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Critique du Film : Les emmurés
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Critique du Film : Les emmurés

Avis critique rédigé par Nicolas L. le vendredi 26 février 2010 à 0005

Dans le ventre de l'architecte

Sam Walczak, une jeune ingénieure en génie civil nouvellement diplômée, travaille pour l'entreprise familiale, spécialisée dans la démolition. Elle va se voir attribuer sa première mission: préparer la destruction d'un immeuble situé en plein désert. Une résidence luxueuse à la sinistre réputation, puisque, quelques années auparavant, une série de meurtres y s'étaient produits, avec pour principale victime l'architecte excentrique l'ayant dessiné...

Librement adapté d'un roman éponyme de Serge Brussolo, Les emmurés est un thriller américano-canadien doté d'un script construit en deux parties bien distinctes à partir d'une succession d'éléments thématiques empruntés à différents genres fantastiques. Le film débute ainsi à la manière d'un croisement entre un récit de maison hantée croisée (Amityville, La maison du diable) et d'histoire satanique (La Sentinelle des maudits) pour glisser progressivement, au fur et à mesure que le mystère se dévoile, vers le thriller horrifique (Psychose) et le survival gore (Saw).

Le film nous présente une jeune femme dynamique, heureuse dans son métier comme en amour, qui débarque dans une résidence imposante, à l'apparence lugubre, où vivent les ultimes habitants d'une ville industrielle aujourd'hui laissée à l'abandon. C'est Mary, la concierge, qui accueille cette jeune et jolie personne finalement assez indésirable car annonciatrice d’expulsion. Vivant au rez-de-chaussée avec son fils adolescent, cette femme au comportement étrange - elle est cependant excusable, elle a perdu son mari dans le massacre ayant eu lieu une dizaine d'année auparavant - s'acharne à maintenir l'immense structure dans un état impeccable. Les deux seuls autres résidents sont un ancien employé d'usine handicapé, faussement agressif, et une vieille dame farfelue, propriétaire d’une immense bibliothèque comptant quelques ouvrages ésotériques.

Comme de coutume, - et quitte à tomber dans le piège du cliché - le réalisateur Gilles Paquet-Brenner a travaillé au ciseau le comportement des résidents de l'immeuble, afin de les rendre les plus inquiétants possible, à grands renforts de brusques changements d'attitude et de dialogues à base de phrases sibyllines pleines de sous-entendus menaçants. On s'interroge ainsi sur la santé mentale des habitants, comme lorsque Mary entreprend de cirer le sol du hall d'entrée alors que le bâtiment va être détruit dans quelques jours. Un brin plus subtil, il établit également un inconfortable rapport érotique entre Jimmy, le jeune ado solitaire, et Sam. Si l'on l'ajoute à ces choix la vision d'intérieurs lugubres (la photographie est assez réussie), quelques manifestations paranormales (principalement des chuchotements venus de nulle part) et quelques cauchemars illustrant la "mémoire » de l'immeuble, il est indéniable qu'il se dégage du récit une atmosphère oppressante et assez mystérieuse.

Ainsi, même si cette première partie apparait rapidement comme assez classique (on pense bien entendu à L'emmuré vivant mais aussi à tous ces films où les murs d’une vieille demeure dissimule de sinistres secrets) et que le rythme manque quand même de volume, le fil du récit reste agréable à suite et assez intriguant. Bien mis en valeur, l'immeuble fantôme, avec ses couloirs froids et déserts et ses pièces vides (cf. Shining), peut être considéré comme un véritable personnage et il contribue grandement à entretenir notre curiosité. A noter également la performance de Deborah Kara Unger, qui, par le caractère marqué de ses traits et son talent de comédienne parvient - sans surjouer - à donner à son personnage de concierge veuve et mère protectrice une dimension mystérieuse et inquiétante.

Puis, à mi-métrage, après que le cinéaste ait levé le voile sur cette mystérieuse série de meurtres et désamorcé tous les éléments surnaturels de l'intrigue, le film va exploiter une storyline bien plus raide pour basculer dans le succédané de torture porn. En effet, Gilles Paquet-Brenner abandonne alors l'atmosphère gothique pour nous entrainer dans l'horreur graphique bourrine de Saw et autres Hostel. Le problème est qu'il effectue ce brusque changement de traitement sans le transposer sur sa mise en scène et son montage, qui imposent un rythme bien trop lent, ni sur les prises de vue, qui manquent vraiment d'agressivité. Par conséquent, les séquences horrifiques, malgré quelques beaux effets gores, n'arrivent pas à atteindre un niveau d'efficacité assez fort pour effrayer (ou dégouter) le spectateur habitué à ce genre de spectacles (et à voir bien pire!). Mais attention, il convient toutefois de ne pas jeter le bébé avec l'eau du bain car tout n'est pas mauvais dans cette deuxième partie. Ainsi, j'ai vraiment apprécié, par exemple, l'apparition d'un Pascal Greggory "destroy" dans la peau de cet architecte dément adepte de magie noire.

La conclusion de

Film pouvant être découpé en deux parties de par les atmosphères restituées, Les emmurés est une série B assez intéressante. Si la première moitié de cette adaptation d’un roman de Brussolo est plus riche que celle qui lui fait suite, car moins rustre, il est cependant bon de signaler que le récit ne sombre à aucun moment dans le ridicule ou le trop ennuyeux. A retenir aussi les performances très convaincantes de Debora Kara Unger et Pascal Greggory. Une modeste série B à consommer sans honte.

Que faut-il en retenir ?

  • Un récit plutôt intéressant à suivre
  • L’atmosphère de la première moitié
  • Les performances de Deborah Kara Unger et Pascal Greggory
  • Quelques effets gore sympas

Que faut-il oublier ?

  • Une deuxième partie manquant de nerf
  • Une réalisation sans grande personnalité

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