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Le Choc des titans >

Critique du Film : Le Choc des titans

Avis critique rédigé par Nicolas L. le mardi 13 juillet 2010 à 18:36

Swords and sandals a 120 patates

Dans leur luxueuse (mais un peu kitch) résidence du Mont Olympe (la première à gauche après l'Oracle de Delphes, avant la sortie pour les Thermopyles), les dieux se la pètent sévère dans leurs panoplies bling-bling piquées aux Chevaliers du Zodiaque. Mais cette apparences de puissance est trompeuse car Zeus a beau prendre un air assuré, Appolon faire le bellâtre et Athéna la fière-à-bras, le temps est à l'orage tant sont alarmantes les nouvelles venues du pays des culs-terreux. En effet, les misérables mortels habitant la cité d'Argos (Minas Tirith, échelle 1/100eme et transposée au bord d'une mare) ont décidé de se détourner de leur foi, et ils ont même commis un crime de lèse-majesté en mettant à bas l'une des statues du roi des Dieux.

Du coup, dans l’essieu… euh, pardon, dans les Cieux, ça gamberge. Que faire, se demande Zeus en se gratouillant la barbe? Comment reconquérir la piété de ces mortels ingrats et blasphémateurs? Hadès, sombre génie sans lampe, vision "jaffardienne" de Loki (avec un Ralph Fiennes qui en fait des tonnes dans le registre gnak, gnak, gnak), lui souffle alors la solution: rien de mieux qu'une bonne volée pour remettre les ouailles sur le bon chemin! D'ailleurs, force est de signaler que le dieu des Enfers et des pestilences, vraiment zélé, a déjà commencé à opérer, sans attendre l'autorisation de son boss. Malheureusement, au cours de son expédition punitive, il a coulé un bateau de pèche sur lequel se trouvait Persée et sa famille adoptive (un acte malheureux que l'on désigne pudiquement aujourd'hui sous le nom de dommage collatéral). Oui, famille adoptive, car Persée est en réalité le fils bâtard d'un Zeus fripon qui, un soir, tel Uther métamorphosé par Merlin, a masqué sa véritable identité pour abuser de Danaë; la femme du roi Acrisius (qui, du coup, va en pousser une grosse, de crise, et balancer le tout, mère et fils bâtard, à la mer)

Bref, Hadès, tout heureux d'avoir le feu vert de son divin frère, se rend en la cité d'Argos. Après une entrée théâtrale dans la salle du trône, il impose le marché suivant: dans les dix jours, Argos doit offrir au Kraken (sorte de poulpe mutant taille XXXL²) la princesse Andromède, faute de quoi le Titan détruira la cité! Ensuite, après avoir transformé une reine Cassiopée trop bavarde en papier crêpe, Hadès reconnait la nature semi-divine de Persée (qui est arrivé sur les lieux pilepoil à ce moment clé, bien entendu), la dévoile à une audience médusée (euh...non, ça, cela sera plus tard, disons sidérée) et s'amuse à le railler. Le fils de Zeus, vraiment contrarié par l'attitude de son oncle, affiche alors un froncement de sourcils qui sera son unique expression durant toute la durée du métrage (Ah... Sam Worthington, quel acteur formidable, quel charisme! Quelle subtilité dans le jeu!!). Par contre, à ce moment, le spectateur de plus de 7 ans ne va pas manquer de se demander: mais pourquoi donc Hadès a-t-il accordé un délai de 10 jours? Le temps de réunir Andromède en petites coupures usagées? Le Kraken serait-il parti en vacances dans les abysses avec son cousin Cthulhu? Que nenni, chers amis, ce laps de temps est simplement une astuce scénaristique permettant à Persée d'effectuer sa quête!

Car notre héros, qui a une dent contre Hadès, décide qu'il sera le héros qui tuera le Kraken. Belle résolution, approuvée par le roi et sa cour. Mais pour cela, il lui faut une tête de méduse – en tout cas, c'est ce que vont lui annoncer les sorcières du Styx, un trio de pythies pathétiques avec leur œil en latex (acheté surement dans un magasin de farces et attrapes) et leurs fripes Emaus. Vous allez me dire: mission fastoche, en mer Egée, les méduses, ce n'est pas ça qui manque! Détrompez-vous, car ces vieilles prédicatrices lubriques ne parlent pas de ces si communs cnidaires (de la famille des eumétazoaires - oui, contrairement au film, cette critique a vocation pédagogique) aux irritantes particularités, mais de la belle femme maudite par Athéna et transformée en une gorgone au regard pétrifiant et à la flèche facile!

Mais, auparavant, pour obtenir cette information, il va falloir pour Persée atteindre le Jardin du Styx, ou résident les trois Grées. Inspirée par la musique du Seigneur des Anneaux, la compagnie de Persée quitte Argos et prend la route, à grand renfort de panoramiques et de vues aériennes sur le désert arabique et la Moria. C’est joli. Aux cotés du héros figurent un groupe de soldats d'Argos (dont Draco, un homme qu’en cinématographie je nomme le « diseur d’évidence », le genre de gus qui commente tout ce que l’on voit à l’écran, des fois que le film soit projeté dans un centre spécialisé pour enfants en retard intellectuel) un duo de mercenaires perses dont l'un est la projection hellénistique de Gimli (joué par un Mouloud Achour tout content d’être là) et la jolie Io (rien à voir avec la fameuse génisse de Zeus, quoique... question pis...). En cours de route, les aventuriers vont même accueillir dans leur groupe un Wooky en bois, représentant d'une tonic race du désert désignée sous le nom de Djinns. Il s’appelle Suleiman et est interprété par un Ian Whyte décidemment abonné aux rôles masqués.

