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Critique du Recueil de nouvelles : Juste avant le crépuscule
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Critique du Recueil de nouvelles : Juste avant le crépuscule

Avis critique rédigé par Nicolas L. le lundi 24 mai 2010 à 1738

Le retour de Stephen King au format court

Il s’essuya le visage, puis secoua ses mains. Des filaments d’une matière noire volèrent du bout de ses doigts. Ses yeux les piquaient, sa vision était brouillée. Son nez restait bouché. Il y mit ses petits doigts, sentant le sang couler du droit, et dégagea ses narines du mieux qu’il put. Il y parvint assez pour pouvoir à nouveau respirer par le nez, mais lorsqu’il le fit, la puanteur du collecteur parut plonger directement au fond de sa gorge et enfoncer ses griffes jusque dans son estomac. Il fut pris d’un haut le cœur, émettant une sorte de grognement grave. "Reprends-toi. Reprends-toi, ou tu auras fait tout ça pour rien".

Ce court passage est un extrait d’Un tout petit coin, dernier texte de Juste avant le Crépuscule, ouvrage clé dans la bibliographie de Stephen King puisqu’il marque le retour du « croquemitaine de l’Amérique » vers un genre qui a fait sa gloire : la nouvelle fantastique. Les circonstances qui ont amené l’auteur a se consacrer à nouveau à l’écriture de textes courts, décrites dans l’introduction, sont d’ailleurs assez amusantes. C’est en effet en acceptant d’être désigné responsable de la sélection de textes pour la création d’un receuil de nouvelles (Best American Short Stories) – ce qui l’entraina évidemment à lire bon nombre d'histoires – que Stephen King a eu à nouveau envie de se replonger dans un genre longtemps négligé, faute de temps. Ainsi, bien longtemps après nous avoir offert de véritables joyaux comme Danse Macabre ou Différentes saisons (entre autres), le romancier nous propose un nouveau recueil de nouvelles qui s’avère être, pour notre plus grand bonheur, d’un bon niveau.

La Mercedes garée dans la cour devait être une 450 SL, jugea-t-elle, son père ayant la même, sauf qu’elle commençait à être ancienne alors que celle-ci était flambant neuve. Elle était d’un rouge pomme d’api et la carrosserie brillait sous le ciel pourtant assombri. Le coffre était ouvert. Une luxuriante chevelure blonde en retombait. Tachée de sang… (Extrait de La fille pain d’épice).

La plupart des treize nouvelles présentes dans ce recueil ont été écrites ces trois dernières années. De longueurs variables (la plus courte, Fête de diplôme, fait 8 pages, alors que les plus longues, N. et La fille pain d’épice, atteignent toutes deux 60 pages), ces textes abordent des thèmes assez variés, souvent déjà abordés par le passé. De plus, même si l’on ne peut accuser l’auteur d’user de redondances, l’ensemble n’est toutefois pas exempt de récurrences dans le développement des intrigues, matérialisations des actuelles préoccupations de l’écrivain aujourd’hui sexagénaire. Ainsi, on y retrouve assez souvent des réflexions sur la vieillesse et la maladie (et la souffrance !), sur l’usure des couples (avec des femmes mures fortement portées sur le sexe ; un clin d’œil coquin à Tabby ?) et sur la vie après la mort. Cependant, il est bon de noter que ces nouvelles, contrairement à ses deux derniers romans, Histoire de Lisey et Duma Key (Blaze n’entrant pas dans la même catégorie, puisqu’il s’agit d’un thriller écrit sous son habituel pseudo de Richard Bachman), ne sont pas des « métaphores autobiographiques », ni des introspections post-traumatiques.

Il y avait une mélopée. Une mélopée qui montait du plus profond de l’anneau de pierres, au plus profond des ténèbres. Mais j’ai transformé sept en huit, une fois de plus, même si cela m’a pris un long lon long lon temps. Bocou regardé par le viseure, aussi décrire des cercles en contant les pas, agrandissant le cercle jusqu’à soixante-quatre, c’est finalement cela qui a opéré, grâce à Dieu. « La gyration grandissante, ouip ! » Puis j’ai levé les yeux. J’ai regardé autour de moi. Et j’ai vu son nom tissé dans tous les buissons de sumac et dans tous les arbres de ce champ diabolique : Cthun, Chtun, Chtun, Chtun… (Extrait de N.)

