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Critique du Film : Inception
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Critique du Film : Inception

Avis critique rédigé par Vincent L. le vendredi 9 juillet 2010 à 1103

Pas un chef d'oeuvre, mais un putain de blockbuster !...

De film en film, Christopher Nolan se construit une filmographie aussi hétérogène que cohérente. Passant par des genres difficiles dans lesquels nombre de ses confrères se sont bien souvent cassé les dents (en vrac le remake, l'adaptation de comics, le film d'époque en costume), ce dernier a réussi à faire revenir les mêmes thématiques de film en film – frontière légère entre le bien et le mal, héros prisonniers de leurs mensonges, culpabilité, manipulation, obsession – tout en les plaçant sous l'égide plus générale du «polar». Ainsi, son Dark Knight était un film hardboiled avant d'être un film de super-héros, et Le Prestige, derrière ses tours de passes-passes scénaristique, cachait des thématiques de meurtre, de femmes fatales et de vengeance, comme à la grande époque du film noir. Inception, son dernier-né, ne fait pas figure d'exception : sous ses allures de blockbuster sf dopé à l'adrénaline se trouve un vrai film de braquage, reprenant une par une toutes les figures imposées du genre.

On retrouve ainsi dans Inception tous ces éléments vu mille fois ailleurs : le dernier coup risqué portant les promesses d'une retraite bien méritée, l'équipe de spécialistes brillants réunis pour l'occasion, les événements imprévus perturbant un plan pourtant impeccablement planifié à l'avance et, d'une manière générale, tous ces ingrédients scénaristiques s'apparentant à des clichés dans un film de braquage traditionnel. Néanmoins, plutôt que de s'en servir pour amener des retournements de situation prévisibles, Christopher Nolan les utilise pour mettre en place une histoire nettement plus complexe, à base de divers niveaux de réalité, de maîtrise des rêves et de manipulation du subconscient, le tout donnant au film une profondeur scénaristique. Ces éléments relevant presque de la figure imposée ne sont donc finalement présents que pour mieux accompagner le spectateur, et ainsi lui éviter de se perdre dans le labyrinthe d'un schéma scénaristique somme toute assez dense.

Car là est la grande force de Christopher Nolan : plus qu'un grand réalisateur, celui-ci est avant tout un fantastique raconteur d'histoire. Et, au vu de la relative complexité du script du film, force est de reconnaître qu'il a réussi là où beaucoup d'autre ont échoué avant lui, mettant en place une histoire sortant des sentiers battus et en accompagnant par la main de spectateur pour qu'il entre dedans sans ne jamais s'y perdre. Bien sur on pourra légitimement trouver à redire sur la destructuration temporelle du scénario – une constante dans la filmographie de Nolan – qui ne semble être là que pour retarder de bien précieuses révélations servant à offrir un petit twist final, mais, au vu de la réussite scénaristique d'Inception, ce serait pinailler que de s'arrêter là-dessus. Christopher Nolan offre donc au public un blockbuster vraiment intelligent, fouillé et sortant des sentiers battus, et se pose définitivement comme un cinéaste honnête ne prenant pas son public pour de parfaits demeurés.

Inception n'est ainsi pas le genre de film qui peut se regarder de manière léthargique ; bien que toujours parfaitement limpide, la narration oblige à faire quelques efforts intellectuels pour pouvoir suivre les pérégrinations proposées par le scénario, d'une part parce qu'elle s'attaque à des concepts quelque peu abstraits (le rêve, le subconcient), d'autre part car le script regorge de pirouettes scénaristiques et introduit constamment des éléments nouveaux qui vont constamment relancer la machine et apporter leurs lots de surprises à une histoire que l'on pensait plus balisée que ça. D'une manière plus générale, et au delà des fulgurances narratives, c'est la qualité générale de l'histoire qui va donner le plus de satisfaction. Inception est ainsi avant tout un film de braquage solide qui saura réjouir les fans du genre, une sorte d'Ocean's Eleven sauce sf, avec sa dynamique de groupe, son plan solide se dévoilant progréssivement au spectateur et son scénario ayant toujours un coup d'avance sur le spectateur.

Néanmoins, une nouvelle fois, Christopher Nolan ne transcende pas les limites inhérentes aux blockbusters et, notamment, au fait que ces derniers doivent être commercialement rentables. Il sait donc s'arrêter quand il le faut pour ne pas perdre en route son public, ne faisant jamais sortir son film des rails sur lesquels il est posé, et ne se permet pas la moindre excentricité qui pourrait nuire à la mécanique d'ensemble. C'est à cause de ce manque de folie que le film rate assez largement le statut de chef d'oeuvre. On aurait ainsi aimé que Nolan aille plus loin dans l'exploration des rêves et du subconscient, notamment dans l'utilisation de toute la partie sur les limbes, très décevante dans son traitement trop sage. La comparaison avec, notamment, l'univers visuel qu'avait mis en place Tarsem Singh dans The Cell pour représenter l'esprit humain – au delà de la qualité de son long-métrage, bien sur très inférieur - ne joue ici pas en faveur d'Inception, lequel s'avère parfois fade à ce niveau.

