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Critique du Film : La Terreur des Morts-Vivants
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Critique du Film : La Terreur des Morts-Vivants

Avis critique rédigé par Nicolas L. le samedi 17 mai 2008 à 0029

La chute de la maison Garrick

En un temps où il n'était pas bon de pactiser avec le Diable et/ou d'avoir une chevelure rousse et un ricanement agaçant, la famille Garrick conduit au bucher une véritable sorcière. Mal leur en prend! Celle-ci, du haut de son poteau de supplice, maudit ses bourreaux sur des générations, et cela jusqu'à ce que l'extension de leur lignée. Quelques siècles plus tard, le dernier des Garrick est cinéaste, et il vient d'achever un film portant sur ce qu'il considère comme une légende familiale. Hors, lors de la réception de fin de tournage, sa cousine Ann, plongée dans une transe hypnotique, tente de l'assassiner. Puis, sans raisons logiques, les morts violentes se succèdent dans l'entourage de cette famille...
Ne cherchez pas, des morts-vivants, dans ce film du britannique Norman J. Warren, vous n'en trouverez pas. Sous ce titre trompeur (en fait, le titre original est Terror) se trouve plutôt une histoire de possession démoniaque. Dans ce film à la thématique qui emprunte à la fois à l'Exorciste et aux films de fantômes gothiques, le spectateur est invité à assister à une succession de meurtres assez gores combinée à des démonstrations surnaturelles plus traditionnelles. Comme pour tous les films anglais de la période, on sent que l'influence Hammer Films est très présente - et cela malgré cette esthétique un peu kitch propre aux années 70 - mais Norman J. Warren y joint un aspect plus moderne, assez proche du cinéma d'horreur latin.
Je vous ai déjà parlé il y a peu de cet artisan britannique, à l'occasion de ma chronique d'Inseminoïd, un film plus tardif. Ici, cependant, fi de créatures extra-terrestres et d’horreur SF, on est sur le terrain du thriller surnaturel et on est heureux de constater que Norman J. Warren est nettement plus à l'aise avec ce genre qui est, il est vrai, culturellement ancré dans le cinéma anglais. L'on a donc droit à la vision d'un film d'atmosphère, emprunt d'occultisme et de mystère, qui se déploie à la manière d'une enquête policière et que l'on pourrait considérer comme classique si le réalisateur n'y avait pas intégré son amour pour le cinéma « avant-gardiste ». En effet, réalisation et scénario semblent avoir subis de nombreuses autres influences, notamment le giallo fantastique...


Car il y a un peu de Dario Argento dans cette œuvre. A commencer par cette représentation esthétique du sang. Très abondant dans les séquences de meurtres, il jaillit, imprimant des motifs écarlates sur les vêtements des victimes et les murs blancs. L'élément "tueur non identifié" est également omniprésent, et même si les plans voyeuristes ne sont pas légion, on ressent parfaitement à travers la réalisation le désir d'instaurer une sorte de malaise coupable dans l'esprit du spectateur. Puis, Norman J. Warren s'éloigne également du film gothique traditionnel à travers quelques séquences hot à tendance nettement plus "seventies". Quelques paires de seins en gros plan et même un strip-tease intégral viennent ainsi apporter un esprit canaille à un récit ayant débuté sous des allures très sages. Bref, beaucoup de clins d'œil, de références et une évidente tentative de fournir un spectacle non linéaire.
Et, finalement, c'est de là que vient le plus gros problème...
Car à force de mélanger les genres, Norman J. Warren finit par se prendre les pieds dans le tapis. La narration en devient alors chaotique, voire incohérente, et au lieu de calmer le jeu, le cinéaste en rajoute une couche lorsque vers le dernier tiers du métrage, il introduit des éléments spectaculaires de manifestations surnaturelles qui rendent secondaires les attitudes troublantes de la cousine Ann. Le final, exclusivement gothique avec son ambiance à la "Edgar Alan Poe", prend à contre-pied toute la construction du film qui mettait le personnage "possédé" dans une position de force et de responsabilité. Et l'on en vient même à se demander pourquoi l'entité surnaturelle, qui prouve là qu'elle peut agir directement (elle l'avait déjà laissé entrevoir dans deux autres séquences), l'a utilisé pour accomplir certains des meurtres et pas d’autres. Bref, on a un peu l'impression d'avoir été pris pour des crétins.
Et s'il n'y avait que cela...
Car, bien sûr, en cours de métrage, on réfléchit (ben vi, malgré ce que pense Norman J. Warren, le spectateur réfléchit, parfois). Et l'on se dit alors: "si la malédiction touche la famille Garrick, pourquoi diable tue-t-on des individus complètement étrangers à cette lignée?" Cette réflexion, si l'on se la pose, fout toute la mécanique du film en l'air. L'intrigue nous apparait alors comme stupide et l'on doit alors se contenter de suivre une succession de séquences pas vraiment en phases graphiquement et rythmiquement... et plus ou moins réussies dans leur mise en scène. Un peu comme si l'on assistait à un montage de séquences venant de films différents. Des séquences parfois intéressantes, parfois ennuyantes et parfois débiles, avec des personnages adoptant des comportements inexplicables (comme quand John Garrick regarde, impassible, la chute d'un projecteur écraser un pauvre quidam).
Finalement, que reste-t-il à sauver de ce film sans réelle tenue? Quelques séquences graphiquement intéressantes qui méritent vraiment le coup d'œil (le meurtre dans l'escalier, l'empalement de Ann...), de l'humour plutôt bienvenue (réalisateurs et acteurs obligés de tourner des films érotiques pour joindre les deux bouts), un début à l'ambiance gothique parfaitement bien rendue et des comédiens qui s'en sortent pas trop mal.
C'est beaucoup, et très peu à la fois…

La conclusion de

La Terreur des morts-vivants est une série B horrifique qui pèche par trop de dispersion dans son style de traitement. Avec ses enchainements de séquences sans aucun souci de cohérence et ces errances dans leur mise en scène, le film de Norman J. Warren aboutit au final à une sorte de bouillie référentielle plus ennuyante qu’autre chose. Restent quelques passages gores assez sympathiques, dotés d’une photographie parfois élégante.

Que faut-il en retenir ?

  • Un début gothique très agréable
  • Quelques sympathiques séquences à l’ambiance giallo
  • Interprétation correcte

Que faut-il oublier ?

  • Un manque de tenue dans la narration
  • Un fourre-tout stylistique indigeste
  • Un véritable nid d’incohérences et de scènes inutiles

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