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Critique du Roman : Le Costume du Mort
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Critique du Roman : Le Costume du Mort

Avis critique rédigé par Maximilien S. le mardi 3 février 2009 à 1935

Le Costume du Mort

Tout a commencé un après-midi, alors que je flânais rayon Horreur chez un petit libraire British pas trop mal achalandé (mais pourquoi ranger ensemble l'Horreur et l'Erotique ?). Petite pêche à l'aveuglette, j'avais envie de quelque-chose qui fasse peur, et aussi d'original. Je trouvai sur l'étagère moult histoires de vampires, de lycanthropes, de sorcières, bref, rien de très extravagant.

C'est alors (ben oui, sinon il n'y aurait pas de critique et vous seriez en train de faire quelque-chose de constructif) que, sous mon regard ébaudi (tatataaa), je tombai sur un curieux titre, jugez plutôt : Heart-Shaped Box.

Littéralement, une boîte en forme de coeur. Le genre de boîtes à chocolats. Je me suis dit 'me.. bigre, un titre plutôt audacieux pour une littérature de genre. Heart-Shaped Box. Heart, comme ça, adjectivé, ça vous en met un coup. Intrigué, je jetai un oeil enthousiaste mais circonspect (la devise de Talon est aussi la mienne) à la 4eme de couverture. L'histoire d'une rock star sur le déclin, amateur d'objets insolites et macabres, qui fait l'acquisition d'un fantôme par internet. Je n'ai pas lu l'avantage, j'ai acheté avec l'enthousiasme du chien de Pavlov avant de regagner mes pénates au pas de gymnastique.

Joe Hill (le fils de Stephen King !) nous raconte donc l'histoire d'un type un peu pathibulaire, quinquagénaire collectionnant les objets insolites comme les minettes à peine majeures. Judas Coyne, c'est son nom de scène, est un type un tantinet misogyne, dépressif, irascible et torturé. Un personnage somme toute sympathique !  L'histoire bascule lorsqu'il fait l'achat d'un fantôme sur Internet. J'ai trouvé l'idée fort sympathique. On voit de tout sur des sites d'enchère, des comptes WOW, des voitures, des autographes, alors pourquoi pas un fantôme ? A ce stade du récit, je me suis dit '"Ouuuuuais, ça peut être sympa ça, à tous les coups le fantôme va le hanter et le rendre dingue, et comme c'est jusqu'ici pas trop mal écrit (trash, teinté d'humour noir), ça peut donner quelque-chose de sympa."

Eh bien je me suis pris une claque. Ca n'a rien à voir avec la traditionnelle histoire de fantôme. Je ne veux pas spoiler, je me contenterai juste de dire qu'on ne lui a pas vendu ce fantôme par hasard... car notre ami est loin d'avoir la conscience tranquille, il est même... hanté par pas mal de souvenirs.. petite amie suicidée, compagnons de scène disparus, père aux portes de la mort qu'il se refuse à voir. Judas Coyne et sa minette du moment décident dès que O, surprise et horreurs, le fantôme existe vraiment et qu'il n'est pas content, à prendre la fuite. Il s'agit d'une course poursuite entre les morts et les vivants, idée sympathique.

L'intrigue, si elle reste simple dans ses lignes directrices, offre tout un panel de motifs et sujets de réflexion propres à la littérature gothique, et ça fait plaisir de voir qu'un auteur connait un peu son sujet. Si tous les poncifs y passent (table oui-ja, malédictions, possessions...), l'auteur s'échine à les introduire sous une nouvelle forme. Et dieu que ça fait plaisir. La première scène  fantastique est un modèle du genre. Presque écrite à la Garcia Marquez. Entre thriller et livre d'horreur, entre road movie et histoire de fantôme, Hill parvient à se hisser un cran au-dessus de la production horrifique, grâce à un traitement original du sujet (à défaut d'une intrigue originale, mais que voulez-vous, les fantômes, c'est souvent mesquin comme bestiole).

A défaut de faire très peur (mais je n'ai eu peur en lisant de l'horreur qu'une fois dans ma petite vie, un Lovecraft lu à la lueur des bougies, c'est vous dire) le roman vous fait passer un bon moment, on finit par s'attacher à ce balourd de Judas Coyne et à ses fantômes, métaphoriques ou ma.. euh, immatériels. De la demeure cossue de la star à un boui-boui d'autoroute en passant par un motel bien glauque, on s'amuse des malheurs de Judas, poursuivi par cet implacable et mystérieux fantôme, que rien n'effraie, ni les kilomètres ni la lumière du jour. Qui des vivants ou des morts l'emportera, ce sera à vous de le découvrir.

A noter que j'ai lu le roman en anglais, et je ne peux donc pas gager de la traduction. En anglais, c'était bien écrit, bien mis en scène surtout, et c'est le principal pour la littérature de genre. A en juger par le titre (le fantôme arrive par le dernier costume porté par le défunt), la traduction doit être intelligente, précise, mais peu littéraire à proprement parler.

La conclusion de

En conclusion, je vous recommande vivement Heart-Shaped Box, et pas seulement aux amateurs du genre. Les lecteurs de Jim Thompson et autres maîtres du roman noir devraient aussi y trouver leur compte.

Que faut-il en retenir ?

  • Un concept assez original. Une bonne mise en scène narrative. Un personnage bien croqué.

  • Que faut-il oublier ?

      Quelques lenteurs ça-et-là.

       

    •  

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