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Critique du Roman : La brèche

Avis critique rédigé par Nicolas L. le lundi 29 septembre 2008 à 11:00

En direct d'Omaha Beach

Gary se jeta sur le sable, suant littéralement l'eau salée. Le choc fut rude, et il faillit se couper la langue. Le sol était secoué d'explosions. Il sentait le coeur de la terre battre sous lui. Partout, des soldats trempés et gelés titubaient en cherchant à s'abriter derrière le premier obstacle venu. Les gars touchés s'effondraient. La chose n'avait rien à voir avec les films où les cascadeurs partaient en arrière au ralenti, leur chute soulignée par d'esthétiques arabesques de faux sang. Là, ils tombaient, comme des merdes...
Le 6 juin 1944 comme si vous y étiez!.. C'est l'idée qui vient à l'esprit de Benton Jennings, un jeune loup du grand network américain KWN. Une idée parfaitement réalisable depuis que l'on maîtrise les techniques de voyage dans le temps. Inviter le téléspectateur, bien calé dans son fauteuil, à vivre la plus grande opération militaire du 20ième siècle pourrait bien faire péter l'audimat, pense le jeune cadre. Mais encore faut-il, pour ce faire, trouver des volontaires acceptant de remonter cent vint années en arrière et de risquer leur peau en se mélant à l'une des plus grandes boucheries de l'histoire de l'humanité...
Ces têtes brûlées, l'auteur Christophe Lambert nous les offre avec les personnages de Mitch et Gary, deux individus aux profils psychologiques bien différents, réunissant à eux deux un large éventail de raisons qui pourraient pousser un homme à avoir une attitude suicidaire, jugée stupide par la majorité des gens. Deux « anti-héros » dans le sens strict du terme, même si Gary est un baroudeur et Mitch un spécialiste en histoire militaire. Et c'est cet aspect ordinaire qui va entraîner que ces deux braves types vont finir, au gré des pages, par devenir des êtres extrêmement attachants.
Dans ce court roman de 300 pages, Christophe Lambert dessine - sous l'apparence anodine d'un style résolument pulp et une écriture très accessible - un très vilain portrait des medias en perpétuelle recherche de sensationnel. Il jette à la fois un regard très sévère sur le manque d'éthique des responsables des productions de télé-réalité (autrement appelée télé-poubelle), et initie un débat sur les limites de la vulgarisation historique et les déviances que les amalgames hâtifs peuvent entraîner. A trop manipuler et à appauvrir l'Histoire (à trop regarder par le petit bout de la lorgnette, comme le dit un moment l'un des détracteurs de l'expérience), on finit par rater l'essentiel et mettre en péril notre futur par ignorance de notre passé. Dans La Brèche, ce thème très grave se voit mis en forme par l'utilisation des théories de paradoxes temporels, d'effets papillon et de futurs parallèles - un peu à la manière de A Sound of Thunder, la nouvelle de Ray Bradbury (1952), l'agence de voyage étant ici remplacée par une chaine de télévision, . Une métaphore très ludique qui, habilement utilisée, donne souvent lieu à des aventures uchroniques bien délirantes. Et, bien entendu, vous vous en doutez bien, c'est ce qui va se passer dans la deuxième moitié du livre - nettement moins sérieuse que la première.
Pour écrire ce roman, Christophe Lambert s'est bien documenté (il avoue en fin d'ouvrage qu'il a pris cependant quelques libertés romanesques nécessaires à la construction dramatique de son récit) et l'on sent bien que son véritable objectif était de tenter de fournir une version littéraire d'Il faut sauver le soldat Ryan. Le moins que l'on puise dire est que c'est tout à fait réussi tant l'écrivain est à l'aise dans ce type de narration guerrière (il m'avait d'ailleurs particulièrement surpris dans son génial Zoulou Kingdom). Cependant - contrairement à Zoulou Kingdom, qui parvient à garder le même niveau d'intensité tout au long du récit - je trouve que l'intervention des éléments « uchroniques » - qui se produit dans le dernier tiers du roman - manque un peu de fougue et de panache, un peu comme si l'auteur les considérait comme de simples artifices récréatifs et que son véritable interet se portait ailleurs. L'amateur de science-fiction "musclée" risque à ce moment de rester un peu sur sa faim, l'aspect "battlemech" étant un peu estompé et le point de vue coté allemand à peine esquissé.

72

Sincérement séduit par Zoulou Kingdom, ce n'est pas sans un certain plaisir que je me suis attaqué à la lecture de La Brèche. Je ne regrette pas ma décision, même si je trouve ce roman un brin inférieur à Zoulou Kingdom, notamment dans la tenue de la tension dramatique. En nous offrant une très ludique et fantaisiste relecture du 6 juin 1944, Christophe Lambert jette un regard sévère sur les medias à la morale et à l'éthique défaillante. Une histoire simple, mais pas simpliste, habitée par des personnages attachants, riche en actions guerrieres. A lire...

Critique de publiée le 29 septembre 2008.

Que faut-il en retenir ?

  • Une écriture très accessible
  • Un style à la fois pulp et sombre
  • Un récit bien rythmé
  • Un humour noir bienvenu

Que faut-il oublier ?

  • Un dernier tiers un peu moins séduisant
  • L'aspect uchronique un peu trop survolé

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