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Critique du Film : Babylon A.D.
Babylon A.D. >

Critique du Film : Babylon A.D.

Avis critique rédigé par Vincent L. le mardi 26 août 2008 à 2342

Un sous Les fils de l’homme…

Matthieu Kassovitz est définitivement un cinéaste bien inégal ; au carrefour d’un cinéma purement intello, d’un autre typiquement pop-corn et de toute une culture geek maladroitement digérée, ses films sont en général au croisement de toutes les références d’un réalisateur tentant des expériences bizarres, des mariages impossibles entre plusieurs genres souvent antinomiques. Les rivières pourpres ou Gothika relevaient déjà de ce cinéma, Babylon A.D. en est peut-être le point d’orgue, que cela soit au niveau du scénario qu’à celui de la mise en scène en passant par la direction d’acteurs.

Au départ, Babylon A.D. s’appuie sur le roman prétendument inadaptable de Maurice Dantec Babylon Babies (inadaptable, pas sur, dans le cadre d’un gros blockbuster et sur seulement cent minutes, très certainement). Co-scénariste de son film, Kassovitz n’a retiré de l’œuvre originale que les ingrédients typiques du film d’action ; grand bien lui en a pris, pourrait-on dire au vu du résultat final, tant le réalisateur paraît aussi à l’aise avec ce cinéma pop-corn qu’il peut être maladroit avec toutes les thématiques mystico-religieuses du roman de Dantec. Le plus ennuyeux, finalement, reste que les coupes faites dans cette partie de l’histoire soient assez malheureuses. Les “pouvoirs” du personnage d’Aurora s’avèrent ainsi être assez anecdotiques vis à vis de ce qui peut rester de l’histoire, les diverses factions en présence sont réduites à peau de chagrin et l’on parfois du mal à voir où veut en venir tout ce petit monde. Quitte à simplifier l’histoire, peut-être aurait-il fallu s’assumer jusqu’au bout…

D’autant que le meilleur du film se situe justement dans sa partie action/aventure. C’est ainsi dans ces deux premiers tiers, relatant le voyage du trio principal de l’Europe de l’Est à New York, que le travail de Kassovitz se trouve être le plus passionnant. Le réalisateur fait ici preuve d’un réel talent visuel. Nombre de plans émaillant Babylon A.D. sont tout simplement superbes, et certaines scènes – notamment celle du sous-marin – sont bluffantes d’inventivité, le tout étant mené à un rythme ne souffrant d’aucun temps mort. À côté de cela l’ambiance générale n’est pas sans fortement rappeler Les fils de l’homme ou Blade Runner, le montage épileptique rend confus la lisibilité de quelques scènes d’actions et certaines séquences sont malheureusement sacrifiée sur l’autel d’une coolitude de mauvais aloi. Oui, on est bien devant un film typique du cinéma de Matthieu Kassovitz.

Le dernier tiers du film achève de faire sombrer le film dans une certaine médiocrité. Alors que le point culminant de l’histoire a déjà eu lieu, le film tente de repartir de plus belle sur de nouvelles pistes, introduisant de nouveaux personnages, développant les enjeux d’une histoire finalement pas si intéressante que ça. Souffrant d’un manque de rythme assez consternant, cette dernière partie voit son metteur en scène s’embourber et définitivement perdre en route un spectateur déjà pas mal malmené. Inintéressante à souhait, elle démontre assez visiblement le manque d’intérêt que Matthieu Kassovitz a placé dans cette partie de l’histoire. À noter tout de même que le réalisateur ne sombre jamais dans un pathos du plus mauvais effet, chose suffisamment rare dans les productions de cet acabit pour être mentionné.

Devant la caméra, les acteurs font ce qu’ils peuvent avec ce qu’ils ont, c’est à dire pas grand chose. Les dialogues sont caricaturaux à souhait, les personnages sans aucune profondeurs et tous sont sacrifiés au profit de l’avancement de l’histoire. Si Vin Diesel est celui qui s’en tire le mieux avec son personnage, il en va différemment de la totalité des personnages secondaires, unanimement ratés, caricaturaux ou sans intérêt.

​À noter, tout de même, une VF particulièrement catastrophique, de la voix française de Vin Diesel, inadaptée, à l’auto doublage totalement raté de Gérard Depardieu ou de Charlotte Rampling ; doubleur, c’est un métier, mais ce n’est visiblement pas le leur.

La conclusion de

Babylon A.D. est un film de Matthieu Kassovitz, avec tout les avantages et les inconvénients que cela suppose. Visuellement particulièrement réussi, doté d’un rythme soutenu évitant tout ennui, il pèche cependant par un scénario sans intérêt, des personnages bâclés, des dialogues ridicules et des scènes clés sacrifiées sur l’autel du cool. Kassovitz est définitivement un très bon réalisateur, mais malheureusement un bien piètre scénariste…

Que faut-il en retenir ?

  • Visuellement très réussi,
  • Deux premiers tiers rythmés,
  • Jamais ennuyeux,
  • Donne envie de lire le roman.

Que faut-il oublier ?

  • Un dernier tiers totalement raté,
  • Scénario alibi,
  • Dialogues caricaturaux,
  • Personnages sans profondeur,
  • Adaptation peu judicieuse du matériau de base,
  • Montage brouillon,
  • Une VF absolument catastrophique.

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