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Critique du film : Goemon [2010], par Richard B.

Avis critique rédigé par Richard B. le dimanche 13 septembre 2009 à 20h11

Bienvenue dans un monde virtuel

Goemon est un formidable Samouraï. Dès son plus jeune âge, il fut formé pour être un grand guerrier, apprenant, entre autres, l'art ninja,  aux côtés de Saizo, lui aussi surdoué dans l'art du combat. Mais avec le temps Goemon est surtout devenu un habile voleur, un électron libre s’opposant à la tyrannie du sanguinaire Toyotomi Hideyoshi. Lunatique, il aime autant jouer les Robin des bois en volant et redistribuant son butin aux plus démunis qu'être pris d'un fort égoïsme lorsqu'il serait question d'exploiter son art du combat pour défendre une cause et lutter contre la tyrannie. C’est alors que, suite à un vol au cours duquel il s'empare d'une petite boîte d'apparence anodine, il va se retrouver mêlé à des complots et autres défis qui pourraient changer beaucoup de choses au Japon.

Après Casshern, Kazuaki Kiriya réalise avec Goemon son deuxième film, en affichant toujours cette identité visuelle très prononcée. Goemon se veut être une fresque épique et, pour donner forme à cela, Kazuaki Kiriya s’est vu confier un budget largement à la hausse par rapport à Casshern. On passe en effet d'une somme estimée à 600 000 dollars à celle, plus conséquente, de 15 millions de dollars. Une somme plutôt impressionnante pour le Japon, mais loin d'arriver au niveau des financements américains.

Image Goemon

Alors que le sujet aurait très bien pu être traité en décors naturels ou sur des grands plateaux de tournage, comme on le voit traditionnellement dans ce type de films, Kazuaki Kiriya préfère introduire ses acteurs dans un environnement numérique afin de placer sa caméra ou bon lui semble. Le problème ici c'est que tout est traité de manière trop photo-réaliste, et que, dans ce cas-là, le budget n'est pas suffisant pour arriver à un niveau du détail aussi impressionnant que ce que l'on peut voir ailleurs – comme, par exemple, sur les extraits du futur Avatar de James Cameron. On se retrouve donc devant des images se voulant proches de ce que l'on connaît, mais à l’artificialité décelable dans 95% des cas, ce qui contrarie toute implication du spectateur dans l'intrigue. Il y a bien quelques moments « magiques », fonctionnant de manière surprenante, mais c'est justement lorsque Kazuaki Kiriya casse la réalité des choses pour nous amener vers des décors plus surréalistes, plus poétiques. Dans ces petits moments-là, on se dit qu'il y avait matière à faire quelque chose, que les personnages sont plutôt intéressants, et que le climat politique proposé avait tout pour offrir un grand spectacle. Si le réalisateur avait poussé plus intensivement son esthétisme comme sur 300 ou chaque plan fait penser à un tableau, peut-être aurait-il évité qu'on compare ses images avec des décors purement naturels. Un aspect d'autant plus évident dans la mesure où Kazuaki Kiriya n'hésite jamais à faire prendre à ses personnages des poses qui rappelleraient des mangas animés, tels des sauts de 800 mètres de hauteur avec des figures en plein air sous un arrière-plan lunaire, et autres figures de style humainement impossibles. Mais, là encore, si l'idée de la démesure des combats apporte un côté cartoon, côté chorégraphie, le réalisateur se montre loin de proposer quelque chose de « Danteste », et cette comparaison est d'autant plus inévitable du fait que le cinéma asiatique a toujours offert des combats renversants et souvent mis en image de manière admirable.

L'autre souci de Goemon réside dans ses multiples fins à répétition. Le genre de situations dans lesquels le spectateur croit assister au conflit final, et que, d'une manière surprenante, arrivé le moment ou doit sonner le gong final, le scénario (ici écrit par Kazuaki Kiriya et Tetsurô Takita) par une pirouette de dernière seconde, relance l'histoire alors que tout semblait parfaitement planifié pour qu'arrive le générique de fin.

Image Goemon 2

Heureusement, les acteurs se démènent plutôt bien, d'autant que le fait de travailler sur un film de ce type est loin d'être aisé. Grâce à eux et à leur prestation (largement honorable), il en ressort qu'on ne peu pas jeter en bloc le film et que, d'une certaine façon ils amènent un peu d'humanités et de vie à un film qui, sinon, ne ressemblerait qu’à une vulgaire démo de jeu vidéo.

La conclusion de à propos du Film : Goemon [2010]

Richard B.
40

L'erreur de Kazuaki Kiriya sur Goemon est certainement qu'il a voulu tout faire par lui-même, ne pouvant s'offrir aucun recul qui lui aurait permis de mieux faire mûrir son film. L'air de rien, ce dernier occupe les postes de réalisateur, scénariste, acteur, directeur de la photographie, producteur, monteur. Sur un projet de ce type, cela est énorme et si l’on peut parler d'oeuvre personnelle, reste que celle-ci est inaboutie et un brin trop présomptueuse.

Que faut-il en retenir ?

  • des acteurs sympathiques,
    quelques moments dégageant un peu de poésie,
    un scénario qui possède quelques idées intéressantes.

Que faut-il oublier ?

  • un aspect trop jeu vidéo,
    un manque de rythme,
    des effets spéciaux pas à la hauteur des ambitions.

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