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Critique du Téléfilm : Carnage
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Critique du Téléfilm : Carnage

Avis critique rédigé par Nicolas L. le lundi 27 septembre 2010 à 1926

Le freak, c'est chic

Afin de relancer son affaire, un patron de cirque ambulant, crapule de son état, achète au marché noir une étrange créature avant de se débarrasser, d'un coup de couteau bien placé, du fournisseur. Le soir de la première représentation, alors que le cirque s'est installé dans une petite bourgade sans histoire, le monstre parvient à briser sa cage, sème la panique dans le public... avant de disparaitre dans la nature. 

 La série Maneater est une collection de téléfilms et direct-to-DVD ayant pour sujet commun l'agression animale. La plupart du temps, le scénario de ces œuvres aux budgets modestes met en vedette un prédateur arraché à son milieu naturel ou transformé, par le biais de mutations, en un spécimen gigantesque et/ou particulièrement redoutable. Dans les deux cas, l'animal apparait comme considérablement énervé. Mais parfois, comme dans le cas de Carny, le récit repose sur les agissements d'une créature mythologique ou légendaire. Ici, en effet, la menace qui pèse sur un petit bled des Etats-Unis est le fait du diable de Jersey, une légendaire créature ailée qui fit la une des journaux américains au début du vingtième siècle, quand il fut signalé à de nombreuses reprises. Malgré de nombreux et solides témoignages (recueillis en janvier 1909 dans les Pine Barrens, au sud du New Jersey), personne ne parvint jamais à capturer ce mystérieux "animal" et aujourd'hui il a rejoint d'autres mythes - comme le Big Foot, le Thunderbird et l'Homme Papillon - dans la longue liste des légendes américaines. A l'époque, on prit même l'affaire très au sérieux, puisque le zoo de Bristol offrit la somme de 10,000 dollars pour sa capture..

Dans le film de Sheldon Wilson, ce diable de Jersey se voit attribuer une origine fantastique puisque son existence serait les conséquences d'une malédiction. Il colle ainsi à une vieille légende du 18ème siècle qui veut qu''il soit le 13ème fils d'une sorcière, maudit à sa naissance par sa mère. Dotée d'une apparence de gargouille, il assassine ses victimes, les dépèce et boit leur sang. C'est une entité maléfique, à l'intelligence primaire, qui compense sa petite taille par une grande vivacité, un tempérament enragé et une extraordinaire endurance aux blessures. Et c'est cette créature infernale que va devoir affronter le sheriff Atlas (interprété parLou Diamond Phillips) tout en tentant de calmer des concitoyens excités par les prêches d'un pasteur fondamentaliste. De plus, le sheriff va devoir composer avec les forains, qui voudraient récupérer indemne le monstre. Et à chaque agression mortelle, la tache du brave sheriff Atlas (qui porte son petit monde sur les épaules, bien sûr) se complique un peu plus...

C'est un fait: de part leur poids traditionnel, les foires aux monstres exercent toujours une certaine fascination sur le public américain. On peut s'en rendre compte avec cette première demi-heure de Carny, qui évoque à la fois La monstrueuse parade, La Caravane de l'étrange et tous ces films ayant pour décors les fêtes foraines et les cirques ambulants. Ainsi, durant cette première partie, la caméra de Sheldon Wilson nous balade dans l'un de ces lieux atypiques, qui dégagent l'ambiance étrange et fantastique propre à cet univers marginal et bigarré qui est celui du "Freakshow". Cette visite guidée - on accompagne un sheriff à la fois amusé et inquiet au cours de son inspection de routine - est d'ailleurs une bonne surprise. On se retrouve en effet devant une (petite) galerie de "freaks" réussis, un bel effort ayant été fait du coté des maquillages. Le tout est de plus traité avec humour, sans vulgarité ni condescendance, le plus ridicule du lot étant finalement, par son comportement hésitant, le visiteur. A ce moment, on s'inquiète juste pour la créature, dont l'on a pour le moment aperçu que l'ombre et quelques détails anatomiques à travers quelques plans furtifs.

Le scénario, comme de bien entendu, ne fait pas dans l'originalité; une simple chasse au monstre dans les bois. Il n'évite ni les clichés ni les situations prévisibles. Mais il n'en est pas pour autant ennuyeux, principalement grâce à la violence des attaques du diable de Jersey et la prestation plutôt convaincante d'un Lou Diamond Phillips qui, enfin, retrouve là le sympathique esprit bis dont il avait fait preuve dans La nuit des chauves-souris(il faut croire que les rôles d'homme de loi l'inspirent). Le film est d'autant plus divertissant qu'il ne s'éternise pas dans un aspect enquête qui aurait pu devenir vite ennuyeux mais entre rapidement dans le vif du sujet, à savoir les attaques de la créature. D'ailleurs, quand elle se dévoile vraiment, on est heureux de constater qu'elle n'est absolument pas ridicule. Malgré sa petite taille, elle parvient même à se montrer impressionnante. Convenablement modélisée, dotée d'un design convaincant, d'une bonne animation et bien incrustée dans l'image, la créature se révèle donc bien plus séduisante que toutes celles que l'on peut voir des les médiocres productions Syfy.

Si les agressions ne sont pas vraiment exposées à l'écran (nous épargnant ainsi la vision d'effets spéciaux perfectibles), le film se montre cependant gore lors de plans post-mortem sur des victimes déchiquetées. Souvent, Sheldon Wilson (qui a adopté en permanence un traitement classique, dans la plus pure tradition des séries B des années 80) fait montre d'une bonne maitrise dans sa réalisation, parvenant à contourner les contraintes d'un budget que l'on devine assez mince. Certaines séquences surprennent même par leur efficacité, comme lorsque le diable de Jersey, en vol, lâche sa victime qui s'écrase sur le capot d'une voiture. Les effets sanglants ne manquent pas et la séquence finale, très mouvementée et plutôt bien mise en scène, est riche en passages très démonstratifs. Le final présente d'ailleurs une petite surprise, avec une conclusion assez inhabituelle pour ce type de production. Bref, Carny est une petite série B qui remplit parfaitement son objectif premier, qui est de proposer aux amateurs de films d'horreur un spectacle divertissant, à défaut d'être effrayant.

La conclusion de

Carny est ce type de petite production dont l'on attend rien et qui, au final, se trouve être une bonne surprise. Le film de Sheldon Wilson est en effet une sympathique série horrifique, assez bien réalisée et proposant un monstre assez convaincant. Bien entendu, le scénario ne brille pas par son originalité mais il est suffisamment bien mis en forme, dans un style très années 80, pour que le spectateur puisse passer un agréable moment. A noter quelques effets gore réussis et un dénouement assez surprenant.

Que faut-il en retenir ?

  • Une réalisation appliquée
  • Une créature plutôt convaincante
  • De la série B respectueuse du genre
  • Un Lou Diamond Phillips plus impliqué qu'à l'habitude

Que faut-il oublier ?

  • Un scénario peu original
  • Des clichés, des personnages stéréotypés
  • Parfois un peu cheap

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