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Critique du Jeu de société : Sobek
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Critique du Jeu de société : Sobek

Avis critique rédigé par Benoît F. le dimanche 24 octobre 2010 à 1533

Les marchands du temple

Sobek, dieu Crocodile et protecteur du Nil, réclame qu’un temple lui soit dédié. Ses adorateurs s’emploient donc à assouvir les désirs de leur divinité en entamant la construction d’un lieu de culte en bordure du fleuve millénaire. C’est alors qu’une véritable économie voit le jour : les marchés s’organisent et les felouques ne cessent de déverser leurs marchandises. La concurrence est rude entre marchands, la corruption s’immisce malicieusement et les prêtres de Sobek ne sont pas avares de malédictions.

 

UNE BIEN BELLE FELOUQUE

Sobek est présenté sous la forme d’une petite boîte rectangulaire aux couleurs vives. Très pratique à transporter, ce jeu jouit également d’illustrations plutôt joviales flirtant avec le style d’un certain Albert Uderzo. Effectivement, Astérix et Cléopâtre ne sont pas loin et ce choix graphique tend à présenter le jeu comme un divertissement ouvert à tout type de public. Concernant le matériel à proprement parlé, l’éditeur démontre encore une fois tout son savoir-faire en la matière : les règles sont limpides et utilisent des codes de couleur pour un apprentissage en douceur ; le thermoformage est parfaitement étudié, à la fois pratique et esthétiquement réussi ; pour finir l’ensemble du matériel (plateau, cartes, jetons) est de très bonne qualité et survivra aisément à de nombreuses parties.

Néanmoins, l’absence d’une aide de jeu répertoriant les effets des personnages et des évènements se fait fortement ressentir. Ainsi, la référence au livret de règles s’avérera constante lors des premières parties d’autant que les icônes utilisés sur les cartes Personnage ne sont pas particulièrement évocateurs.

 


AU NIL SOIT QUI MAL Y VEND

En tant que membre de la guilde des marchands, votre but est de prospérer et d’être en première place sur la piste de points victoire à l’issue de trois manches.

Chaque joueur reçoit une plaquette de corruption et un pion de la même couleur. Les cartes Marchandise et Personnage sont mélangées puis placées sous les neuf emplacements du plateau de jeu réservés à cet effet.

A son tour, le joueur actif doit choisir parmi trois actions possibles :

- Prendre une carte Marchandise (face visible) ou Personnage (face cachée). Seules les quatre premières cartes de la file sont disponibles et s’accaparer la première est gratuit. Par contre, si vous avez des vues sur la quatrième carte disponible, sachez que les trois premières viendront se glisser gentiment sous votre plaquette de corruption. Même sanction si vous prenez la deuxième ou troisième carte ; toute carte ignorée finit sa course sous le sceau de votre corruption. Ne pas respecter la loi des felouques n’est pas digne d’un mamelouk (désolé pour l’anachronisme…) !

- Jouer un personnage de votre main. Il en existe neuf dans le jeu dont sept possèdent des pouvoirs différents principalement axés sur les coups pendables et autres taquineries propres à la concurrence déloyale.

- Poser un lot de cartes de votre main. Il s’agit de poser au moins trois cartes Marchandise de même type. Plus tard dans la partie, il sera possible d’ajouter de nouvelles cartes (minimum trois) à un lot posé précédemment. Dès l’action réalisée, un jeton Evènement (malédiction, embaumement, crue, etc.) est choisi par le joueur actif qui en applique immédiatement les effets.

La manche se termine dès que la dernière carte de la file est piochée. Les cartes encore en main se retrouvent sous la plaquette de corruption si elles ne peuvent être posées par lot de trois. On procède alors au décompte de fin de manche. Chaque lot rapporte à son propriétaire un certain nombre de points de victoire calculé de la manière suivante : nombre de scarabées (représentant la valeur marchande d’une carte) multiplié par le nombre de cartes présentes dans le lot. Ensuite, on examine quel joueur possède le plus grand nombre de cartes sous sa plaquette de corruption. Le vil gredin corrompu jusqu’à l’os est alors sanctionné : par tranche de dix points qu’il aura engrangé grâce à ses lots et au cours de cette manche, le joueur descendra, sur la piste de score, jusqu’au prochain symbole du même type que celui où se trouve son pion.

La partie s’arrête à la fin de la troisième manche à moins qu’un joueur n’atteigne les 100 points à l’issue de la seconde manche. Le marchand totalisant le plus de points de victoire remporte la partie.

 

PETIT SCARABEE DEVIENDRA GRAND

De part son format et son design, Sobek s’impose comme un jeu accessible à tous. Les règles sont extrêmement simples, seule la connaissance des effets des personnages et des évènements demandera un petit temps d’apprentissage.

Par ailleurs, les parties s’enchaîneront sans lassitude, le renouvellement du jeu étant assuré par l’arrivée aléatoire des cartes Marchandise. Un sentiment de fluidité ressort de l’ensemble, les manches se déroulent sans parasitage pouvant être lié à une consultation intempestive des règles.

Le jeu fonctionne parfaitement dans toutes les configurations. De deux à quatre joueurs, le système de jeu ne connaît pas de faiblesses souvent récurrentes dès lors que l’on modifie le nombre de participants.

Tenir le rôle d’un marchand égyptien sous les yeux du dieu Crocodile n’est pas une mince affaire ! Il faudra jouer des coudes et surveiller ses chers collègues car Sobek n’est pas qu’un jeu d’achat et de vente de ressources : les coups bas y sont monnaie courante et la corruption demeure l’un des pivots du jeu. C’est d’ailleurs tout ce qui fait le sel de Sobek. Les coups de felouques dans le dos génèrent une ambiance à couteaux tirés tout en affichant une bonne humeur générale. En résumé, Sobek est un agréable jeu d’enfoirés !

La conclusion de

Sobek est un jeu de cartes à l’allure légère mais non dénué de tactique. Le principe de corruption avait déjà été utilisé, sous une autre forme, par Bruno Cathala dans Cléopâtre et la société des architectes. On remarquera également que Sobek possède des airs de Jaipur du même éditeur. Il s’agit donc d’un mariage heureux entre auteur et éditeur, relation fructueuse qui avait déjà donné naissance au très bon Jamaica. A noter la qualité de l’édition fidèle aux productions Gameworks. Au final, Sobek n’est pas un jeu foncièrement original mais suffisamment malin pour se faire apprécier d’un large public.

Que faut-il en retenir ?

  • Des règles simples
  • Des coups bas à tous les étages
  • Le matériel

Que faut-il oublier ?

  • L’absence d’aide de jeu répertoriant les capacités des personnages et évènements

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