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Critique du Film : Ondine
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Critique du Film : Ondine

Avis critique rédigé par Vincent L. le dimanche 25 avril 2010 à 2237

Une belle histoire d'amour...

Vingt-huit ans après son premier film, Neil Jordan se pose aujourd'hui comme un cinéaste aimant cultiver l'hétérogéneité de sa filmographie. Ainsi, après le braqueur de L'homme de la riviéra, le travesti de Breakfast on Pluto et la vigilante de A vif, le voici qui met en scène un pêcheur tombant éperdument amoureux d'une sirène ; l'occasion pour ce très estimé réalisateur de revenir au genre fantastique, onze ans après Prémonitions et seize ans après le cultissime Entretien avec un Vampire, ainsi que de poser une nouvelle fois sa caméra sur les rivages de son Irlande natale en compagnie de son compatriote Colin Farrell. Loin des canons habituels des love stories hollywoodiennes, Neil Jordan livre avec Ondine un film intimiste au carrefour de plusieurs styles cinématographiques, un melting pot savamment dosé mélant drame, comédie, grands sentiments et peinture sociale, le tout sur fond de mythes et légendes celtiques.

D'ordinaire, dans ce genre de film, ces différents genres sont, au mieux, cloisonnés, étanches les uns aux autres ; on appelle ordinairement ça comédie-romantique, et dans les films ainsi étiquetés, rien ne se mélange jamais : on va d'abord y rire, puis être ému, avant, enfin, de voir le long-métrage se terminer à grand renforts de violons. Ondine évite soigneusement cet écueil en mélangeant tout ou plusieurs de ces ingrédients au sein des mêmes scènes, sans jamais baliser le parcours du spectateur pour l'amener à l'émotion facile. Certes, on pourra toujours repprocher à Jordan de mettre en scène un personnage possédant tellement de passifs qu'il s'en trouve à la limite de la caricature - solitaire, ancien alcoolique, père d'une petite fille malade, ex-mari d'une mère indigne remariée à un homme aux intentions tendancieuses - mais il est, de manière formelle, le catalyseur permettant à ces genres de se mélanger.

Ainsi, passées ces premières réticences vis à vis du personnage principal, force est de constater qu'Ondine fonctionne parfaitement. Derrière la caméra, Neil Jordan ne sombre pas dans le misérabilisme ou les grosses ficelles faciles pour emporter l'adhésion du spectateur. En lieu et place, il livre un récit relativement complexe construit autour de plusieurs axes, faisant se méler à l'intrigue principale - l'histoire d'amour entre Syracuse et Ondine - un nombre conséquent d'histoires parallèles, passant avec une certaine maestria du rire à l'émotion, tout cela en posant et entretenant une ambiance se trouvant aux portes du merveilleux. Alors même qu'Ondine fonctionne sur un rythme très lent, le charme opère très rapidement et l'on finit par se totalement se laisser porter par cette histoire insolite et éphémère que Jordan sait rendre mystérieuse, et dont il se garde bien de révéler trop tôt les tenants et aboutissants.

Si l'histoire fonctionne aussi bien à l'écran, elle le doit énormément à un casting dont les performances fonctionnent parfaitement à l'écran. Colin Farrell, pour commencer, effectue probablement sa meilleure performance depuis Tigerland. Loin de son cabotinage trop habituel, son interprétation tout en retenue offre à son personnage une tristesse latente tendant à le rendre réellement attachant ; en parfait contrepied, ses quelques scènes avec l'excellent Stephen Rea offrent au film ses plus beaux moments de comédies. Face à lui, Alicja Bachleda interprète une Ondine belle et mystérieuse, cultivant particulièrement bien l'ambivalence inhérente à son personnage ; entre elle et Colin Farrell, une véritable alchimie se produit à l'écran, renforçant de fait la puissance émotionnelle de leur histoire d'amour. Autour d'eux, Alison Barry, Tony Curran et Dervla Kirwan tiennent parfaitement leurs personnages de fille et de conjoints.

Le tout, enfin, est parfaitement enrobé par toute la beauté technique du film. A la base très cinégéniques, les rivages d'Irlande sont ainsi transcendés par la superbe photographie de Christopher Doyle, et l'histoire racontée est parfaitement mise en valeur par la bande-originale de Kjartan Sveinsson, très influencée par les musiques traditionnelles. Les paysages ruraux et urbain selectionnés pour donner son cadre au long-métrage sont certes très ancrés dans une vision clichée - donc quelque peu énervante - que l'on a de l'Irlande, mais ils renforcent paradoxalement le côté conte de fée "hors de toute réalité" nécessaire pour que l'histoire d'Ondine fonctionne. Cela marche ainsi d'autant mieux que le film semble totalement hors du temps, le scénario pouvant tout aussi bien se dérouler dans les années soixante-dix qu'à l'époque actuelle, sans qu'aucune véritable indication ne nous soit donnée.

Bref, Ondine fonctionne parfaitement pendant la majeure partie de sa durée, Neil Jordan esquivant, que ce soit dans son scénario ou dans sa mise en scène, toutes les figures imposées du genre. Mais à une vingtaine de minute de la fin, ce dernier effectue un virage à cent quatre-vingt degrés et fonce tête baissée dans tous les clichés possible et imaginable. Alors qu'Ondine était jusqu'ici parfaitement parti, il se met soudain à dérailler à presque tous les niveaux : le scénario enchaine les péripéties convenues, Colin Farrell se met à surjouer et le scénario perd en pertinence alors qu'il révèle la véritable nature d'Ondine. Brisant ce faisant toute la magie née du début du long-métrage, Jordan livre un épilogue nettement moins inspiré, plus convenu sur de nombreux points, et possédant un niveau qualitatif nettement en dessous de celui du reste du long-métrage.

La conclusion de

Utilisant une atmosphère fantastique - au sens litteraire du terme - et un traitement sobre qui préfère faire taire les violons et laisser au placard les émotions faciles, Ondine emporte assez rapidement l'adhésion des spectateurs, et ce en dépit d'un rythme somme toute assez lent. Dommage, cependant, qu'après avoir esquivé les clichés et évité les figures imposées pendant les trois-quart de son long-métrage, Neil Jordan saute à pied joint dedans pour offrir un final très en dessous de la qualité générale du film, brisant ce faisant toute la magie mise en place depuis le début. Reste malgré tout une belle histoire d'amour possédant suffisamment de charme pour séduire même les plus réticents à ce type de cinéma.

Que faut-il en retenir ?

  • Ambiance magique parfaitement rendue,
  • Mise en scène sobre et efficace,
  • Scénario classique, mais bien écrit,
  • Une belle réussite technique,
  • Très bon casting.

Que faut-il oublier ?

  • Un final qui tombe dans les figures imposées,
  • Des révélations qui pourront déplaire,
  • Un personnage principal très cliché.

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