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Critique du film : L'île de la terreur [1966], par Nicolas L.

Avis critique rédigé par Nicolas L. le mercredi 28 mai 2008 à 15h44

L'invasion des Aspirateurs Mutants

En 1966, avec l'Ile de la Terreur, le cinéaste britannique Terence Fisher propose à son public l'un de ses films les plus atypiques. En effet, si le célèbre artisan de la Hammer s'était auparavant attardé sur la science-fiction (après tout, le mythe de Frankenstein, c'est de la SF avant d'être de la terreur), c'est la première fois qu'il consacre son art à la réalisation d'un film de monstres. Pas des monstres humains, mutants et autres abominations génétiquement modifiées, non, de véritables créatures improbables et terriblement goulues, dans la plus pure tradition de la série B américaines.
En effet, dans ce film, une équipe de scientifiques est appelée sur une île où d'horribles meurtres ont été commis. Sur place, ils vont découvrir que des organismes inconnus (les silicates), issus d'expériences à but médical, agressent hommes et animaux dans le but d'absorber le calcium contenu dans leur squelette. Livrés à eux-mêmes, visiteurs et insulaires vont donc s'allier pour détruire ces monstruosités.
Comme vous le voyez, le script nous rappelle plus les oeuvres de Roger Corman que celles que nous avait offert jusque là le maître de l'horreur gothique. Pourtant, malgré le fait qu'il ne soit guère habitué à ce type de métrages, Terence Fisher s'en sort plutôt bien. Il a tout d'abord la bonne idée de ne pas changer de style de traitement. Ainsi, l'atmosphère de l'Ile de la terreur est identique à celles des oeuvres plus classiques produites par la Hammer (même si le studio n'est pas le producteur de ce film). On retrouve ainsi la patte "Terence Fisher", appuyée par la photographie de son nouveau complice, Reginal Wyer (qui remplace Jack Asher). Le résultat a l'écran est assez particulier car aboutissant à un spectacle de science-fiction mâtiné d'iconographie gothique. La séquence dans les laboratoires, par exemple, nous rappelle plus les explorations de Van Helsing dans le château de Dracula qu'une descente de scientifiques dans la pure tradition "monsters movies".


Ce particularisme graphique et sensoriel est également entretenu par la présence de comédiens reconnus comme indissociables du studio londonien. En 1966, Peter Cushing est la valeur sure de la Hammer Films et il est reconnu de par le monde comme le porte-flambeau du cinéma britannique . La place qu'il occupe dans le métrage est donc essentielle à l'identification. A l'aise dans tous les genres (il l'a prouvé dans la SF avec les volets des Docteur Who), il parvient parfaitement à s'adapter au personnage et offre aux spectateur un docteur Stanley dynamique, plus en phase avec ce sujet qui fricote d'assez près avec le pulp. A ses cotés, Edward Judd, quand à lui, est chargé d'apporter l'élément moderne dans le traitement, l'aspect aventureux, alors que l'indispensable rôle féminin est confié à Carole Gray, une actrice un peu fade mais qui correspond bien aux standards glamour de l'époque.
Le scénario de Edward Mann et Al Ramsen (he oui, il se mis à deux pour écrire ça) n'est guère original et ressemble à ces centaines de scripts qui encombrait dans les années 50 les bureaux de l'Universal ou de l'A.I.P. Le seul élément amusant est la manière dont les créatures s'attaquent aux être vivants. Elles absorbent carrément tout le calcium des os, transformant les victimes en horribles sacs de chair flasques. Le reste suit la trame habituelle à ce genres de production, qui se décompose en plusieurs étapes métronomiquement scriptées: découverte des victimes; découverte des créatures; recherche d'une solution; opération de nettoyage.
Les monstres, quand à eux, sont ridicules, et nous renvoient encore une fois aux années 50 - la couleur en prime. Sortes d'aspirateurs glissant sur le sol tels des escargots (ou des serpillières), ils délivrent quand on les éventre une bonne dose de nouilles chinoises en sauce. S'ils ont la faculté de se dupliquer - ce qui fait qu'il finissent par pulluler sur l'île -, ils sont aussi d'une lenteur si aberrante que l'on finit par se demander comment les victimes se débrouillent pour se faire choper. Cerise sur le gâteau, ils savent grimper aux arbres et, ainsi dissimulés, bondissent sur leur victime. Impressionnant, n'est-ce pas? Oui, sauf que l'effet horrifique est mis à mal par la vision de la victime devant tenir contre lui cette poupée inerte pour éviter qu'elle ne tombe au sol. J'ai beau plaider mon attachement à l'entretien d'un esprit kitch dans le cinéma de genre, là, j'ai quand même eu un peu de mal à éviter d'être lynché par mes voisins de canapé (à qui j'avais promis la vision d'un superbe spectacle de SF, je l'avoue).

La conclusion de à propos du Film : L'île de la terreur [1966]

Nicolas L.
60

L'Ile de la Terreur est une curiosité. En visionnant ce film, on a l'impression d'assister à une série B SF américaine des années 50 transposée dans l'univers gothique du cinéma britannique des années 60. En effet, de par le style de son réalisateur et l'utilisation de l'Eastmancolor, ce "monsters movies" possède une esthétique marquée qui aboutit à un spectacle inattendu et plutôt agréable, d 'autant plus qu'il nous présente des excellents comédiens - Peter Cushing en tête - dans des situations inhabituelles. A coté de cela - et il faut bien le signaler -, on regrettera un scénario guère surprenant et des effets spéciaux un peu trop cheap.

Que faut-il en retenir ?

  • Une réalisation élégante et consciencieuse
  • Peter Cushing
  • L'originalité des meurtres

Que faut-il oublier ?

  • Un scénario guère surprenant
  • Des effets spéciaux peu convaincants

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