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Critique du film : La Horde [2010], par Nicolas L.

Avis critique rédigé par Nicolas L. le mardi 1 juin 2010 à 18h22

La 6T des zombies


Figure incontournable du milieu geek et du cinéma de genre français, Yannick Dahan est autant connu pour la passion qu'il porte au cinéma de série B que pour son franc-parler (ceux qui connaissent ses émissions savent de quoi je parle). Représentatif d'une certaine génération bercée par la vision de VHS d'exploitation et la lecture des revues spécialisées (Mad Movies, Impact, Vendredi 13, Toxic, ...), le personnage a même fini par atteindre, sans que cela soit pleinement justifié, le statut d'éminence grise du film de genre (comme l'est, par exemple, Jean-Pierre Dionnet dans le registre du péplum et du sword & sandals). Aussi, lorsque ce dernier annonça en 2009 qu'il lançait la production d'un zombies movie, une grande partie de la fanbase francophone se surprit à rêver de la naissance d'un véritable monument bis frenchie. Beaucoup d'entre eux pensèrent (je dois avouer que je fis parti du lot des enthousiastes): Voilà enfin un véritable et honnête passionné de séries B, d'une grande exigence (si l'on se fie à ses émission où il fait montre d'un cruel et acide esprit critique), qui se voit offrir la possibilité de mettre en forme un vrai film de genre!  Youpi!
C'est oublier que Yannick Dahan n'est pas le premier représentant de cette génération à passer derrière la caméra. Et que le résultat ne fut pas toujours des plus brillants...

Le pitch de La Horde peut se présenter ainsi: Dans une cité de banlieue, l'expédition punitive organisée par quelques policiers tourne en un véritable fiasco. Désormais prisonniers des lascars, les flics (dont l'un est très grièvement blessé) s'apprêtent à passer un sale quart d'heure quand un évènement inattendu - une invasion de zombies! - leur sauve temporairement la mise. Force de l'ordre et racaille vont en effet devoir faire front commun pour avoir une petite chance de se tirer indemne (ou presque) de ce terrible merdier...

On ne peut pas dire que le scénario de La Horde, travail commun de Yannick Dahan, Stéphane Moïssakis, Arnaud Bordas et Benjamin Rocher - oui, vous en rêvez pas, ils se sont mis à quatre pour écrire ça - ne respecte pas les codes, et notamment l'aspect badass, du genre. Bien au contraire, les deux larrons les exploitent jusqu'à l'excès. Ça roule des mécaniques comme Vin Diesel, ça prend des poses à Snoop Dogg, ça jure comme EMINEM, etc. Malheureusement, l'on se rend rapidement compte qu'il ne suffit pas de remplacer les "fuck" par des "putain" pour transformer un poulet de banlieue parisienne en Snake Plisken. Pire, à force d'appuyer l'effet lascar et les clichés "In Da Hood", Yannick Dahan et son compère Benjamin Rocher finissent par embourber leur métrage dans un marécage de crétinisme, la direction d'acteurs hésitante et la présence de comédiens peu performants achevant de rendre les personnages débiles et/ou antipathiques (la gonzesse, qui surjoue encore plus que Michelle Rodriguez, est peut-être la plus détestable).

Ainsi plombées, les  vingt premières minutes du film, consacrées à la mise en forme de l'affrontement entre les deux partis (flics et voyous), sont carrément insupportables. On a l'impression de visionner un épisode de Navarro tourné par des gars du 9.3. Devant tant de non-jeu et de plans posés semblant sortir d'un mauvais clip de gangsta rap (les croupes de nanas en string en moins), l'on ne sait plus si l'on doit rire ou pleurer. A ceux qui affirment qu'Uwe Boll est le pire réalisateur de la planète, je leur conseille de jeter un œil à cette entame de La Horde. Il est fortement probable qu'ils changent d'avis.

Heureusement, la situation s'améliore un peu (en même temps, cela ne pouvait pas être pire) quand font irruption les zombies (Les zombies sont dans la place!). A ce moment - quand le polar cède la place au zombie-flick - la réalisation, assez nerveuse (quelques petits problèmes de montage mais rien de bien grave), les bons effets spéciaux et les explosions gore bien jouissives nous font un peu oublier les incohérences du script (elles ne manquent pas) et les défaillances dramatiques du casting... par intermittence, cependant. Car outre que ces séquences musclées soient trop vite expédiées, les réalisateurs n'ont pu s'empêcher de redonner régulièrement la parole aux protagonistes. Ils tentent même, les fous, de nous émouvoir en construisant avec ces personnages sans intérêt une intrigue à base de rancœurs et de regrets. Enfin, certaines séquences apparaissent comme de tristes caricatures grindhouse. Exemple: réfugiés sur le toit de l'immeuble, flics et les policiers, tous dotés de QI équivalents à ceux d'hamsters lobotomisés, brandissant leurs calibres, débattent en fanfaronnant (dans le pur style "la mienne est plus grosse que la tienne") sur l'attitude a adopter. C'est absolument horripilant et l'on ressent, à ce moment, une envie soudaine: que les zombies surgissent et les bouffent tous!..

C'est pour cette raison que, dans cette atmosphère viciée par les approximations, l'apparition, en milieu de métrage, du personnage de René (Yves Pignot) tient lieu de véritable bouffée d'oxygène. En effet, ayant pigé que le seul moyen d'arracher un peu le métrage à la bouse dans laquelle il se vautre était d'y introduire un maximum d'humour potache, le comédien en fait des tonnes dans le registre du Bidochon crados, réac et xénophobe qui prend son pied à massacrer du zombie à coups de haches et de rafales de mitrailleuse. Pendant un bon moment, ce personnage franchouillard est assurément très drôle (il tire même ses camarades de jeu vers le haut car la séquence qui se déroule dans son appartement est agréable à suivre dans son ensemble). Au final, bien que son comportement redondant (normal, le personnage a été construit avec deux lignes de script) ne finisse par lasser un peu, les passages où il figure sont assurément les plus réussis du film.

La conclusion de à propos du Film : La Horde [2010]

Nicolas L.
38

Mon constat, très sévère, je le conçois, revient-il à dire que La Horde est une œuvre stupide et inutile? Malgré tout, je ne le pense pas. En effet, même si l'on prend conscience que Yannick Dahan et Benjamin Rocher, piégés par leur enthousiasme, se sont retrouvés face à un challenge trop ambitieux pour leurs niveaux de compétences (d'autant que, dans le genre zombies movie, les comparatifs sont nombreux) et les moyens disponibles, leur film, fruit de l'engagement des gens passionnés et généreux, peut raisonnablement être appréhendé comme un coup d'essai. Après tout, force est d'admettre que la partie purement technique n'est pas si mauvaise que ça, notamment lors des affrontements avec les zombies, ce qui laisse entrevoir une possible marge de progression. A la condition de mieux appréhender l'aspect dramatique, catastrophique sur ce film.

Que faut-il en retenir ?

  • Un badass movie made in France
  • Quelques séquences bien jouissives
  • Les maquillages
  • Yves Pignot, très drôle

Que faut-il oublier ?

  • Une réalisation parfois hésitante
  • Le premier quart d'heure insupportable
  • Personnages antipathiques
  • Casting guère convaincant
  • Dialogues débiles

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