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Critique du film : Wolfhound, l'ultime guerrier [2009], par Nicolas L.

Avis critique rédigé par Nicolas L. le samedi 24 janvier 2009 à 14h24

Quand Conan carbure à la vodka...

Un jeune garçon, fils de forgeron, voit les membres de son clan massacrés par des pillards menés par un maléfique chef de guerre au masque terrifiant. Seul survivant, il est emmené en esclavage où il subit brimades et privations. Grâce à sa force de caractère, après des années de souffrance, il parvient à s’arracher à ce statut d’esclave. A partir de cet instant, l’homme n’a plus qu’un seul désir : retrouver et tuer celui qui est responsable de la mort de ses parents.
Tout cela ne vous dit rien ? Si, bien sûr – à moins que vous n’ayez hiberné dans un caisson de cryogénisation au cours de ce dernier demi-siècle. Ce court synopsis évoque bien entendu le début des aventures de Conan, porté sur grand écran par John Miliuset avec Arnold Schwarzenegger dans le rôle principal, Et bien sachez, mesdames et messieurs (oups… et mesdemoiselles aussi ; quel goujat je fais parfois) qu’il existe un autre film avec exactement la même introduction. Si, si. Ha, j’en vois un au fond qui me cite Conquest, le nanar de Lucio Fulci. Bien vu, monsieur le cinéphile, mais le film dont je vais vous parler flirte encore plus du coté des aventures du cimmérien que les nanars spaghetti que sont Conquest, La guerre du fer ou Thor le guerrier. Ce film ; il est russe et s’intitule Volkodav iz roda Serykh Psov (à vos souhaits !), autrement dit Wolfhound, l’ultime guerrier.


En fait, c’est cet aspect « déjà-vu » qui se trouve être le principal défaut de Wolfhound. Pour être honnête avec vous, quand David Q., le Grand Architecte de SFU, m’a proposé de critiquer la sortie DVD (chez Sony) de ce blockbuster russe, j’y ai vu une bonne occasion de me mater un bon nanar friqué. Je n’ai donc pas hésité. Hors, si le film pèche par une accroche thématique qui pourrait être qualifiée de plagiat, un scénario qui est une mine inépuisable de clichés et une absence totale d’inattendu, je dois avouer que j’ai passé, lors de son visionnage, deux heures de bon divertissement. Car Wolfhound présente tout un bon lot de satisfactions… A commencer par les décors et les costumes.
En effet, même si le coté théâtral de Wolfhound n’atteint pas la qualité de celui du le Seigneur des Anneaux, il est bien supérieur à tout ce que j’ai pu voir par ailleurs. Fortement appuyés par des retouches numériques, les paysages et les décors du film de Nikolai Lebedev sont vraiment superbes (hormis un final qui part un peu dans le brouillon) et facilitent grandement l’immersion du spectateur dans cet univers de dark fantasy. Quand aux costumes, ils sont inspirés des us et coutumes des clans Varègues et Rus, donc à forte influence scandinave. Ils sont nombreux et variés et, à aucun moment, ils n’apparaissent comme des accessoires en toc. L’impression de réalisme est donc bien présente.

La réalisation, elle, est un travail d’école et Nikolai Lebedev est un bon élève (il a notamment bien étudié John Ford, Cecil B. DeMille et… Peter Jackson). Il y a bien quelques petits soucis de montage et quelques raccords un peu limites lors des séquences de combat mais, dans l’ensemble, le réalisateur nous offre ici une œuvre bien travaillée, dotée d’un bon rythme, avec une photographie très contrastée que l’on pourrait désigner aujourd’hui sous le terme « style école russe » tant elle est souvent pratiquée par les chefs-ops de ce pays. Bien entendu, dans ce type de films, la réalisation ne peut être jugée indépendamment des effets spéciaux, omniprésents tout au long du métrage. Et, à part de très peu convaincantes giclées de sang numérique, les FX supervisés par Ilya Churinov (Night watch) sont vraiment de toute beauté et rendent les scènes d’action très impressionnantes (cf. le combat dans la citadelle incendiée). On peut regretter le final quelque peu extravagant, mais ce gout de la démesure est l’une des caractéristiques du cinéma russe, et cela depuis les années 20 (il suffit de se rappeler les gigantesques fresques d’Alexandre Nevski, du Cuirassé Potemkine ou de Guerre et Paix pour s’en convaincre) et comme le résultat technique est à la hauteur des attentes, de quoi allons-nous nous plaindre ? D’un excès de spectaculaire ? Personnellement, je préfère cette débauche d’enthousiasme au triste travail d’un Uwe Boll ou d’un Courtney Solomon.
Au niveau de l’atmosphère, si, comme je le disais plus haut, le film est victime de son scénario trop « classique », le réalisateur parvient quand même à y instaurer une aura de « je ne sais quoi » qui fait que son travail reste identifiable. Il y a bien sûr ce soupçon de folklore slave qui flotte sur le récit, mais tous les particularismes de Wolfhound ne résident pas dans son imagerie. Il y a aussi cette étrange variation de ton, qui est peut-être la conséquence des multiples influences qui ont servi à la construction de la culture cinématographique du réalisateur. Ainsi, par exemple, alors que depuis le début, le récit adopte un ton grave, il bascule d’un coup dans quelques démonstrations de combat « burlesque », dans le pur style Jackie Chan, lors d’une rencontre entre les héros et les membres d’un clan pas très amical. On en reste comme deux ronds de flan. Le plus incroyable, c’est que cet aparté se glisse naturellement dans l’aventure, fait sourire, sans toutefois envoyer la narration par le fond. Bref, c’est tellement sincère que ça passe sans souci.

Pour finir, un autre aspect positif : l’interprétation en général… et Aleksandr Bukharov en particulier. On sait depuis longtemps les comédiens russes doués pour le drame. L’interprète de Wolfhound nous confirme ce fait. Fortement charismatique, le comédien (issu du milieu théâtral et très connu en Russie) dégage une puissance guerrière qui pourrait faire pleurer de jalousie bon nombre d’acteurs ayant jusqu’alors versés dans l’heroic fantasy, et cela sans aucune apparence bodybuildée. Le personnage est de construction classique (mélange de Beowulf et de Conan) mais, grâce au jeu toute en énergie de Bukharov, il reste attachant et surtout ; crédible. Pourtant, c’est bien la première fois que je vois un héros "viking" pote avec une chauve-souris ! Les autres acteurs, et le casting féminin, sont nettement plus en retrait (le nombre de gros plans sur le visage de Bukharov est impressionnant) mais assurent parfaitement leur rôle et restent en permanence convaincants. Seule la jeune guerrière, projection slave de la Valeria de Robert E. Howard, ne m’a pas totalement séduit.

La conclusion de à propos du Film : Wolfhound, l'ultime guerrier [2009]

Nicolas L.
60

Wolfhound est, malgré un scénario très faible rempli de clichés, une très solide série B de luxe. Doté d’un bon rythme à l’atmosphère épique, de nombreux et convaincants effets spéciaux et appuyé par un comédien très charismatique dans le rôle principal, le film de Nikolai Lebedev est largement supérieur à bon nombre de productions américaines ayant pour thème l’héroic fantasy. Un bon divertissement.

Que faut-il en retenir ?

  • Bonnes réalisation
  • Superbes décors et costumes
  • Très épique, bien rythmé
  • Aleksandr Bekharov, très convaincant

Que faut-il oublier ?

  • Un scénario vraiment trop classique
  • Des clichés, des clichés, des clichés...

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