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Critique du Film : Mulberry Street
Mulberry Street >

Critique du Film : Mulberry Street

Avis critique rédigé par Nicolas L. le mercredi 14 avril 2010 à 1845

Quand Ratboy croque la Grosse Pomme

Les rues de New-York. Filmé en plan séquence, un joggeur effectue un exercice physique que l’on devine quotidien, saluant sur son passage quelques aimables connaissances. Puis, le cadre se resserre, quitte les pas du sportif pour se glisser dans une bouche d'égout. Se glissant le long des canalisations sales et des rivières charriant excréments et détritus, la caméra finit par se recentrer sur une nichée de rats. La population invisible de la mégalopole américaine.
Cut.
Retour en surface.
Le joggeur courre toujours... On nous invite à le suivre...

Mulberry Street, dés ses premiers plans, annonce les intentions artistiques de son créateur. A travers une entame aux allures de drama new-yorkais, baignée par une chromatique chaude et moite, le réalisateur Jim Mickle va se pencher à nous raconter avant toute chose une histoire à dimension humaine. Pour ce faire, il a choisi les résidents d'une vieille bâtisse - vouée à une prochaine destruction - située dans le quartier populaire de Mulberry Street, et plus particulièrement le sympathique Clutch, un ancien boxeur qui se prépare à fêter le retour de sa fille, une militaire blessée en Irak.

C'est en suivant ses pas que nous allons faire connaissance avec les autres habitants, ses voisins et amis. Le concierge grincheux, son colocataire gay, les deux retraités habitants dans l'appartement du dessus, tous sont des personnages assez bien dessinés, des éléments narratifs représentatifs d'un scénario qui s'attarde sur les détails. On fait aussi la connaissance de Kay, une serveuse de bar qui a récemment aménagé dans l'immeuble en compagnie de son fils adolescent… et dont le charme ne laisse pas indifférent notre ami Clutch.

Puis va entrer en jeu l'élément horrifique et tout ce bel édifice artistique va progressivement s'écrouler.

Ce n'est pas tant le peu convaincant élément déclencheur - les morsures de rats - que le ridicule des mutations qui portent préjudice à la qualité de Mulberry Street, mais bien le choix de réalisation. En effet, durant les scènes d'action, voulant masquer le misérabilisme de son budget,Jim Mickle, caméra vidéo à l'épaule, use et abuse de ces horripilants effets shaky cam. Cela entraine un très désagréable manque de lisibilité - amplifié par l'usage de focales très courtes, une photographie très sombre et un montage accéléré -, et tout cela finit par devenir très agaçant. On dirait que le cinéaste a eu soudainement peur que ses hommes-rats puissent faire rire l'audience si on les discernait de trop (il n’a pas tort) et qu'il a finalement choisi de nous les montrer le moins possible.

Les séquences d'horreur, assez nombreuses dans la deuxième partie du métrage, sont donc des scènes mettant à l'épreuve la patience des spectateurs. Celle du bar, par exemple, où les consommateurs sont les victimes des mutants puis sont contaminés à leur tour, est excellemment amenée, avec une bonne atmosphère (la bande originale, de qualité, est pour beaucoup dans la réussite de l'ambiance) avant de sombrer dans une orgie de mouvements de caméra illisibles. Heureusement, au milieu des ces déchainements parkinsoniens et obscurs, quelques plans viennent souvent sauver le métrage du naufrage total (ici, Kay, réfugiée derrière le comptoir, alors que les hommes-rats festoient de chair humaine dans la salle, sous un écran géant diffusant des flashs d'actualité alarmistes). Ainsi, malgré cette évidence perfectibilité de l'ensemble, Mulberry Street prouve que Jim Mickle est un réalisateur ne manquant pas de talent.

L’homme est d'ailleurs plus doué pour mettre en valeur les scènes intimistes et dramatiques que les déchainements gore. En effet, même s'il s'inspire beaucoup de George A. Romero (ces hommes-rats ne sont d'ailleurs que de simples zombies dotés d'un museau et de dents de rongeurs) et qu'il nous propose une nouvelle fois un huis-clos ou un groupe humain est assiégé par des amis devenus monstrueux, il le fait avec un grand soin dramatique, en s'attardant sur la psychologie des personnages. Sa caméra, très proche des acteurs, cherche en permanence l'émotion, parfois maladroitement, mais toujours avec sincérité et simplicité. La séquence où Clutch et Kay, cernés par les monstres, s'enlacent pudiquement dans un réduit est l’un des passages les plus riches en tension émotionnelle alors qu’elle est très simplement filmée - juste quelques gros plans sur deux corps serrés l'un contre l'autre.

A coté de cela, si Mickle met en avant les personnages de Mulberry Street, il ne les épargne pas plus pour autant. Victimes de leur fragilité humaine, ils tombent tous les uns après les autres. Une bonne idée. Cela a pour conséquence d'augmenter la force dramatique du récit, bien sur, mais aussi de permettre aux comédiens de prendre le rôle à leur compte et d'offrir le meilleur d'eux-mêmes. Cela aurait pu être peine perdu s'ils n'avaient été que de simples belles gueules de studios hollywoodiens mais, heureusement pour l'intérêt du film, ils sont tous de bons acteurs de genre. Se démarquent toutefois du lot Nick Damici, qui interprète le rôle principal, et Kim Blair, qui incarne sa fille bidasse défigurée.

La conclusion de

Mulberry Street peut être considéré comme un drama réussi et un film de zombies raté. Les personnages sont bien dessinés, leurs liens bien entretenus et leur mise en place est bien amenée, mais le film souffre d’une réalisation insupportable lors des séquences d’actions et l’élément horrifique n’est même pas vraiment justifié par le scénario. Au final, le mariage de ces deux aspects aboutit à un film plus apte à intéresser les amateurs d’un cinéma intimiste que les fans de films d’horreur.

Que faut-il en retenir ?

  • La mise en place des personnages
  • Une recherche artistique évidente
  • L’atmosphère générale
  • Un casting convaincant

Que faut-il oublier ?

  • La réalisation des séquences horrifiques
  • Les hommes-rats, ridicules
  • Un évident manque de moyens.

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