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Critique du Film : Plague Town
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Critique du Film : Plague Town

Avis critique rédigé par Nicolas L. le dimanche 8 août 2010 à 2357

Les enfants du whiskey

Une famille américaine à la recherche de ses racines se paume dans la campagne irlandaise. Après avoir raté le dernier bus, ils trouvent refuge dans un véhicule abandonnée au bord d’un sentier. Ils ne savent pas encore qu’ils se trouvent tout près d’un village peuplé par des familles de dégénérés, sadiques et assassins…

Même s’il reste des fidèles aux traditions (les Détour Mortel), c’est à croire qu’aux Etats-Unis, aujourd’hui,  il est de bon ton de trouver ses bouseux psychopathes ailleurs que sur le sol américain. Adieu les bons vieux rednecks cannibales et lubriques en salopettes armés d’arcs et de tronçonneuses, bonjour l’exotisme avec des voyages en Asie, en Australie, en Amérique du Sud et Centrale, dans les Balkans, en Russie ou, comme c’est le cas dans ce Plague Town, chez les cousins d’Irlande.  Mais qui dit changement de décor ne dit pas forcément changement de méthode. On se retrouve donc avec l’habituelle brochette de voyageurs un brin empotés embarquée dans un cauchemar qui n’a d’intéressant que ses passages mettant en scène les autochtones. Dans Hostel, c’était des friqués avides de sensations, dans Timber Falls des fanatiques religieux, dans Paradise Lost des trafiquants d’organes, dans The Shrine, des sectateurs païens.  Ici, il s’agit de dégénérés.

Dans Plague Town, les monstres sont les conséquences directes de la consanguinité, fruit d’un népotisme exacerbé. Une génération de sadiques difformes née il y a 14 ans, quand les adultes décidèrent de cesser d’assassiner à la naissance leur progéniture malfaisante. Depuis, les gamins déments- dont l’ainée, je suppose, est cette étrange fille en blanc au bandage sur les yeux - sautillent en ricanant dans les bois à la recherche de victimes à massacrer à coup d’enjoliveurs de voiture et de rameaux d’if. Quand aux adultes, ils ne sont guère plus fréquentables. A la recherche de sang pur et de mères porteuses saines, ils sont à l’affut de tout passage d’étrangers dans le coin. Dans le fond, on pourrait se dire : pourquoi pas ? Sauf que, en raison d’un récit brouillon et peu explicite, tout ça ne tient pas debout ! Par exemple, le script ne nous apprendra jamais pourquoi les adultes sont normaux (quoique… force est d’admettre qu’ils sont quand même bien timbrés) alors que tous leurs enfants subissent tant de tares.  On nous parle de dégénérescence génétique mais, dans le cas présent, ne s’agirait-il pas plutôt des conséquences d’une malédiction ? Des méfaits d’un démon ? L’attitude du curé en début de métrage peut le laisser penser, mais rien n’est moins certain (l’homme d’église, de plus, avait l’air aussi fou que ses ouailles). En fait, on n’en sait fichtre rien. Des pistes sont ouvertes puis abandonnées… Et c’est très agaçant.

Conséquence directe de cette absence de clarté ; le comportement des villageois finit par perdre toute crédibilité, et verse parfois dans le ridicule. Et ce n’est pas les réactions des monstres, au faciès déformé, portant occasionnellement des masques de chair, se réunissant à la manière de coven (on pense donc un moment être en présence d’un culte païen ou sataniste quelconque), parfois aveugles ou muets, qui amènent un peu plus de logique au récit. Au contraire ! On finit par ne plus rien comprendre et accepter que cette bande de dégénérés ait une attitude totalement incohérente. Et que dire de la méthode qu’utilisent les villageois pour avertir leurs concitoyens de la visite d’étrangers : taper sur une gamelle avec une cuillère en bois !  N’importe quoi ! Remarquez, le bruit résultant, aussi puissant que le râle extatique d’un lézard asmathique, amène deux scènes qui, à défaut d’être terrifiantes, finissent par être désopilantes.

Spécialiste des courts-métrages horrifiques et documentaliste prolixe, David Gregory nous propose un film à la réalisation appliquée mais très décevant dans son aspect gore. En effet, l’amateur de torture porn et de snuff en sera pour ses frais car Plague Town ne comporte que très peu de séquences horrifiques. Ainsi, si on peut relever que le film brasse des éléments de survival et, par son concept, peut être positionné entre La colline a des yeux, Hostel et Les Enfants du Maïs,  il est évident qu’au final l’on se retrouve devant un spectacle bien plus sage, essayant (en vain) de cultiver une ambiance plus fantasmagorique qu’horrifique. Quelques séquences sont néanmoins assez surprenantes, donc efficaces, comme lorsque l’un des étrangers se retrouve face un fermier aux arguments convaincants.

Pour ce qui est du groupe de victimes, pas grand-chose à retenir. Un père débordé par les évènements et ses deux filles – une pétasse blonde et une brune mélancolique qui ne peuvent pas se sacquer -, accompagnés de la belle-mère et du copain de la blonde. Un mélange détonnant. Le fil du récit est donc entrecoupé par les habituelles et usantes scènes de disputes où chacun s’envoie la responsabilité de la situation, avant qu’une ombre furtive ou un pleur de nourrisson ne mette un terme aux discussions dans une bouffée d’angoisse.  Dans ces conditions, difficile pour les acteurs, qui voient leurs personnages passer sans transition de l’état de casse-burne à celui de martyr, de se faire remarquer autrement que par des hurlements.

La conclusion de

A trop essayer de donner consistance à son récit en le bourrant d’éléments narratifs sans se donner la peine de les exploiter pleinement, David Gregory accouche d’un film indigeste et dénué de puissance horrifique. Pourtant, certaines idées apparaissent comme intéressantes (comme la jeune fille en blanc) mais, au lieu de les développer, le réalisateur perd un temps fou à nous exposer les banales disputes d’une famille en crise. En guise d’angoissant survival, l’on a donc droit à une demi-heure de drama familial suivie d’une heure trop peu fournie en passages horrifiques pour éveiller totalement l’intérêt du spectateur assoupi.

Que faut-il en retenir ?

  • Réalisation correcte
  • Quelques passages réussis

Que faut-il oublier ?

  • Un scénario brouillon
  • Un aspect survival guère efficace
  • Peu gore
  • Des personnages transparents

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