Au cours d'un très subtil jeu de l'Oie filmique, Persée va aller de la case de départ (Argos) à la case d’arrivée (L'antre de Méduse), un trajet ponctué de quelques pauses forcées qui sont autant d'épreuves périlleuses et de rencontres extraordinaires: la poignante mort d'une sandale, l'antre des sorcières du Styx, l'embuscade d'un Acrisius devenu supervilain sous le nom de Calibos, la première rencontre avec Pégase et le combat avec des scorpions géants. Puis, enfin, c'est la confrontation avec Méduse dans une grotte infernale d'où seul Persée sortira vivant, la tête de la créature sous le bras. C'est d'ailleurs le moment que choisi Calibos pour revenir à la charge. Heureusement qu'en cours de route Zeus a offert à son gamin turbulent l'épée laser de Luke (modèle 500BC). Un artefact bienvenu qui va lui permettre d'éliminer définitivement Calibos le casse-pied mais, hélas, qui ne sauvera pas Io, empalé un peu plus tôt sur l'antique braquemard (c’est un modèle d’épée courte et large, qu’allez-vous penser, bande de pervers !) du méchant.

Bon, à une demi-heure du dénouement, tout le film est vidé de ses seconds couteaux, on a fait place nette, c'est donc le moment de rentrer à Argos. Mais il va falloir faire fissa, car le Kraken ne va pas éternellement se pavaner devant Andromède, dans une baie bien trop étroite pour qu'il puisse s'y étirer les tentacules. Heureusement, comme Persée à utilisé une arme divine pour éliminer Calibos, Pégase, qui le reconnait désormais comme un dieu (oui, je sais, c'est con comme attitude, mais en même temps, Pégase c'est un cheval-pigeon, pas Albert Einstein), accepte de le porter jusqu'à Argos. Arrivé sur les lieux, Persée est tout d'abord invité à disputer une course de Quidditch avec un Hadès transformé en une bande de stryges (ou de harpies, j'sais pas trop) puis, une fois les volatiles matés, il pointe la tête de Méduse devant les yeux du Kraken, qui se transforme en pierre! Enfin, en un tour de baguette magique (enfin d'épée laser), le héros renvoie Hadès à ses chères et infernales études.

Avec son mélange hétéroclite d'éléments mythologiques gréco-latins (souvent erronés ou abâtardis), son Hadés plus proche de Langue de Serpent et d'Iznogoud que du puissant dieu du monde infernal et ses tonnes de clichés hollywoodiens, le scénario du Choc des Titans évoque un peu ces swords and sandals italiens culottés des années 50, dans lesquels Hercule, Maciste et autres Ursus accomplissaient leurs exploits tout en secouant leurs pectoraux huilés et leurs épées en mousse de latex. En fait, c'est un peu comme si on avait offert 120 millions de dollars à Giacomo Gentilomo pour faire son Maciste contre les Hommes de Pierre. Finalement, dans l'écriture, on ne se retrouve pas très loin du Le Choc des titans de Desmond Davis, dernier film à revendiquer une fantasy latine cheap et naïve. Toutefois, Le choc des Titans cuvée 81 était plus un film hommage qu'une véritable expérience cinématographique.

La différence entre ce remake et cette génération de films qui font désormais le délice des cinéphiles, c'est la réalisation d'un Louis Leterrier lorgnant sans retenu vers le cinéma de Peter Jackson mâtiné d’influences boom badaboom à la Michael Bay. Un manque de personnalité dans le choix des plans, de la bande originale (certains passages de la composition de Ramin Djawadi sont si proches de celle d’Howard Shore que cela frôle le plagiat) et du montage qui, appuyé par une distribution vraiment peu convaincante, finit par entrainer une certaine monotonie - même si techniquement il n'y a pas grand chose à reprocher au réalisateur français.

En fait, le seul véritable point positif du Choc des Titans se situe dans sa galerie de monstres, très bien modélisés (un petit bémol, cependant, en ce qui concerne une Méduse un poil trop artificielle) et souvent très impressionnants. Des conceptions numériques de qualité qui permettent d'accoucher de belles et épiques séquences de combat aux allures de jeu vidéo (donc belles et très dynamiques mais dépourvues de toute charge dramatique). Par exemple, le climax final est un bon moment de cinéma de divertissement pur, avec son lot de destructions, son monstre colossal, et sa course poursuite aérienne - puis terrestre - dans les rues d’Argos. Même si quelques petites incrustations CGI restent perfectibles, l’action est suffisamment bien menée pour entretenir l’indulgence du spectateur amateur de pop-corn movies et l’enthousiasme de nos petites têtes blondes (le film est d’ailleurs très sage dans le registre du gore et de la violence).

45

Le choc des titans est un blockbuster qui compense un peu son scénario minimaliste et puéril et son interprétation en demi-teinte par de bonnes séquences d’action. Le film s’adresse donc avant tout au jeune public, qui y trouvera son compte de combats épiques, et aux spectateurs amateurs de nanardises très friquées. La modélisation des créatures est également l’un des intérêts du film. Une galerie de monstres qui vaut à elle seule le visionnage du film de Leterrier.

Critique de publiée le 13 juillet 2010.

Que faut-il en retenir ?

  • Techniquement correct
  • Quelques belles séquences d’action
  • La modélisation des monstres

Que faut-il oublier ?

  • Un scénario sans subtilité
  • Un niveau d’interprétation très quelconque
  • Sam Worthington, aussi charismatique qu’une nouille.
  • Du cinéma kitch sans le charme du kitch

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