsi son point de départ dans un accident de parcours qui va amener un bébé, a priori pas prédestiné à devenir un diabolique génie du mal, à être élevé par dans une prison. Alors qu'un autre extra-terrestre va prendre la place qui lui était destinée au sein d'une bonne famille américaine, celui-ci va connaître une enfance plus difficile. Le prologue de Megamind, pas si idiot que ça (même si très caricatural), cristalise un certain nombre de réalités sociologiques relatives au déterminisme social, opposant un individu à qui tout réussi (Metro Man, physiquement très proche de la race humaine, qui vit dans un milieu social favorisé) à sa némesis nettement moins chanceuse (Megamind, physiquement très typé, élevé par des taulards). Ces dix premières minutes, plutôt intéressantes, laissaient ainsi espérer un spectacle sympathique. Mais passé le générique, les choses s'effondrent très rapidement, Megamind dévoilant à chaque minute d'énormes faiblesses.

En effet, très vite, on s'aperçoit que Megamind est finalement nettement moins subtil et efficace que ce que l'on avait pu croire au premier abord. D'infâme génie du mal, celui-ci devient en effet très rapidement, aux yeux des spectateurs, un affreux looser sans grand potentiel ; dénué de toute subtilité ou d'un double niveau de lecture dans ses agissements, Megamind est ainsi un personnage exubérant plus proche du bouffon que du super-vilain un peu raté (on sent, d'ailleurs, que le rôle a été conçu pour Will Ferrell). Du coup, sa relation avec le super-héros Metro Man s'avère beaucoup moins intéressante que prévue, tant on n'arrive pas à comprendre pourquoi les gens prennent au sérieux ses menaces (il est impossible de l'imaginer mettre au point un plan tuant ne serait ce qu'une seule personne). Pour résumer, Megamind est un vrai méchant de pacotille qui ne parvient pas vraiment à conserver l'attention du spectateur ; conséquence : on finit par se désintéresser de ce qui peut se passer à l'écran une fois Metro Man éliminé.

De plus, à côté de tout cela, le film semble être une somme de bonnes idées jamais correctement concrétisées. De la prise de pouvoir de Megamind à sa crise existencielle, en passant par la création du nouveau super-héros Titan, tout le potentiel qu'avait le scénario est au final complètement sous-exploité dans des suites de trop courtes saynètes, lesquelles ont, de plus, du mal à s'enchainer de manière fluide. Certes, certains gags fonctionnent très bien, et le filme baigne dans un certain aspect référenciel qui saura épisodiquement réjouir les fans du genre (notamment le superbe clin d'oeil à Donkey Kong) mais il apparaît, très vite, que l'histoire prise dans a globalité n'a vraiment aucun intérêt. Cela est d'autant plus vrai que les scènes d'exposition durent très longtemps malgré un intérêt limité, et que le retournement de situation final, nécessaire à ce que la morale soit sauve - comme le veut tout bon film familial - est malheureusement prévisible dès les premières minutes du film.

Ces lacunes scénaristiques ne sont pas compensées par la mise en scène quelque peu neurasthénique de Tom McGrath. Déjà responsable du molasson Madagascar, McGrath met en scène de manière plate et fade les nombreuses scènes d'action qui ponctuent le long-métrage. Résultat, le film souffre de véritables problèmes de rythme et de grosses longueurs tout au long de son déroulement ; ainsi, si Megamind ne dure, au final, que quatre-vingt dix minutes, on a l'impression qu'il s'est passé bien plus de temps que ça entre les génériques de début et de fin (on est très loin, ainsi, des fulgurances de Brad Bird dans Les Indestructibles). Du point de vue de la pure comédie, les gags peinent également à s'enchainer de manière fluide, notamment parce que ces derniers sont de qualité très inégales. On pourra d'ailleurs repprocher à DreamWorks de ne pas avoir su choisir le type de public auquel se destinait Megamind ; tel quel, il s'avère ainsi trop référenciel pour séduire les enfants, mais pas assez subtil pour pouvoir conquérir les adultes.

Techniquement, enfin, Megamind ne casse pas trois pattes à un canard ; malgré une animation plus que correcte, tout manque de relief dans cet univers synthétique où seulement huit personnages composent la totalité de la ville. Costumes, décors et visuels en tout genre sont réduits au strict minimum, et ne connaissent que très peu de changement pendant le film. Au niveau du doublage français, les choses ne sont pas non plus tellement réussies : si l'on excepte la très correcte prestation de Franck Dubosc (qui joue d'ailleurs astucieusement sur l'image du comique par rapport à celle de son personnage), les performances de Kad Merad et de Géraldine Nakache ne sont pas à proprement parler inoubliables. Reste malgré tout un aspect à sortir du lot : la part conséquente donnée au contenu musical, principalement constitué de sympathiques titres rock vintages (Guns & Roses, AC/DC, George Thorogood), qui s'avère d'ailleurs bien plus mémorable que la partition très bateau signée par le (trop) prolifique Hans Zimmer.

La conclusion de à propos du Film d'animation : Megamind [2010]

Vincent L.
40

Bien que doté d'un pitch sympathique qui laissait espérer un spectacle délicieusement décalé, Megamind déçoit tout du long de son déroulement. Jamais très drôle, souffrant de personnages peu charismatiques et manquant cruellement de rythme, le nouveau film des studios Dreamworks ne fonctionne pas vraiment. Le constat est d'autant plus vrai que le film ne semble s'adresser à aucun public particulier, trop référentiel pour les jeunes enfants, mais pas assez subtil pour les adultes. Au final, le spectacle n'est pas désagréable, mais s'avère terriblement insipide et donne constamment l'impression d'être passé à côté d'un sujet en or.

Que faut-il en retenir ?

  • Un certain nombre de gags efficaces,
  • Une excellente bande-originale,
  • Un prologue qui laissait espérer mieux.

Que faut-il oublier ?

  • Un scénario convenu et prévisible,
  • Des personnages peu charismatiques,
  • Souffre de nombreux problèmes de rythme,
  • Gags de qualités très inégales,
  • Ne cible pas de public précis,
  • Graphiquement pas très original.

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