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Critique du Film : Mr. Nobody
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Critique du Film : Mr. Nobody

Avis critique rédigé par Vincent L. le lundi 18 janvier 2010 à 1622

Etrange et curieux...

Il aura fallu au cinéma de Jaco van Dormael quatorze années pour revenir dans les salles obscures. Après le succès public et critique de son Huitième Jour au milieu des années quatre-vingt dix, le cinéaste belge n'avait ainsi plus donné aucun signe de vie, passant furtivement par la case clip en 2007 pour refaire un tout petit peu parler de lui - à l'ocassion du Ladyboy d'Indochine - et repartant finalement comme il était venu, très discrètement. D'une manière relativement similaire, on n'aura pas entendu parler de son dernier long-métrage via une campagne promotionnelle assomante comme il s'en fait de plus en plus, mais simplement en le découvrant "à l'ancienne", à base d'une bande-annonce plaisante et de quelques clichés répendus sur le web. Pourtant, Mr Nobody est, au regard du cinéma européen, une production financièrement conséquente - plus de trente millions d'euros - dont la rentabilité, au vu du résultat final, s'avère loin d'être assurée.

En effet, si le précédent long-métrage de Van Dormael, Le huitième jour, était très grand public - à la limite du démago même - Mr nobody est une oeuvre volontairement plus intellectualisante sur la forme, donc, quelque part, beaucoup moins vendeuse aux yeux d'un public majoritairement pas habitué à ce genre d'exercice de style. Pourtant, bien que formellement très différent, le long-métrage trouve aisément sa place dans le filmographie de son réalisateur, véhiculant une morale similaire à ses autres films - laissons les rêveurs réver - mais sur des problématiques qui lui sont bien particulières, en l'occurence le choix et l'absence de choix. Le résultat final est étrange, déroutant presque, non pas parce qu'il s'avèrerait abscon, mais simplement parce qu'en dépit d'une somme importante de défauts formels, Mr Nobody reste malgré tout attachant et plaisant, offrant quelques appréciables grammes de poésie dans un média de brute.

C'est ainsi que Nemo Nobody ne fait pas de choix difficiles, il prend toutes les options possibles, dédoublant ce faisant sa vie en autant de possibilités, de branches et de sous-branches, essayant de trouver la combinaison idéale pouvant l'amener à un certain bonheur. Ce sont ainsi huit vies - neuf avec la branche futuriste du narrateur qui ne semble reliée à aucune autre - qui subdivisent Mr Nobody, chacune d'elles se mêlant et s'entre-pénétrant avec les autres dans la structure narrative du scénario. Assez clairement, le script de Van Dormael se complait dans une complexité gratuite qui donne à son film un faux-semblant d'intellectualisme ; pour une histoire somme toute particulièrement simple, il aurait surement été plus pertinent, tout en gardant cette structure mélangée, de quelque peu simplifier l'axe narratif afin de rendre le film plus accessible. Tel quel, Mr Nobody s'apparente donc à une oeuvre quelque peu élitiste, un comble pour ce qui n'est au final qu'une coquille un peu creuse.

Mais la force de Van Dormael est de faire passer le spectateur outre cette complexité. Passé vingt minutes, on n'essaye même plus de comprendre les tenants et aboutissants de ce qui nous est montré à l'écran tant ceux-ci semblent, dans un premier temps, inaccessibles. On se laisse donc bercer par la magie et la poésie des diverses séquences, dont l'ecclectisme donne au film une saveur étrange (en moins de dix minutes, on peut ainsi passer d'un drame social à un pur film de science-fiction, pour ensuite revenir à un trip métaphysique avec des anges). Film pluriel, Mr Nobody tire ainsi la majeure partie de sa richesse d'un script dont les diverses parties sont globalement bien écrites, Van Dormael cernant aussi bien les amours adolescentes, les problèmes de couples que les voyages sur d'autres planètes et les univers virtuels. Chaque histoire possède ses propres forces et, de fait, ses propres faiblesses qui ne nuisent pourtant pas au film dans sa globalité.

