75.OOO pixels viennent d'être aspirés dans un trou noir !
Le futur sera peut-être différent mais sur cette planète nous vivons encore grâce à la publicité.
Astuce N°4 : Au secours ! Un Publi-killer se ballade dans le coin. Une seule solution, le désactiver pour de bon.
On vous aime et nous vous souhaitons une bonne lecture. "Longue vie et prospérité !"
20th Century Boys - Chapitre 3 - Notre Drapeau >

Critique du Film : 20th Century Boys - Chapitre 3 - Notre Drapeau

Avis critique rédigé par Nicolas L. le jeudi 1 juillet 2010 à 19:31

Un Ami peu fréquentable

Troisième et ultime volet des aventures des Century Boys, Notre Drapeau (traduction littérale du titre japonais) prend immédiatement place après les évènements de l'opus précédent. Ami est désormais président du monde et dirige, via un subtil mélange d'oppression, de mesmérisme et de désinformation, tous les peuples et gouvernements de la Terre. Toujours aussi messianique, le mystérieux prophète, vivant dans un Tokyo transformé en une forteresse, annonce une terrible attaque extra-terrestre pour le 20 aout 2017, "et seuls ceux qui croiront en lui seront sauvés". Mais, malgré cette apparence de sapience et d'omnipotence, le fondement de l'empire d'Ami commence à s'effriter. En effet, certains de ses lieutenants, déçus et en recherche de rédemption, le laissent progressivement tomber et la jeune Kanna a réussi à lever dans Tokyo une armée clandestine qui mène la vie dure aux force de l'ordre. De plus, le terroriste Otcho s'est évadé de sa prison et l'on annonce l'arrivée prochaine de l'auteur de cette chanson devenu un nouvel hymne de liberté: Kenji Endo!

C'est donc avec un grand plaisir que l'on retrouve les personnages de l'un des meilleurs mangas jamais écrits et dessinés (pour mémoire, 20th Century Boys est avant tout un célèbrissime manga de 24 tomes de Naoki Urasawa). Tourné dans la foulée du précédent épisode, Notre Drapeau, toujours réalisé par Yukihiko Tsutsumi, reprend bien entendu tous les enjeux, les tenants et les aboutissants d'une intrigue générale plutôt complexe, présentant un arc principal riche en personnages et en situations, puisque se déroulant sur deux générations. Le scénario est ici d'autant plus riche en flash black que cet épisode est celui des révélations. Devant une telle masse d'éléments narratifs à traiter, Tsutsumi a donc été contraint de tirer un peu sur les rênes après nous avoir offert un deuxième opus un peu plus énergique que le premier, devant s'obliger à retrouver un rythme très posé, avec un grand nombre de séquences dialoguées. Au final, ce dernier film est le volet le plus lent de la trilogie, le spectateur devant attendre le début de son dernier tiers pour voir arriver les premières vraies scènes d'action. Amateurs d’action movies, vous voilà prévenus !

Le film n'en est pas pour autant inintéressant. Au contraire, l'intrigue est tellement captivante et si habilement dessinée que suivre les agissements de tous ces personnages très attachants est un réel plaisir, et cela même si l'on est plus amateur de films musclés que de dramas (on peut saluer ici le travail d'adaptation de Yasushi Fukuda, qui n'a pas eu la partie facile). On peut juste regretter cette tendance à mettre parfois un peu trop les points sur les i, pour finalement s'attarder sur des explications parfois superflues (quand kiriko raconte son histoire par exemple) qui ont tendance à endormir un peu une audience qui devrait déjà avoir compris depuis longtemps, pour peu qu’elle ait été attentive. Pour ce qui est d'Ami, le personnage est toujours aussi fascinant, aussi mystérieux, et son pouvoir sur les masses très intelligemment mis en forme, sans tomber dans l'exagération. Une sobriété qui permet à l'aspect critique (politique, religieux et social) de cette trilogie de ne pas sombrer dans la caricature et donc d'éveiller notre attention.

20th Century Boys parle aussi de nos douleurs et nos plaisirs d'enfance qui forgent notre personnalité d'adulte. Rien n'est vraiment oublié, tout est assimilé (parfois difficilement) et psychologiquement recyclé. Cet élément important de la structure dramatique de la trilogie est encore plus visible dans Notre Drapeau (Redemption, en version anglaise), quand tous les morceaux du puzzle commencent à se remettre en place. Durant toute la série, on sent bien qu'Ami est plus un homme (ou une femme) déchiré par la peine et la misanthropie qu'un véritable mégalomane -  ses pulsions annihilatrices le prouvent -; on en a la preuve dans cette conclusion. Quand au responsable de la situation, ce n'est pas forcément celui que l'on croyait. Cet opus, qui triture sans concession le passé des Century Boys, est donc forcément le plus riche en moments émouvants, en retrouvailles et en reconsidérations et, souvent inspiré, Tsutsumi nous offre quelques passages très réussis dans le genre (une génialissime, car excellemment filmée, composition musicale sur un toit, à l'occasion de "retrouvailles" entre deux jeunes ados qui se découvrent vraiment).

