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Critique de la Bande Dessinée : Black Summer
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Critique de la Bande Dessinée : Black Summer

Avis critique rédigé par Nicolas W. le dimanche 25 juillet 2010 à 2153

Qui garde les Armes ?

"Bonjour. Je suis John Horus. Il y a dix minutes, j'ai exécuté le président des États-Unis. Ainsi que le vice-président et plusieurs conseillers. Je suis convaincu que la guerre en Irak est illégale et fondée sur des mensonges. Je suis convaincu que notre peuple et le leur meurent pour des histoires d'argent. Je suis convaincu que l'Amérique n'est pas libre."

Dans une Amérique très proche de la nôtre, où les Etats-Unis ont envahi l'Irak et où le 11 septembre a bien eu lieu, John Horus vient de tuer les membres du gouvernement. Il est le plus puissant de ceux que l'on nomme les Armes - il y en a sept au total - des humains améliorés par diverses technologies et qui, de ce fait, sont devenus des super héros. Selon lui, le gouvernement américain doit être repensé, des élections libres organisées.  Les autres armes doivent alors choisir comment réagir et notamment Tom Noir, un superhéros à la retraite depuis qu'il a perdu sa jambe. Le sort des Etats-Unis va se décider dans le feu des combats.

On connaît très bien Warren Ellis pour son formidable et monumental Transmetropolitan (le numéro 1 est critiqué ici) mais on le connaît moins bien pour d'autres parutions comme Océan, No Hero ou encore Black Summer. C'est ce dernier que Milady offre au marché français, un comics irrévérencieux et politiquement incorrect comme sait si bien le faire Ellis. Pour cet opus, c'est l'espagnol Juan Jose Ryp qui se charge de mettre en images les dernières frasques de l'américain. Un volume qui n'est d'ailleurs pas sans renvoyer au fameux Watchmen, comme le rappelle la quatrième de couverture. Voyons voir si cela se justifie à la lecture.

Si les Watchmen étaient plus des vigilantes que des superhéros, le groupe des Armes n'est assurément pas du même calibre. Nous nous trouvons en présence de véritables machines de guerre capables d'éliminer des divisions entières grâce à leurs améliorations en tout genre. Cependant, ce sont les idées de contestation du pouvoir et de l'incapacité du gouvernement à assurer la sécurité de ses citoyens qui se placent au centre du comics. Warren Ellis, d'origine anglaise et aujourd'hui aux États-Unis, semble avoir du mal avec la politique américaine récente et cela se ressent. Il profite de Black Summer pour fustiger le gouvernement américain, le 11 septembre et surtout la guerre en Irak. Avant de dresser un portrait au vitriol, Ellis ne peut s'empêcher d'exécuter le président Bush et tous ses acolytes. Une sacrée prise de risques mais tellement jouissive. Le problème d'Ellis ici, et contrairement à Transmetropolitan, c'est que le message qu'il passe s'avère très loin de la subtilité d'un ouvrage comme Watchmen. L'auteur vient avec un message simple et le démontre par quelques arguments tout en déroulant son histoire boostée à l'adrénaline. On regrette cet emportement mais le résultat ne doit pourtant pas faire honte à son auteur car formant un tout cohérent, subversif et jamais dispensable.

L'autre reproche que l'on peut faire à l'oeuvre, c'est le manque de développement de personnages qui, pourtant, ont tout l'air d'être très intéressants. Encore une fois, Black Summer s'affiche et se revendique comme un comics d'action bourré de testostérone et vitaminé à bloc. De ce côté, Ellis remplit parfaitement son contrat et l'amateur de gunfights et d'affrontements musclés en aura pour son argent. Le dessin de Juan Jose Ryp se révèle à la hauteur, bien qu'un peu trop brouillon en multipliant les effets et les détails qui noient un poil les scènes de combats. Le tout est saupoudré de couleurs vives et particulièrement seyantes au comics. L'histoire en elle-même vaut véritablement le détour, tout en nihilisme et en questionnement sur la responsabilité du pouvoir. En plus, Warren se permet de parler d'un élément assez peu énoncé de nos jours et pourtant très inquiétant, les entreprises de guerre privées dont seul un certain Metal Gear Solid 4 : Guns of the Patriots a parlé assez brillamment. Bref, si Black Summer ne peut prétendre à toucher la grâce de Watchmen,il peut néanmoins s'affirmer comme une excellente publication et lecture, dans la droite lignée déjantée et subversive à laquelle nous a habitué Warren Ellis avec Transmetropolitan.

"Si tu descends dans les rues de cette ville, brutalises la population et violes ses droits parce qu'une société de sécurité t'autorise à faire ce que tu veux tant que les gens restent terrés chez eux...Alors tu n'apportes rien à ce monde. Et quelqu'un doit t'éliminer, putain. Quand ceux qui foutent des vies en l'air se mettront à crever, ils seront moins à s'y risquer."

Remerciements à Amandine V. pour la relecture.

La conclusion de

Comics impertinent et haut en couleurs, Black Summer nous fournit une guerre rangée de surhommes des plus subversives. Warren Ellis affiche dans ce contexte un talent toujours égal et permet à cet opus de se hisser au rang de lecture recommandable. Porté par le dessin un peu brouillon de Juan Jose Ryp, ce manifeste anti-guerre d'Irak ne s'arrête pas qu'à des considérations guerrières et apporte quelques savoureuses tranches de réflexions politiques. Sans pour autant en atteindre la subtilité de propos et la profondeur des personnages, ce Black Summer s'affirme comme un descendant des Watchmens, avec tout le bon que cela peut comporter.

Que faut-il en retenir ?

  • L'action omniprésente
  • Tom Noir et John Horus
  • Le dessin
  • Le propos politique
  • Le ton irrévérencieux

Que faut-il oublier ?

  • Le propos peu subtil
  • Des personnages pas très étudiés
  • Un dessin brouillon

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