Il faut bien admettre que la thématique de départ, portant autour de la notion de choix, est particulièrement bien traitée. Partant d'un choix de départ impossible - un enfant de neuf ans doit choisir entre son père et sa mère - la vie de Mr Nobody s'articule autant autour de décisions murement réfléchies que de coups de tête complètements stupides, chacune donnant à sa vie un nouvel embranchement plus ou moins pertinent. Le point faible de l'exercice va finalement se trouver dans le fait que sur toutes les histoires racontées, une seule est réellement plaisante et "vendeuse" ; quand vient le moment du choix, les possibilités sont telles que l'on sait pertinement quelle option va choisir le héros, aucune autre histoire n'étant à la hauteur de l'histoire d'amour nemo/anna. Un comble pour un film sur le choix de se terminer sur une décision facile tant les diverses options n'ont absolument pas le même potentiel.

Sur ce scénario riche, Jaco van Dormael greffe une mise en scène sobre, ne sombrant jamais dans le pathos à l'occasion des quelques moments tristes - qui d'ailleurs, sont relativement plats et sans intérêts - et préférant miser sur les parties plus lumineuses de ses histoires, lesquelles vont preuve d'une intensité peu commune dans le cinéma, et ce à l'image des retrouvailles Nemo/Anna. Par l'utilisation d'une photographie colorée, d'effets numériques soignés et d'une petite musique minimaliste, Van Dormael fait habilement ressortir une certaine poésie des ces séquences. Dommage, cependant, que cette beauté insaisissable qui parcourt le long-métrage soit presque réduite à néant par une fin dont le didactisme frôle la caricature, voyant le personnage principal s'avancer face caméra, doigt pointé en avant, et déclamant presque mot pour mot "je vais vous expliquer ce qu'il fallait comprendre".

Devant la caméra, les prestations des divers comédiens sont très inégales, ceux-ci peinant sérieusement à rendre leurs personnages attachants, et ne voyant pas leur tache facilitée par la structure en forme de puzzle du scénario. Si la performance de Jared Leto est techniquement sans véritable faute formelle, celui-ci reste globalement fade dans la majorité de ses facettes de Mr Nobody ; à côté de lui, Diane Kruger et Sarah Polley ne possèdent que peu d'espace pour faire véritablement vivre leurs personnages respectifs (et ne parlons pas de Linh Dan Pham dont le rôle s'apparente à de la figuration). Il faut donc aller chercher les très convaincantes prestations des adolescents - qui, une fois n'est pas coutume, semblent vraiment avoir l'âge de leurs personnage - et notamment celles de Toby Regbo et Juno Temple - pour trouver les seules performances mémorables du film.

Enfin, il est à noter que la principale faiblesse de Van Dormael a été de vouloir traiter ce scénario hors-normes avec une mise en scène confinant à du véritable plagiat. Ainsi, en dépit de la richesse du script, on ressort de Mr Nobody avec cette désagréable impression d'avoir déjà vu le film ailleurs. Aucun plan de Mr Nobody n'est sans rappeler le travail d'autres réalisateurs : le Jean-Pierre Jeunet du Fabuleux destin d'Amélie Poulain, le Darren Aronofsky de Requiem for a dream et de The Fountain, le David Fincher de Panic Room, le Michel Gondry d'Eternal sunshine of the spotless mind, et même le travail de Eric Bress sur L'Effet Papillon. Le spectateur non cinéphile n'y verra probablement que du feu, mais pour peu que l'on ait vu tout ou partie de ces films - certains plans étant de simples copiés-collés - Mr Nobody sent sérieusement le moisi, détériorant toute l'originalité du script en l'amenant presque à devenir un film convenu et déjà-vu. Finalement, Mr Nobody s'apparente donc à un énorme paradoxe, à savoir un film véritablement original que l'on a pourtant l'impression d'avoir vu cent fois.

La conclusion de

Mr Nobody est au final un film attachant, de part ses nombreuses qualités, bien entendu, mais également en dépit de ses très agaçants défauts ; c'est pour cela qu'il est difficile de parler du long-métrage de Jaco van Dormael, tant ce dernier se vit plus qu'il ne se regarde, impliquant, pour pouvoir fonctionner de manière optimale, un nécessaire lien émotionnel entre ce qui est montré à l'image et les ressentis des spectateurs. En effet, regardons les choses en face, si l'on se met à étudier le film le plus objectivement possible, il apparaît assez clairement que le résultat final est malheureusement loin d'être convaincant.

Que faut-il en retenir ?

  • Beaucoup de poésie,
  • Un scénario riche,
  • Traitement des histoires sobre,
  • Techniquement très appliqué.

Que faut-il oublier ?

  • Une mise en scène qui confine au plagiat,
  • Jared Leto, plutôt fade,
  • Se complait parfois dans la complexité gratuite,
  • Fin trop didactique.

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