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Critique du Film : Inseminoïd

Avis critique rédigé par Nicolas L. le jeudi 17 avril 2008 à 1454

Dans l’espace, personne ne vous entend accoucher

Dans les décors en polystyrène d'une lointaine planète minière nommée Xéno (ça commence fort !), un horrible drame se prépare. Des astronautes, équipés de combinaisons argentés (les mêmes que celles de Igor et Grichka Bogdanov dans la vieille émission Temps X) et de casques ridicules - dont on voit de suite l'absence d'étanchéité - surmontés de deux lampes de poche, explorent des galeries glaciales et sombres. Ils arrivent dans une salle où ils découvrent un étrange minerai en verroterie, mais avant qu'ils n'en apprennent plus, une explosion se produit, blessant cruellement les explorateurs. Plus tard, de retour à la station, les scientifiques s'interrogent sur cet incident et notamment le fait que l’un des blessés soit devenu fou à lier. Ils décident alors d'explorer plus avant les galeries quand l'une d'entres eux est enlevée et violée par une créature alien aux yeux de mouche junkie. Récupérée fortement traumatisée, Sandy est admise à l'infirmerie mais elle ne tarde pas à s'en remettre. Elle récupère très vite même ! On pourrait même dire qu’elle pète la forme ! Seul hic, son comportement a changé de tout au tout. Elle adopte en effet une attitude très agressive, une sauvagerie qui va l'amener même à pratiquer le meurtre, le cannibalisme et tout ce genre de choses que la morale réprouve...


Nous sommes quelques années après le phénomène Alien. Suite au succès du chef d'œuvre de Ridley Scott, de nombreuses séries B (voir Z) voient le jour en récupérant ses thèmes d’horreur-SF : l’isolement, la sale bête incube et l’équipe mixte de travailleurs de l’espace . Parmi elles, l'œuvre de ce galopin de Norman J. Warren apparait comme l'une des plus intéressantes. Non pas par son luxe de décors et d'effets spéciaux - bien au contraire! - mais par son scénario qui emprunte à la fois à celui de Dan O'Bannon mais aussi à la vague de films de possession. Car dans Inseminoïd, ce n'est pas l'alien qui compose le centre narratif du récit, c'est l'hôte. En effet, après avoir été inséminée - de manière totalement abracadabrante, il est vrai -, la jolie Sandy voit son utérus possédé par l'embryon de la créature mais son esprit se voit également investi par la volonté de l'alien, apparemment aussi évolué technologiquement que primaire dans son comportement social. Norman J. Warren réitère donc le thème de La Planète des Vampires le film de Mario Bava qui a lui-même inspiré Dan O’Bannon pour l’écriture du scénario d’Alien. Un retour aux sources, en quelque sorte.
Donc, dans ce film fauché, c'est une Sandy possédée qui tue. De manière très violente et gratuite d’ailleurs. Un véritable prédateur qui utilise tous les artifices, quitte à faire ressortir momentanément ses émotions humaines, pour attirer ses proies, qui furent ses anciens amis - et amants. Heureusement pour la tenue de l’histoire; l'actrice Julie Geeson s'en sort plutôt bien (contrairement à ses fades petits camarades) dans cette fonction de schizophrène galactique même si elle use parfois d’un peu trop de théâtralité et de surjeu. De toutes manières, on va vite se rendre compte que Norman J. Warren a eu grandement raison de mettre en avant l'hôte humain au détriment de la race extra-terrestre. En effet, on va s’apercevoir en pouffant que ces pantins "Roswelliens" en latex qui voient le jour dans le dernier quart d'heure du métrage sont plus ridicules qu'effrayant.

En ce qui concerne la valeur intrinsèque de ce film, la médiocrité des décors (des couloirs avec trois caisses comme accessoires, des sas factices absolument pas crédibles, des pièces quasiment vides de tout meuble et appareillage), la musique naze composée sur un Bontempi, le jeu un peu trop figé des comédiens et des affrontements à la chorégraphie d'une précision approximative (les coups de poings donnent le même effet au spectateur que s'il matait un vieux western des années 40), sont un peu compensés par la violence graphique du traitement (c'est même un peu gore) et le politiquement incorrect (les femmes en prennent plein les dents, et le reste aussi d'ailleurs... L'une se coupe une jambe à la scie, l'autre - enceinte - prend des coups de pied dans le bide, etc.) affiché par le cinéaste. L'atmosphère paranoïaque, sombre et glauque de ce huis-clos est également bien rendue. Bien entendu, pour ce faire, Norman J. Warren s'inspire fortement de Ridley Scott avec ces courses dans des galeries obscures et humides contrastant avec les murs blancs de la station, ses dialogues épurés, ses problèmes de transmission vidéo, etc. Mais bon, cela reste de la série B, ne l’oublions pas.
On peut cependant regretter que le réalisateur ne parvienne pas à donner à son métrage plus de rythme. C’est en effet souvent assez mou, notamment dans les séquences d’action. Les plans fixes sont trop longs, les acteurs posent de trop et simulent assez mal les coups portés (on se demande même parfois comment ils peuvent en arriver à saigner). De plus, on a quand même du mal à piger les objectifs de la créature. Ils ne peuvent être les mêmes que ceux de l’alien de Ridley Scott qui obéit à une loi de survie de type insecte ou arachnide. Là, l’alien est nettement plus proche de nous, doit passer par une matrice femelle pour la fécondation. Quel est donc son intérêt de massacrer tous les occupants de la station puisqu’elle ne peut y pondre dedans? Aucune idée… D’ailleurs, je dois être le seul à me poser la question.

La conclusion de

Inseminoïd est une petite série B des années 80 qui n’était déjà pas terrible à l’époque et à laquelle il faut ajouter maintenant les sévices de l’âge. Le résultat n’est donc peu enthousiasmant, pas vraiment ridicule, mais souvent parfois un peu monotone et prévisible. L’actrice principale s’en sort bien, contrairement aux autres comédiens qui sont aussi mous que le rythme du métrage. Quand aux décors et aux effets spéciaux, on entre là dans le domaine du cheap un peu ridicule. Par contre, l’atmosphère générale du film, sombre et glauque, est assez bonne. Une curiosité pour le cinéphile…

Que faut-il en retenir ?

  • Une atmosphère alien-like assez réussie
  • La bonne performance de Judy Geeson
  • De série B des années 80 qui intéressera le cinéphile
  • Une horreur graphique assez démonstrative

Que faut-il oublier ?

  • Un scénario prévisible
  • Un rythme mou du genou
  • Des comédiens un peu endormis
  • Effets spéciaux, musique et décors cheap

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