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Critique du film : Samurai Princess, par Nicolas L.

Avis critique rédigé par Nicolas L. le mardi 22 juin 2010 à 23h32

Quelle œuvre d’art veux-tu devenir ?

Dans un Japon uchronique vivant sous le joug du shogunat, les mechas (des êtres humains reconstitués et ramenés à la vie, modifiés via des implants artificiels et des prothèses métalliques) sont considérés comme des abominations démoniaques devant être éradiquées de la surface de la terre. Des groupes de chasseurs battent alors les zones franches, « hors de la juridiction de Buddha », à la recherche de ces êtres contre-nature et de leurs créateurs, une poignée d’émules du docteur Frankenstein adeptes de techniques cyberpunk cheap.  Pourtant, tous les mechas ne sont pas tous des monstres ayant sombré dans la folie meurtrière. On peut le vérifier avec la belle Princesse samouraï dont l'esprit est la fusion des âmes de 11 vierges assassinées et le brave Gekko, un ex-chasseur de méchas et ancien musicien devenu "démon" pour venger sa soeur, manipulée par un créateur.

Le scénario de Samurai Princess met donc en avant un carré relationnel construit à partir de quatre groupes d'individus antagonistes et étroitement liés (par le sang ou l’amour); la Princesse Samouraï et Gekko, aidés par Ronjyu, une nonne bouddhiste; Sokingu et Kocho, un binôme de mechas psycho-killers  travaillant la chair de leurs victimes pour en faire des oeuvres d'art (ils sont aidés en début de métrage par trois rônins tarés accrocs au viol de jeunes vierges); Mangestu et Mikazuki, deux lolitas chasseuses de démons; le créateur Kyoraku et ses deux assistantes hystériques. Kengo Kaji (auteur du script de Tokyo Gore Police, quand même !) a donc bâti un rape and revenge à partir de trois trames distinctes se recoupant souvent (via des affrontements violents) mais en s'attardant cependant un peu plus sur la quête de la Princesse samouraï.

Film s'inscrivant dans la nouvelle vague du V-Cinema gore, le métrage de Kengo Kaji suit les préceptes du genre en jouant de la fusion entre deux éléments extrêmes que sont l'horreur graphique et la comédie absurde. Ainsi Samurai Princess nous propose notamment un couple de mechas complètement barrés qui prennent leur pied à découper leurs victimes pour en faire de sanglants et immondes mausolées sculpturaux. Un duo infernal, fait de chair, de prothèses osseuses et de métal tranchant, qui, poussé par la passion et le scalpel d’un chirurgien complètement givré, va finir par fusionner pour créer une grotesque mais dangereuse monstruosité. Bref, tout est prévu pour offrir au spectateur un spectacle fun, absurde et très mouvementé, un véritable cartoon gore pour fétichistes BDSM.

La recette est la même, l’équipe derrière le projet également, pourtant, au final, force est d'admettre que Samurai Princess est à des lieux de nous proposer un spectacle aussi réjouissant que les cultissimes The Machine Girl, Vampire Girl vs Frankenstein Girl ou Tokyo Gore Police. Yoshihiro Nishimura, à la tête des effets spéciaux, nous propose, c'est vrai, encore une galerie de monstres improbables, quelques prothèses bien salaces et une orgie d'effets gore et grand guignol mais il fait cependant nettement moins bien que dans ses derniers films, avec notamment un « end level boss» finalement plus ridicule que burlesque.

Autre problème, il est évident que Kaji a le plus grand mal à gérer les séquences de combat et manque totalement d'imagination dans son processus de réalisation. On est loin de cette virtuosité et ce sens de la cinématographie affichés par ces petits génies du système D que sont Naoyuki Tomomatsu Yoshihiro Nishimura ou Noboru Iguchi. Des qualités qui font que leurs travaux arrivent à masquer, voire même mettre à leur avantage, des moyens techniques très modestes. Ici, la pauvreté artistique fait que l'on se retrouve devant un spectacle souffrant terriblement d'un manque de rythme et de surprises. Mal filmés, l'héroïne et ses adversaires apparaissent même parfois empruntés lors de leurs affrontements. Tout cela manque de nerf et de puissance. De plus, souvent, ces affrontements gagnent en bavardage ce qu'ils perdent en force martiale, comme lors de ce final qui tire terriblement en longueur.

Hors, comme l'efficacité de ce type de métrage repose essentiellement sur l'équilibre entre ses aspects horrifiques et comiques, cette carence dans le premier entraîne la défaillance du second. D'autant plus que Samurai Princess n'est pas avare, loin s'en faut, en situations burlesques. Ainsi, si certaines gags et comportements sont amusants, voire très drôles (les chasseurs de mechas qui, accompagnés de petits "plop!", se déplacent dans l'image via un montage cut), on finit par trouver un peu irritant la répétition de grimaces tout comme les orgies de léchouilles (les deux mechas fous lèchent tout ce qu'il leur tombe sur la langue, des vrais labradors).

Pour ce qui est de la distribution, les amateurs d’AV Cinema ne vont pas manquer de reconnaître les stars de films pour adulte Aino Kishi et Mihiro Taniguchi (l’une des plus belles actrices X japonaises). La première prête sa silhouette adolescente à la Princesse Samourai (Kenjo Kagi en profite pour introduire dans le métrage une longue, mais très sage, séquence érotique). Très « intéressante »  plastiquement, elle manque tout de même un peu d’énergie, surtout dans lors des séquences musclées. La deuxième est géniale dans le rôle de Kocho, une chipie psychopathe qui, en compagnie de son amoureux, s’amuse à créer des « œuvres d’art » à partir de membres humains. Complètent ensuite ce casting de charme des model idols reconnus : Mao Shiina (Mikazuki),  Miki Hirase (Mangotsu) et Asuka Kataoka (Ronjyu). Pour le casting masculin, on remarque surtout le sympathique Dai Mizuno, très à son aise dans le rôle de Gekko.

La conclusion de à propos du Film : Samurai Princess

Nicolas L.
50

Par ses défaillances, Samurai Princess prouve qu'il n'est pas si facile que ça de construire un film dont l'efficacité repose principalement sur deux aspects antithétiques et extrêmes. Il suffit que l'un de ses deux éléments soit défaillant pour que tout l'édifice artistique tremble sur ses bases. Ici, il ne s’écroule pas, mais il s’en est fallu de peu. Intéressant, donc, mais pas indispensable. Si vous voulez découvrir ce type de cinéma, mieux vaut orienter votre choix vers Tokyo Gore Police.

Que faut-il en retenir ?

  • Une débauche d’effets gore rigolos
  • L’imagination créative de Nishimura
  • De jolies actrices
  • Quelques bons gags

Que faut-il oublier ?

  • Une réalisation hésitante
  • Un équilibre horreur/comédie mis à mal
  • Un scénario sans grande subtilité
  • Un boss de fin un peu "craignos"

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