La mise en scène de Christopher Nolan est donc bien sage et, surtout, très propre sur elle malgré quelques coups d'éclats réellement remarquables (le retournement de Paris, les scènes de combat en apesanteur). On le sait désormais, Nolan n'est pas un cinéaste très porté sur le formel ; les scènes d'actions, à l'instar des celles des Batman, sont certes très correctes, mais ne portent pas en elles l'inventivité de celles d'un McTiernan, d'un Greengrass ou d'un Liman. En revanche, Nolan tire assez clairement son épingle du jeu dès qu'il s'agit d'instaurer dans son film des ambiances fortes. Celles mises en place dans les différents rêves d'Inception – et à l'exception de la partie "limbes" – sont de vraies belles réussites qui, au delà d'un plaisir visuel indéniable, servent impeccablement la narration : le spectateur peut ainsi visualiser immédiatement où et quand se déroulent tel ou tel évènement alors que le film se  déroule simultanément dans trois ou quatre niveaux de subconscients différents.

Visuellement, le film est servi par une technique impeccable. La photographie de Wally Pfister - les photographies pourrait presque t-on dire - offre une identité visuelle à chaque niveaux de réalité et le montage de Lee Smith, loin de cette mode clipesque insupportable, donne aux scènes d'action une lisibilité appréciable. Côté effets spéciaux, malgré quelques effets numériques pas extraordinaires - notamment la scène d'explosion à Paris dont le rendu est assez moyen - la sobriété dans à leur utilisation, et le fait que Nolan ait préféré utiliser des effets mécaniques, par exemple les séquences de rotation du couloir, n'amène pas Inception vers le travers de la débauche d'effets visuels inutiles ; ici, chaque plan truqué est justifié par les péripéties du scénario (la norme étant en général l'inverse dans les blockbusters). Seule la musique de Hans Zimmer, omniprésente et particulièrement lourde avec ses cuivres envahissants, gache quelque peu cette réussite d'ensemble.

Enfin, comment ne pas dire dire un mot sur le casting démentiel réuni pour l'occasion, et qui participe clairement à la réussite du film. En effet, c'est là l'une des faiblesses du scénario, les personnages mis en scène manquent sérieusement d'envergure et de profondeur, ne s'apparentant souvent qu'à de simples rouages scénaristiques. Fort heureusement, tout ces comédiens confirmés réussissent à palier à cette lacune en proposant un jeu solide. Si Leonardo DiCaprio campe un personnage principal au jeu solide, il se fait cependant voler la vedette par le charisme autrement plus impressionnant de ses collègues, notamment Cillian Murphy, qui livre très clairement la meilleure prestation dans un rôle difficile - celui du Pigeon - et Tom Hardy, qui impose un jeu à la fois classe et bourru, et introduit dans le film une petite dose d'humour rafraichissante. A noter également les apparitions appréciables dans des rôles très secondaires des toujours sympathiques Michael Caine, Tom Berenger ou Pete Postlethwaite.

La conclusion de

Si Inception passe assez largement à côté du statut de chef d'oeuvre, il n'en demeure pas moins un blockbuster estival sacrément réussi comme on aimerait en voir beaucoup plus souvent. De film en film, Christopher Nolan se pose donc comme un cinéaste intelligent, certes encore un peu trop sage, mais qui ne prend pas son public pour des crétins en lui servant des spectacles décérébrés. Film de braquage presque "à l'ancienne" sur fond d'actionner sf, Inception est donc une vraie belle réussite possédant un scénario solide, une histoire intelligente, un grand nombre de séquences impressionnantes et un casting de folie qui réjouira les plus cinéphiles, bref, Inception est LE blockbuster de 2010 qui, espérons le, en inspirera nombre d'autres dans les années à venir.

Que faut-il en retenir ?

  • Histoire intelligente,
  • Scénario brillant,
  • Fluidité narrative impressionnante,
  • D'excellentes ambiances,
  • Beaucoup de rythme,
  • Casting solide,
  • Effets spéciaux bien utilisés.

Que faut-il oublier ?

  • Mise en scène parfois trop sage,
  • Des personnages qui manquent d'envergure,
  • Bande-originale omniprésente.

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