Si tous les textes présentés dans Juste avant le crépuscule sont de bonne facture, il n’en est pas moins évident que certains sont plus accrocheurs que d’autres, suivant les sensibilités des lecteurs. N., par exemple, que Stephen King présente comme une sorte d’hommage au Grand Dieu Pan mais que l’on peut sans hésitation cataloguer aussi comme un texte lovecraftien, est une nouvelle (structurée à la manière d’une lecture de courriers posthumes) envoutante par l’atmosphère étrange qu’elle dégage. Peut-être l’une des meilleures écrites par Stephen King, elle ne va pas manquer de séduire les plus vieux lecteurs de l’auteur (les fans de Simetierre plus particulièrement). D’autres, ceux qui ont été envoutés par Duma Key, préféreront peut-être l’émouvant Ayana. Le nouvelliste varie ainsi les ambiances et les fragrances dans cet ouvrage, avec des romances fantastiques (Willa, Le New York Times à un prix spécial, Ayana) – peut-être les moins réussies -, le thriller horrifique (La fille pain d’épice, Muet, Aire de repos), l’horreur mêlée d’humour noire (le géniallissime Un très petit coin, hommage craspec à l’enterrement prématuré d’Edgar Allan Poe), l’horreur gothique modernisée (Le chat d’enfer, autre hommage à Poe, avec son tueur à gages confronté à un chat maléfique) et l’étrange conte fantastique (Vélo d’appart). A noter que Le chat d’enfer est une vieille nouvelle rééditée, ayant même eu l’honneur d’une adaptation cinématographique (Darkside, les contes de la nuit noire).

Halston ferma les yeux et ouvrit la bouche. Il mordit le ventre de l’animal mais n’attrappa que la fourrure. Le chat lui avait planté les griffes de ses pattes avant dans les oreilles et fouissait. La douleur était terrible, d’un éclat atroce. Halston essaya de lever les mains. Elles tressaillirent mais ne réussirent pas à quitter ses genoux… (Extrait de Un chat d’enfer).

Ce qui apparaît comme intéressant à la lecture des nouvelles de ce recueil est que Stephen King porte un regard assez sévère (avec un ton souvent sarcastique) sur sa génération tout en accordant crédit à la nouvelle. Un homme toujours ancré dans l’actualité, absolument pas passéiste mais lucide, qui parvient à marier ses anciens acquits avec les informations nouvelles. Dernièrement, certains lui ont reproché de trop se consacrer à sa petite personne, l’accusant presque d’égocentrisme. A ce lectorat critique, il répond par la plume. Dans Juste avant le crépuscule, il démontre qu’il ne s’est pas isolé dans son petit confort et qu’il conserve une bonne dose de sociabilité et intacte sa grande capacité d’adaptation à l’air du temps. Dans Laissés-pour-compte, par exemple, il récupère la bonne vieille méthode de l’objet « mémoire » pour construire une très personnelle étude sur le traumatisme causé sur la population américaine par la tragédie du 11 septembre.

Enfin, pour conclure, il est nécessaire de signaler, hélas, que le texte traduit n’est pas exempt de coquilles et d’erreurs. Certaines viennent de l’édition française (rare chez Albin Michel), d’autres de la version originale (Stephen King en parle même sur son site internet). Vraiment dommage.

La conclusion de

Cela faisait un bail que Stephen King ne s’était plus consacré au difficile exercice qu’est l’écriture de nouvelles. Avec Juste avant le crépuscule, le célèbre romancier frappe un grand coup et prouve, une fois encore, qu’il excelle dans le genre. Treize textes captivants, émouvants, drôles ou horrifiques (parfois les trois à la fois) qui composent une œuvre majeure, figurant en bonne place dans la bibliographie de l’auteur, à coté de Danse Macabre et de Brume, sans toutefois les égaler en qualité.

Que faut-il en retenir ?

  • Treize nouvelles de bonne facture
  • Pour tous les gouts
  • Le retour de Stephen King à la nouvelle
  • N. et La fille pain d’épice, textes excellents
  • Un tout petit coin, pour les fans de craspec et d’humour noir

Que faut-il oublier ?

  • Quelques coquilles
  • Trop de variations dans les styles pour faire l’unanimité
  • Quelques textes moins percutants (Aire de repos, Fête de diplôme)

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