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Critique du Film : Mr. Nobody

Avis critique rédigé par Gil P. le mardi 26 janvier 2010 à 16:22

Nemo le zéro

Mr Nobody a 120 ans, il est le dernier mortel dans un monde où l'on ne meurt plus, les humains ont appris à renouveler leurs cellules et il restera le dernier mort de vieillesse de l'humanité.  
Mr Nobody a 30 ans, il est amoureux d'Elise en Angleterre, il a du mal à gérer sa femme atteinte de schizophrénie. Il lui a promis lorsqu'il était adolescent de ne jamais l'abandonner et d'enterrer ses cendres sur Mars si un jour elle venait à mourrir.  
Nemo Nobody a 15 ans, il est fou amoureux d'Anna, la fille de son beau-père, leur amour est pour toujours dans ce Canada qui est son nouveau foyer depuis que sa mère est partie d'Angleterre.  
Mr Nobody a 30 ans, il est marié à Jean, il ne l'aime pas mais il devait absolument trouver un moyen de fuir son père envahissant.  
Nemo Nobody a 15 ans et il doit choisir entre son amour pour Elise, qui ne l'aime pas et Jean qui est dingue de lui, la vie en Angleterre, c'est si compliqué.  
Nemo a 9 ans, il doit choisir entre son père et sa mère qui se séparent... Et si tout cela était vrai ? Et bien d'autres choses encore !

Il est des poésies étranges et pénétrantes, de ces films qui marquent pendant et après la vision. Si Jaco van Dormael était connu du très grand public pour Le Huitième jour, un film à la fois intéressant et un peu trop démago, les cinéphiles l'encensent pour Toto le héros aux antipodes, très intimiste et enfantin. Mais au fond il écrit toujours sur un sujet qui lui tient à coeur, l'enfant et le rêve. Que ce soit l'enfant que peut être un adulte ou qu'il s'agisse de voir le monde au travers des yeux d'un enfant, il est obsédé par le sujet. Mr. Nobody poursuit la réflexion, de manière nettement plus poussée dans un format de petites histoires qui se suivent et s'empilent sans que l'on comprenne vraiment si le personnage est toujours le même ou souvent un autre...

Servi par un format qui profite du temps perçu par le spectateur, le réalisateur s'échine à traiter de front un nombre impressionnant de sujets et concepts autour de son sujet principal : peut-on refuser de choisir et vivre pleinement toutes les vies que l'on aurait pu avoir y compris les options qui mènent à la mort ? Il le fait sur un mode en double lecture, une sur le fond des choses où il propose une écriture poétique et idéale d'un homme autrefois confronté à un choix structurant (vivre avec son père ou sa mère sur deux continents différents) et une extrêmement référentielle où il parle aux geeks cinéphiles comme lui qui peuvent apprécier de voir dans certaines scènes des choix esthétiques très proches de réalisateurs connus qui ont traités tout ou partie des sujets qu'il propose dans ce film. C'est ainsi que tant dans le choix des acteurs que de l'agencement des scènes, il évoque tour à tour Requiem for a Dream ou Seven, Fight club et L'Etrange histoire de Benjamin Button tous trois de David Fincher, The Fountain, la science-fiction de Philip Kindred Dick et certains aspects de ses romans naturalistes. Les deux caméos avec Pascal Duquenne (Le Huitième Jour et Toto le Héros) et Jaco van Dormael lui-même ajoutent au côté "regardez les geeks" et font devenir paranoïaques pour essayer de repérer toutes les références, l'esprit divague jusqu'à ce qu'on soit nous-mêmes un peu perdu : cela m'a évoqué la vie et l'oeuvre de John Kennedy Toole mais c'est sûrement simplement parce que cet auteur développe des personnages assez proches et à une vie qui conviendrait à la question que pose le réalisateur plus qu'une citation consciente de Van Dormael... Il arrive à faire dériver l'esprit jusqu'à ce qu'on y pose nos propres références. Pour éviter de raconter totalement le film, il faut laisser la surprise sur l'ensemble des concepts et idées qui sont présentes à profusion dans un déroulé parfois brouillon mais obtenant de manière vraiment volontaire les différentes réactions de la salle.

J'ai toujours aimé les films qui posent des questions plus grandes qu'eux et qui permettent ce petit jeu de réflexion pendant et après, et ici c'est parfaitement exécuté à l'inverse d'un décevant (et ennuyant) The Fountain. L'ensemble est servi par des acteurs étonnants, les enfants étant très très bons dans les différents rôles principaux (Nemo à 9 ans, 15ans, et les trois filles à 15 ans) et les adultes arrivant à faire passer les messages même lorsque leurs rôles sont un peu courts. La caméra de Jaco Van Dormael est très proche, les gros plans voir très gros plans de visage étant légions dans le film, et implique le spectateur émotionnellement. S'il faut saluer la performance constante de Jared Leto à travers les années (adulte et vieil homme) et les situations, Diane Kruger et Sarah Polley sont toutes les deux très inspirées (avec un petit faible pour Sarah Polley qui peut concourir pour un prix de second rôle). Les éloges les plus fortes vont néanmoins aux enfants qui incarnent parfaitement l'histoire et notamment la petite Laura Brumagne (Anna à 9 ans) vue par les yeux de Thomas Byrne (Nemo à 9 ans) confondante de sensualité et la sexualité juvénile et passionnée de Toby Regbo (Nemo à 15 ans) et Juno Temple (Anna à 15 ans) qui fait parfois même oublier le déroulement du métrage.

Le film a quelques longueurs, certaines scènes sont parfois des petites pauses intellectuelles mais l'ensemble se tient vraiment bien. Il faut néanmoins y aller l'esprit ouvert et pas dans l'intention d'y voir un film d'action car le côté réflexif occulte souvent les scènes pétaradantes (il y a quand même un meurtre, deux suicides et deux accidents violents...). Pour faire passer les concepts vraiment philosophiques pour la plupart quelques scènes de détente sont présentes, souvent avec un humour très belge (pousser l'absurde au maximum). Mais le film en lui-même n'est il pas aussi une immense farce qui consiste à pousser à l'absurde une simple question : Peut-on refuser de faire des choix dans la vie ?

90

Mr Nobody est un film belge, indéniablement. Profond et léger à la fois, absurde et extrêmement logique. Ne se privant pas de verser dans la référence tout en développant une histoire follement originale. Brouillon et ordonné, lumineux et sombre... Une réussite pour un retour après 14 ans sans filmer pour Jaco Van Dormael.

Critique de publiée le 26 janvier 2010.

Que faut-il en retenir ?

  • Poésie Acteurs impeccable une réalisation très engageante pour le spectateur au travers des gros plans

Que faut-il oublier ?

  • Quelques longueurs

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