Les amateurs de cinéma japonais seront surpris (surtout s'ils n'ont pas visionné le premier volet) par la façon dont Yukihiko Tsutsumi a abordé sa réalisation et surtout organisé sa direction d'acteur. Dans Notre Drapeau, hormis un personnage haut en couleur nous offrant une version nippone du black buddy américain (DJ Konchi), tous les personnages sont interprétés par des comédiens faisant dans la sobriété. Un jeu posé qui peut étonner le profane quand on lui dit que ce film est une adaptation de seinen construit avec des héros et un super-vilain mais qui reste logique si l’on a lu l’œuvre de Urasawa. L'humour n'est cependant pas absent et les personnages le distillent avec parcimonie. Léger et rare, il sait se montrer efficace et contribue à rendre les personnages encore plus sympathiques et attachants. Quand à la réalisation, Tsutsumi évite l'esbroufe, pose à sa caméra à un niveau humain car au final 20th Century Boys ne parle que d'émotions et de mélancolie.

Le dernier tiers est consacré au déclenchement de la prophétie. Jusque là très discret (mais réussis), les effets spéciaux prennent alors plus d'importance. Deux soucoupes volantes survolant un Tokyo uchronique (presque steampunk), où se mêlent constructions des années 70 et structures futuristes, et un gigantesque robot porteur d'une bombe à neutrons sont les principaux faits d'arme du studio d'effets visuels. Du travail bien fait, même si le rendu des explosions reste perfectible. A noter également, dans le registre du gore, cette apocalypse hémorragique d'une extraordinaire virulence qui vaut plus par la grande habileté de sa mise en forme (en montage alterné avec une autre séquence consacrée à un concert de rock) que par sa qualité technique.

Enfin, 20th Century Boys doit également sa réussite à la nature de son casting. Tsutsumi a en effet eu la chance d'avoir à sa disposition un parterre de comédiens très talentueux. Les plus en vue, comme dans les précédents volets, sont Etsushi Toyokawa (qui semblent sortit tout droit d'un chef d'œuvre de Kurosawa) et Toshiaki Karasawa, deux acteurs formidables qui interprètent respectivement Otcho et Kenji Endo. Chacune de leurs apparitions est un véritable régal. Mais ils ne sont pas les seuls à être remarquables. Teruyuki Kagawa (Yoshitsune), Hitomi Kuroki (Kiriko Endo), Takako Tokiwa (Yukiji), Shirô Sano (les jumeaux) et consorts, tous remplissent leur office avec un indéniable talent. Seule la jeune Airi Taira, qui a un petit peu de mal à s'imposer au milieu de ses envahissants ainés, apparait un peu en demi-teinte. Dommage, étant donné qu'elle interprété Kanna Endo, l'un des personnages les plus importants de la trilogie.

75

Superbe conclusion que ce chapitre final. Comme lors les deux précédents opus, Tsutsumi colle le plus possible à l’œuvre originale pour nous offrir une œuvre, certes lente, longue et peu riche en séquences d’action, mais qui met parfaitement en valeur la richesse de ce récit captivant, bourré d’inventivité, de références, d’humour et surtout d’émotion, car cet opus est avant toute chose un drama. A noter, toujours cet excellent niveau d’interprétation qui rend chaque personnage si particulier et si attachant. Une adaptation comme l’on aimerait en voir plus souvent.

Critique de publiée le 1er juillet 2010.

Que faut-il en retenir ?

  • Une belle conclusion
  • Une réalisation sobre et propice à l’émotion
  • Un excellent casting
  • Des effets spéciaux satisfaisants
  • Une atmosphère très accrocheuse

Que faut-il oublier ?

  • Très peu d’action
  • Tendance à la dissertation superflue

Acheter 20th Century Boys - Chapitre 3 - Notre Drapeau en un clic

Nous vous proposons de comparer les prix et les versions de 20th Century Boys - Chapitre 3 - Notre Drapeau sur Amazon, site de vente en ligne dans lequel vous pouvez avoir confiance.

Suis nous sur facebook !